Pourquoi certains auto-entrepreneurs ne parviennent pas à dégager du chiffre d’affaires ? Est-il réellement facile de créer son auto-entreprise ?

Sandra Perez a créé deux entreprises individuelles : la première avec le régime micro et la seconde en auto-entreprise. Elle a donc un bon aperçu des atouts et des faiblesses de l’auto-entreprise !

Découvrez son témoignage à l’occasion de l’événement “Quel statut pour votre entreprise ?” du 12 au 17 novembre 2013 sur Gautier-Girard.com

Pourriez-vous vous présenter, ainsi que votre entreprise, en quelques mots ?

Sandra Perez, auto-entrepreneurOriginaire du Midi, je suis venue en 96 en Bretagne par passion pour la région, et j’y suis restée. Je venais de terminer mes études en école de commerce.

Déjà alors, j’espérais créer un jour mon entreprise. Chose faite en 2004, avant de créer ma 2de entreprise, Harmony Com (www.harmony-com.fr), en 2009.

Je propose un accompagnement en communication aux TPE : du conseil de base à la réalisation de texte commerciaux, graphisme et certains supports (print notamment).

Quel statut avez-vous choisi ? Pourquoi ce choix ?

Pour ma première entreprise je n’ai pas vraiment eu le choix : régime micro. Ce qui veut dire payer des charges, même sans travailler.

Pour ma seconde entreprise, le statut auto-entrepreneur venait d’être lancé, il a donc été une évidence : il permet de ne payer des charges que sur le CA réalisé.

Statut juridique : devenir auto-entrepreneur

A l’heure actuelle, quels sont selon vous les avantages et les inconvénients de votre statut ?

Ce statut présente l’énorme avantage de pouvoir tester son activité sans grands risques (surtout si l’investissement est moindre), en ne payant pas de charges tant qu’on ne rentre pas de CA. C’est un atout énorme, qui donne davantage ses chances à une petit entreprise sans grands moyens financiers pour démarrer (c’est à dire la majorité).

C’est aussi un statut génial pour une personne souhaitant juste compléter ses revenus, ou travailler à temps partiel. Je pense aux “mompreneurs” notamment, aux étudiants qui veulent payer leurs études avec un petit job à côté, et aux seniors, qui ont tant de mal souvent à retrouver du travail, ou qui souhaitent compléter leur maigre retraite.

Maintenant, ce statut garde les mêmes faiblesses que le régime micro : tout ce qui rentre est considéré comme du “bénéfice” avec juste un abattement forfaitaire, et l’impossibilité de déclarer ses frais réels. C’est simple, mais limité.

Autres inconvénients : une crédibilité moindre, comparé à un statut déclaré au RCS par exemple. Et le fait qu’on s’inscrit sans pouvoir vraiment choisir dans quelle catégorie. Selon son activité c’est un peu délicat. Ce n’est donc pas un statut adapté à toutes les activités : sa simplicité peut vite se retourner contre le créateur, s’il ne l’a pas choisi en toute connaissance de cause.

Je rajouterais que la facilité à créer son entreprise peut être un leurre : on voit beaucoup de personnes qui n’ont pas du tout préparé leur projet, ou qui n’ont pas les compétences ou le caractère d’un entrepreneur, qui se lancent quand même. En se disant justement, ça ne coûte rien. Mais elles découvrent vite que ce n’est pas vrai : pour se faire connaître, il faut en général investir un minimum. Peu d’activités peuvent se passer de cet investissement de départ. Or comme elles n’ont souvent pas réalisé de business plan, d’étude de marché, etc…, elles investissent parfois peu mais en pure perte, car ça ne peut pas marcher.

C’est dommage, certaines entreprises seraient viables, avec davantage de préparation et de moyens. Ce n’est pas un statut au rabais : on crée une véritable entreprise, qui doit en avoir tous les attributs.
Maintenant le problème n’est pas le statut en lui-même, mais le fait que certaines personnes ne se renseignent pas du tout sur ce que représente vraiment une création d’entreprise.

Quant à l’éventuelle concurrence déloyale, je n’y crois pas vraiment : un AE ne peut réaliser les mêmes tâches qu’une entreprise avec des employés, prendre les mêmes travaux qu’une structure qui fonctionne au bénéfice réel et peut déclarer ses véritables charges, etc… Par ailleurs, certes, des AE font leur travail en dilettante et cassent les tarifs, car pour eux c’est juste “de l’argent de poche” en plus. C’est une réalité. Ici, le problème est plutôt côté client qui cherche toujours moins cher. C’est le principal revers de la médaille. Mais un AE compétent et sérieux arrivera toujours à gagner sa clientèle, sans aller sur le terrain tarifaire, forcément perdu d’avance.
C’est là que la préparation est importante, pour bien choisir ses cibles commerciales, établir une offre solide, se créer une notoriété, etc…

On ne peut tout avoir : c’est déjà formidable comparé à avant !

Merci Sandra !

Pour en savoir plus sur le régime de l’auto-entreprise, n’hésitez pas à consulter le Guide des Statuts Juridiques d’Entreprises (vous pouvez aussi le télécharger gratuitement) !

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