Stéphane Baldi,

Vous avez créé et repris des entreprises ces 12 dernières années dans diverses activités, et vous êtes actuellement cadre dans une PME située en Lorraine.

- Pourriez-vous vous présenter aux lecteurs en quelques phrases : l’entreprise créée, l’entreprise reprise ainsi que votre poste actuel de manager ?

Photo de Stéphane Baldi, manager d’entrepriseBien le bonjour, je m’appelle Stéphane BALDI j’ai 36 ans je suis marié avec 3 enfants.

En ce qui concerne mes expériences d’entrepreneurs, j’ai commencé par reprendre une entreprise, ensuite j’en ai créé une et enfin j’ai effectué une mission de démarche stratégique dans une société industrielle. Actuellement, je cherche à avoir un poste de cadre dirigeant dans une PME ou PMI.

Reprise d’entreprise : j’ai racheté un débit de tabac en 1997 et je l’ai exploité durant 6 ans. En plus du tabac, je vendais de la presse, des articles de cadeaux, des jeux, des timbres amendes et poste. Au plus fort de l’activité j’ai réalisé un CA de 7.000.000 FF, avec un résultat de 250.000 FF. La reprise de ce type d’entreprise est très entouré aussi ma démarche a été différente à un autre commerce.

Création d’entreprise : J’ai créé Dolphi Communication en 2004, après avoir déjà vendu des produits sans structure. Je me suis fait un petit réseau de clientèle. Ensuite j’ai créé la société. Je l’ai dirigée pendant 2 ans. J’avais un marché très ouvert. J’allais jusqu’en Belgique, Italie. Au bout de 2 ans j’ai eu des problèmes de personnels. En effet, sur deux personnes, j’ai eu 10 semaines d’abandon de poste. Ce qui a fait tomber ma trésorerie dans le rouge.

La mission de cadre :
Dans la société où j’ai réalisé cette mission j’ai audité toute la société dans les domaines : financier, commercial-marketing, production et ressources humaines. Ce diagnostic m’a permis de partir d’un constat précis de l’entreprise pour mettre en place la démarche stratégique de la société.

La mission finie, je recherche un poste de cadre dirigeant de PME. Personnellement j’ai un faible pour la finance, mais je suis à même de comprendre tout les domaines de la gestion d’entreprise.

- Vous avez évolué dans divers secteurs ces dernières années. Ces évolutions sont-elles le fruit d’une curiosité professionnelle de votre part ou saisissez-vous les opportunités à mesure qu’elles se présentent ?

En ce qui concerne les secteurs d’activités, personnellement je pense que c’est l’une des choses qui s’apprend le plus facilement. Ce n’est pas une compétence. Maintenant, pour des soucis de facilité lors des recherches d’embauche on le précise pour des gains de temps.

Le secteur de l’industrie je ne le connaissais pas du tout, mais une personne curieuse du monde qui l’entoure comprend vite et apprend vite.

C’est la même chose en ce qui concerne la communication. Quand j’ai commencé je ne connaissais pas tout. Mais quand on se voit donner ou on se donne une mission on fait tout pour ingurgiter le maximum de renseignements.

Il est clair que mon parcours en Faculté d’histoire m’a permis de relativiser les choses et d’avoir une approche globale des fonctionnements d’une entreprise. Quand on sait “de où ça vient…. et où ça va…. par où ça passe” ça permet de garder le cap et d’appréhender le secteur et l’entreprise.

A titre d’exemple, Une agence de communication est issue des services aux entreprises. Une question que je me suis posée : “A quel moment de la vie de l’entreprise puis-je intervenir ? Selon le type de société, qui sera mon interlocuteur ? Puis-je intervenir à différents niveaux de la vie de l’entreprise ?” Le résultat de toute cette réflexion m’a permis de décider de m’occuper des PME. Le plus difficile est de leur faire comprendre que communication et publicité n’est pas la même chose. Mais que publicité est une des composantes de la communication. Je faisais aussi du conseil en marketing.

La mission principale que je me suis fixée est de faire comprendre que la communication fait partie intégrante de la gestion d’entreprise et qu’elle n’est pas seulement l’apanage des grands groupe. Et j’ai introduit l’idée de budget. En effet, le comptable on hésite pas à lui donner en moyenne 100 euros par mois parce qu’on est obligé par l’administration fiscale. Je leur expliquais que s’ils s’octroyaient un budget de 70 euros par mois ou même moins, cela leur permettrait d’avoir un budget annuel de 840€. Et qu’avec ce budget cela leur permettrait au moins de prévoir des vagues de tracts etc…

Ainsi les secteurs sont pour moi des défis en plus. C’est de la curiosité et des opportunités.

- Vous vous formez de façon très régulière depuis 12 ans, en parallèle de votre activité professionnelle. La formation, un point de rendez-vous régulier obligatoire pour tout manager d’entreprise ? Est-ce plutôt une façon de valider et de faire reconnaître vos compétences, de vous perfectionner dans les domaines qui vous intéressent… ou d’assouvir une soif de curiosité peut-être ?

Dans la question précédente j’ai un peu répondu à votre question. Je m’explique : quand on est dans d’autres secteurs on doit se parfaire sur le secteur, faire les salons, lire des livres, participer à des réunions de professionnels, de la même manière on doit être en veille constante sur la gestion d’entreprise elle-même.

A titre d’exemple, quand vous avez une petite structure sans responsable administratif et financier (vous pouvez m’appeler d’ailleurs ;-)…) On est responsable de tout ce qui se passe dans les domaines juridique et social. Et en plus, j’ai eu de la difficulté à retrouver un emploi après mes aventures d’entrepreneurs, c’est pourquoi j’ai aussi décidé de valider et de faire reconnaitre mes compétences. J’ai un parcours atypique, si vous regardez ma présentation vous verrez que dans mes réalisations j’ai caressé pas mal de projets. Entre autres une start-up.

Aussi, dans cette déception de la reconnaissance de mes compétences j’ai décidé de les compléter, de les faire reconnaître. Je vous invite à aller voir mes références sur Viadéo. Pour information, ces personnes ont été directeur commercial export, et directeur d’exploitation du deuxième groupe dans le domaine. C’est à ce moment que je me suis rendu compte réellement que j’avais acquis seul énormément de compétences.
Pour la formation au CNAM, c’est parfaire ma formation en matière de finance. Et la certification d’auditeur interne ISO ce n’est qu’une corde en plus.

- Votre parcours en matière de formation est intéressant : BTS d’assistant de Gestion, formation diplomée d’Etat en Gestion, formation continue au CNAM en contrôle de gestion et fiscalité en cours… et certification comme auditeur en qualité interne ISO 19011. Que vous apporte la certification de qualité en matière de management et plus généralement sur vos méthodes de travail ?

En fait dans un “monde idéal”, toutes ces compétences me permettent dans une PME jusqu’à 100 personnes d’être le bras droit d’un chef d’entreprise. En clair avec ce poste je permets au dirigeant de PILOTER son entreprise en lui apportant des indicateurs chiffrés dans tout les domaines de la gestion d’entreprise.

De plus, je peux apporter le coté procédure grâce à la certification. Je dirais que malheureusement en France trop de dirigeants de PME, dont je fais partie, ne PILOTENT pas leur navire. Par contre ils sont devenus experts en CABOTAGE. En clair ils n’ont pas de vision à 1 ou 2 ans. Certains même réagissent devant le mur.

- Vous avez créé une entreprise. Quel conseil principal donneriez-vous à un entrepreneur qui s’installe pour la première fois ?

Si vous voulez endosser l’habit d’Indiana Jones et partir à la recherche du profit. Préparez-vous bien et entourez-vous bien !

De plus, même si vous avez créé de toutes pièces votre société, que c’est votre Bébé sachez aussi déléguer et prendre de la hauteur (se détacher). Souvent les entrepreneurs ont la tête dans le guidon. Vous avez déjà réussi à pédaler avec la tête dans le guidon ? Vous ne voyez pas devant vous. N’ayez pas peur de prendre des cadres même en temps partiel pour que vous puissiez prendre du recul sur votre entreprise.

Mettez en place rapidement des choses qui n’existent pas dans les petites PME, telles que la comptabilité analytique : c’est un premier par vers la budgétisation. Au début c’est facile à mettre en place… après 5 ans et des salariés c’est plus complexe.

Je conseille aussi aux personnes d’avoir une volonté de fer, de ne pas avoir peur du risque, d’avoir une famille qui les suive et surtout de ne pas se croire indispensable. Je dirais que “les personnes indispensables ils y en a plein dans les cimetières“.

Votre réflexion avant de vous lancer doit être complète sur tout les plans. “Prévoir c’est gérer“. Au lieu de prévoir on peut dire plutôt “anticiper“. Une fois bien préparé, lancez vous, l’aventure en vaut la chandelle. En somme, PREVOIR, ANTICIPER, PREPARATION, ENTOURAGE, CONSEIL.

- Vous avez aussi repris une entreprise. Quel conseil principal donneriez-vous à un entrepreneur qui souhaite reprendre une entreprise ?

Je pense que pour reprendre une entreprise, il faut avoir la même démarche que dans la création à ceci près c’est qu’on a des chiffres déjà existants. On peut se baser sur un vécu. Mais la démarche est la même au niveau de l’étude. Il faut savoir ce que l’on apporte. N’hésitez pas à travailler avant dans la société. Le plus difficile à gérer dans une reprise c’est la gestion des hommes.

Sans hommes il n’y a pas d’entreprise, le temps de l’entreprise à “papa” est révolue. Le personnel a des attentes, des envies, il est prêt à de nombreux défis mais il faut savoir manager les personnes. Une personne qui reprend une entreprise doit aussi savoir déléguer. Ce qui n’est pas toujours le cas dans la création.

Si dans ces deux exemples je n’ai pas parlé d’administratif pour la création ou la reprise c’est parce que tout les documents administratifs lors d’une création ne sont pas vecteurs de réussite. Vous pouvez reprendre ou créer une entreprise sans problème, mais par contre “durer” n’est pas aussi simple que l’on dit.

- Créer une entreprise à partir de zéro, reprendre une entreprise existante, manager des personnes au sein d’une entreprise installée… dans le fond, retrouvez-vous à chaque fois des éléments communs en matière de management, de problématiques et d’opportunités ? Si oui, lesquels souhaitez-vous partager ?

Pour cette question, je dirais qu’il y a un élément commun c’est : BUSINESS PLAN.

Sur mon site j’ai réalisé un document envers les futurs commerçants. Ce document aborde d’une certaine manière des éléments importants d’un business plan. C’est une réflexion minimale à faire avant de se lancer. Si vous ne la faites pas vous tiendrez 2 ans ou 3 ans. Après vont apparaître tous les problèmes inhérents au manque de réflexion. Un chef d’entreprise aujourd’hui doit être ouvert sur son monde, sur les informations qui arrivent et doit savoir les traiter. Les éléments que vous citez se retrouvent dans toute entreprise : grande, petite, créée ou reprise.

Je connais des entreprises qui réalisent un business plan à chaque volonté d’investir… et pourquoi pas … Au moins on se pose les bonnes questions. C’est exactement ce que la stratégie d’entreprise essaie de mettre en place. On est pas trop petits pour faire cela, et ce n’est pas seulement pour les américains.

Blog de Stéphane Baldi Capture d’écran du blog de Stéphane Baldi. L’entrepreneur Lorrain donne régulièrement des conseils aux créateurs et managers sur ce blog. Il publie aussi une présentation de ses compétences via un site Flash de présentation personnelle.

- Parlons de votre avenir. Vers quel(s) domaine(s) souhaitez-vous vous orienter à ce jour ? Recherchez- vous des opportunités particulières au regard de votre carrière ? Peut-être une création ou une reprise en vue ?

Aujourd’hui je m’axe vers 3 domaines : soit le conseil, soit un poste de directeur adjoint de PME, soit un poste de Responsable Administratif et Financier. Pourquoi ? Simplement parce que je veux apporter mes compétences et mes expériences à des dirigeants de PME pour que les PME soient efficaces et que l’on développe le potentiel qu’elles offrent.

L’avenir est dans les PME et non pas dans les groupes. Les PME peuvent être plus réactives et performantes que les groupes. Et aussi parce que la mentalité de groupe et son cloisonnement ne me conviennent pas. La seule exception serait d’avoir un poste de Contrôleur de gestion, en raison de sa vue globale sur la structure.

Je ne me suis pas posé la question d’une reprise ou une création, cependant il existe aussi les sociétés de portage salariale a mi-chemin entre les deux.

- Nous sommes le 31 janvier 2008, c’est le dernier jour pour souhaiter les voeux cette année. Que peut-on vous souhaiter pour l’année 2008 sur le plan professionnel ?

J’espère que cette année m’apportera un poste dans lequel je puisse utiliser toutes mes compétences et que je puisse me sentir utile à une société.

Et ce que je souhaiterais à un terme plus long peut-être c’est de considérer les entrepreneurs de petites structures qui recherchent un emploi comme des éléments qui peuvent apporter des compétences et non pas comme des personnes qui ont eu des échecs.

Je vais terminer par une question originale : entreprendre, est-ce pour vous une manière d’exercer des talents artistiques ou est-ce que cela n’a rien à voir avec l’art ?

Rires… vous avez visé juste… je suis aussi musicien. Mais la seule fois où j’ai joué le chef d’orchestre c’est quand j’ai dirigé mes entreprises. Maintenant, le résultat de ce que vous jouez est quasiment identique : ça plait et vous continuez et on vous fait confiance - ça plait pas et c’est les cageots de tomates.

Pour ce qui est de prévoir, anticiper… les termes que j’ai utilisés, demandez à la “STAR ACADEMY” ou encore à “LA RECHERCHE DE LA NOUVELLE STAR”…

Merci Stéphane et bonne continuation à vous.

Pour contacter Stéphane Baldi :

Stéphane BALDI habite à Freyming Merlebach - 57800, France.
Consultez son profil Viadéo.
Téléphone : 0.662.506.605

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