L’actualité du mois de juin a été marquée par le mouvement de grève des taxis, qui estiment que les voitures de transport avec chauffeur (VTC) génèrent une concurrence déloyale.

Pourtant, toutes les sociétés de VTC ne se ressemblent pas. Certaines sont bien implantées en France et elles développent un business model très différent pour se démarquer de la concurrence. C’est notamment le cas de Marcel (www.marcel.cab), la société de VTC créée par Bertrand Altmayer et Benoit Richard.  Le principe : plus vous réservez à l’avance, plus vous faites d’économies ! 

Bertrand Altamayer explique comment ils parviennent à être compétitifs en optimisant le taux d’occupation des chauffeurs.

VTC - Véhicule tourisme avec chauffeur

Pourriez-vous vous présenter, ainsi que votre entreprise, en quelques mots ?

Benoit et moi sommes deux amis d’enfance. Nous sommes tous les deux diplômés de grandes écoles de commerce. Après sa sortie d’école, Benoit a travaillé pendant plusieurs année dans l’industrie, dans le transport et l’énergie. De mon côté, j’ai travaillé pendant 5 ans en finance. Après un tour du monde, je me suis lancé dans une première expérience entrepreneuriale dans la restauration (www.pvpp.fr).

Cela faisait quelques années que Benoit et moi avions le sentiment qu’existait chez les franciliens un besoin de se déplacer autrement. Nous étions frappés par la difficulté de déplacements en Ile-de-France à certaines heures de la journée.

C’est pourquoi nous avons analysé le secteur et nous nous sommes rendus compte que le taux d’occupation des chauffeurs, c’est-à-dire le temps facturé par rapport au temps passé dans leur véhicule, était incroyablement bas. Nous avons voulu créer une solution permettant d’optimiser ce taux d’utilisation. Rapidement, nous nous sommes associés à un expert en yield management (NDLR : le yield management est la gestion des capacités disponibles), ancien de chez Air France, et avons développé Marcel, qui adapte ces théories au secteur des VTC.

Marcel est aujourd’hui une plateforme réservation de chauffeurs haut de gamme, disponible 24h/24 et 7j/7, en immédiat comme à l’avance, depuis un Android, un iPhone ou notre site internet www.marcel.cab. Notre particularité est que plus vous réservez à l’avance, moins le prix, fixé à l’avance, est élevé. Comptez à partir de 29€ pour Orly et 41€ pour Roissy si vous êtes prévoyants. De plus, nos offres aux entreprises, sans frais de gestion, sont très compétitives, ce qui leur permet d’économiser jusqu’à 40% sur leur facture de transport.

Qu’est-ce qui vous a motivé à lancer ce projet ?

Lorsque vous identifiez une frustration chez les consommateurs et que vous avez en tête une solution qui est susceptible d’y répondre, entreprendre devient une évidence.

Quelle est votre plus-value par rapport aux autres opérateurs de VTC ?

Notre plus-value est non seulement destinée à nos clients mais aussi à nos chauffeurs. En optimisant le temps de travail de nos chauffeurs, nous réduisons le prix des courses pour nos clients, tout en augmentant le revenu horaire de nos chauffeurs. Tout le monde est donc gagnant! Nous avons de plus en tête de nombreux autres leviers afin d’augmenter chaque jour un peu plus ce remplissage.

Que répondez-vous aux taxis qui vous accusent de concurrence déloyale ?

Tout d’abord que, puisque nous proposons une solution de transport porte-à-porte dont l’objectif est d’optimiser l’emploi du temps des chauffeurs, nous n’excluons pas du tout de travailler un jour avec les taxis, d’autant que la notion de course au forfait commence à faire son chemin.

Ensuite, que les deux métiers sont différents, avec des droits et des devoirs pour chacun. Les chauffeurs de VTC respectent un cadre légal. Comme les taxis, ils ont des contraintes de formation, d’assurance. Ils ont de plus des contraintes de types de véhicules, que n’ont pas les taxis, et doivent pouvoir justifier d’une réservation préalable, qu’elle ait été effectuée quelques jours ou quelques minutes à l’avance. Ils ne bénéficient pas des privilèges que confèrent la licence de taxi, en particulier la maraude, qui octroie aux taxis un accès prioritaire à la demande immédiate dans la rue, en particulier pour les 30 millions de touristes qui visitent Paris chaque année.

Que pensez-vous de la proposition de loi Thévenoud ?

Cette loi a le mérite de concilier les parties, et d’apporter de la stabilité à un secteur qui en a besoin pour se développer. De plus, toute mesure qui va dans le sens d’une professionnalisation de l’activité de VTC va dans le bon sens. Depuis notre lancement, nous prônons un respect à la lettre de la loi. C’est pourquoi nous nous montrons intransigeants sur le respect de celle-ci par nos partenaires chauffeurs : assurance à titre onéreux, licences et autres formalités à jour, etc… Enfin, nous attendons de voir quel sera le fonctionnement du nouveau dispositif d’inscription avant de nous prononcer.

Au delà de cette loi, en tant que franciliens, nous aurions aimé que les débats ne se limitent pas à une confrontation entre les VTCs et les taxis. Les enjeux du transport en IDF vont bien au delà de ce conflit. Le transport public saturé, le manque de parking à l’entrée de la capitale, le cloisonnement de certaines villes sont des questions qui auraient pu être abordées.

Si la maraude électronique est interdite, serez-vous pénalisé ?

Absolument pas, nous ne faisons pas de maraude électronique telle que décrite dans la loi, nous avons volontairement pris le parti de ne pas passer par une carte pour montrer la disponibilité de nos chauffeurs partenaires. Notre positionnement favorisant la réservation à l’avance va d’ailleurs dans ce sens.

Merci Bertrand !

 Et vous, que pense-vous des VTC ? Avez-vous déjà fait appel à leurs services à titre personnel ou professionnel ?

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