Bonjour Philippe Levesque,

Vous êtes consultant en organisation et en système d’informations.

- Pourriez-vous vous présenter aux lecteurs en quelques phrases, ainsi que votre entreprise et votre travail ? Aussi nos lecteurs ne savent pas tous en quoi consiste le management de l’organisation et du système d’informations. Pourriez-vous préciser concrètement de quoi s’agit-il ?

Photo de Philippe Levesque

A 45 ans passés et fort d’une expérience riche en challenges relevés, après avoir largement étudié la possibilité de la reprise d’entité industrielle (PME de mécanique car je suis un mécanicien technicien de base) à la lumière des constats effectués (pas de vision d’indépendance possible au regard de mes actifs) la décision de créer ex nihilo ma société de conseil au service des entreprises de toute taille s’est concrétisée en fin 2005.

Un petit rappel : les flux de l’entreprise sont au nombre de 3 : financier, d’information et matériel qui imposent de maitriser ou d’étendre largement le périmètre de ses compétences.

Le conseil en Organisation de la production est un expert en organisation qui analyse les processus et les règles de gestion de toute entreprise industrielle ou non afin d’apporter les réglages nécessaires à l’adaptation de l’Entreprise au marché (évolution des règles de gestion, des processus et des modes de communication).

Son rôle est d’apporter une vision globale et de mener tant la réflexion en amont au niveau stratégique que la mise en œuvre des changements. La dimension et le positionnement pris par le conseil dépend du besoin identifié : de l’audit à la gestion ou le management des projets, telle la mise en place de progiciels ERP ou autres.

Alliée à cela, la dimension conseil en Système d’Informations (SI) acquise en parallèle et par nécessité lors des missions de chef de projet “coordonnateur” pour lesquelles la dimension “polyvalence” est requise.Mon action actuelle pour le pôle S.I. est conformément au besoin du marché exprimé l’infogérance ou la maintenance informatique et logicielles (y compris analyse et cahier des charges) pour des structures ne disposant pas en interne d’interlocuteur “DSI ou informatique”.

Je réponds au besoin présent : A la lumière de leur spécificité due au caractère confidentiel des informations, des enjeux qui impose une intégrité établie et donc le recours à un prestataire “engagé”, disponible, réactif disposant d’un cursus ciblé imposé.

En cela je me démarque : ma polyvalence permet aux entreprises y compris de petite taille (TPE/PME/UP) d’aborder une simplification de ses partenariats : un interlocuteur unique, un intervenant pérenne disposant d’une vision d’ensemble.

Pour les projets de plus grande taille, ma polyvalence est un gage de bonne prise en compte et de maîtrise des éléments extérieurs au motif que j’ai la compétence et la connaissance des modules et des divers profils des intervenants “projet” et opérationnels. Pour les missions “pompier” ou “d’urgence” ma polyvalence est une arme de résolution des problèmes (force réactive).

Un constat : nos entreprises doivent grandir pour explorer le monde et satisfaire la demande, il faut donc en conséquence des partenaires et des ressources adaptés à cet objectif !

- Vous vous êtes installé comme consultant après avoir occupé des postes à responsabilité dans des activités telles que l’industrie, la qualité et la logistique (supply chain). Qu’est-ce qui vous a décidé à vous lancer en solo ?

C’est en fait la concrétisation d’une décision prise et d’un parcours initié il y a déjà plus de 10 ans : lors de ma prise de conscience de la faiblesse des méthodes utilisées et des risques pris car non analysés. A la livraison de cet énième projet réussi j’ai décidé de me former aux outils d’organisation d’entreprise.

Ma chance fut d’obtenir à la fois l’aval de ma famille, du Fongecif d’Evreux, du Conseil Régional Hte Nie et du Directeur du Mastère OGP ENSAM Paris (M. Canonne Robert, qu’il soit ici remercié). Bilan : Un mastère OGP ENSAM Paris à 33 ans avec une thèse chez GEC Alsthom DTR à la défense avec IBM et UNILOG !
C’est donc une suite logique et une réelle volonté d’être “acteur” de la vie des entreprises et de mon entreprise, un projet muri et nourri.

J’aurais aussi aimé pouvoir reprendre une entreprise industrielle à la condition d’avoir les cartes nécessaires pour en assurer la pérennité. Je n’ai pas eu cette opportunité de réunir les conditions requises, mais cela sera et devient une voie possible d’évolution de ma structure actuelle : un conseil apte au management de transition.

Il y a fort à parier que la nécessité croissante de trouver des repreneurs d’entreprises permette l’émergence de managers en transition en tant que conseil opérationnel si j’ose dire !

L’installation en solo a été et reste choisie : j’ai des partenaires, des concurrents, des clients… et des amis. Tout ce qu’il faut pour développer mon activité et servir le marché.

- Je crois savoir que vos services de conseil en organisation et système d’informations s’adressent aussi aux TPE et aux PME. Vous piquez ma curiosité parce qu’on s’attend généralement à des entreprises plutôt importantes pour faire appel à ces services. Pourriez-vous partager avec nous quelques exemples de petites structures pour lesquelles vous avez travaillé ? Quelles étaient vos missions ?

Les besoins existent tout autant. De fait les grosses entreprises cooptent la majorité des ressources de conseil : dans ce cas nous sommes sur un marché de renouvellement pour les éditeurs de solution progicielles! en fait les hommes œuvrent en permanence à adapter les outils et les systèmes aux marchés… très volatiles.

Dans le cas des entreprises de taille plus réduite le marché est tout autant demandeur mais l’échelle de temps est différente ! La difficulté est tant la nécessaire prise de conscience que la disponibilité des intervenants.

J’ai la chance réelle d’être polyvalent et “entrepreneur” libéral car mes clients sont à ce jour des collectivités locales (-2000 hab.), des sociétés de négoce (-10 sal), mécanique (-50) , industrielles (>2000 p) , des professionnels libéraux (experts environnement, comptable, médecin, cabinet…) qui ont tous à leur niveau l’obligation de sécuriser leur outil de production (informatique) mais aussi expriment des besoins réglementaires d’évolution et donc d’organisation.

J’ai aussi un rôle de conseil en sécurisation des TPE (avec l’aspect obligations nouvelles des chefs d’entreprise en terme de sécurisation des systèmes d’informations) car cela devient un enjeu majeur.

Je développe aussi ma vision “intelligence économique” et “durable”; en cela mon statut d’indépendant me permet le libre choix d’investigation. Tout cela n’est pas évidemment effectué au détriment du marché et de ma disponibilité : la notion d’horaire de travail, de durée hebdomadaire est passée d’insignifiante à inexistante. C’est cela la liberté et le plaisir de l’entrepreneur.

Plaquette de Philippe Levesque, consultant en organisation d’entrepriseA gauche, une capture d’écran de la plaquette professionnelle de Philippe Levesque. Elle donne tous les détails sur les besoins auxquels il répond, les actions et le fonctionnement de ses missions.

Il est aussi possible de visiter le site web personnel de Philippe Levesque, en ligne depuis… 1996.

Sachant pertinemment que le premier moyen sera notre budget le plus important mais refusant de se cantonner à un seul canal, nous nous engageons à développer notre communication par des moyens différents et plus originaux en “offline“. Le bouche à oreille à d’ailleurs déjà bien pris. Note de Gautier : le logo de la société qui sera l’un des supports de communication.

- Dans un monde “parfait”, à partir de combien de personnes et à quelle fréquence une TPE ou PME devrait revoir son organisation et son système d’informations ? De votre expérience, ce besoin se fait-il jour lorsqu’une entreprise a des difficultés par ailleurs ?

Dans un monde parfait, le client commande et l’entreprise satisfait son besoin en qualité, quantité, coût et délai. Dans l’absolu toute entreprise devrait pouvoir disposer des ressources en interne ou externe capables de l’aider à coller en permanence au marché… car nous sommes aussi des consommateurs et notre demande est plus que volatile, immédiate…

De la même manière il est nécessaire pour les entrepreneurs qui ont le “nez dans le guidon” (contraction des délais, contraintes plus sévères, enjeux multiples) de s’associer des ressources conseil extérieur qui ont la capacité de recentrer les demandes et d’analyser et formaliser les stratégies envisageables

En général le recours au conseil est opéré soit par approche directe en cas de difficultés naissantes (apparues) ou par connaissance (le chef d’entreprise qui échange une vision et donc propose une ressource à son confrère = le bouche à oreille) et par le canal des réseaux.

- On imagine les gains de productivité d’une meilleure organisation et d’un meilleur système d’informations pour les dirigeants des entreprises. De votre expérience, quels sont les effets positifs d’une bonne conduite du changement auprès des employés ? Comment éviter le phénomène de freinage ? (propension à refuser ou “torpiller” consciemment ou non la nouvelle organisation)

Outre les gains réels d’une réorganisation, rappelons que la conduite du changement est imposée “sous contrainte” par le marché.

Une bonne conduite du changement c’est l’accompagnement “réel” des hommes par coaching, formation, … avec mesure d’efficacité et dans la mesure du possible sans perdre personne. Avec humilité, sociabilité, compétence et fermeté du discours, du langage nous éviterons le tangage. Il nous est imposé d’être des visionnaires éclairés et d’apporter une maitrise et une assurance indéfectible. “Ne pas douter = Ne pas provoquer le doute”

La nature a horreur du vide ! Le changement c’est aussi dans sa phase seconde un vide “créé”. A nous de le remplir de toute la stratégie retenue et des avantages liés à ce changement. Le projet se nourrit de notre capacité à innover et à encadrer… les Hommes.

- Quel conseil donneriez-vous à un manager, ou a quelqu’un qui crée ou qui reprend une entreprise ?

J’ai quelques Conseils à transmettre, non exhaustivement :

  • Structurer sa démarche (Business plan avec analyse du marché, développement,…) en sachant néanmoins que cela reste la cible et que des variations existent et existeront.
  • S’entourer de compétences et de personnes “positives”, fuir “les négatifs” mais accepter les avis “motivés” qui divergent de sa vison.
  • Accepter les écarts premiers : délai allongé, chiffre réalisé plus tardivement, remous du à la “vie normale” des entreprises.
  • Pérenniser : rester “fourmi” et en toute circonstance se comporter comme un chef d’entreprise ou un entrepreneur (rester ouvert, réceptif et… humain pour comprendre les besoins des humains !)

- Que recherchez-vous principalement pour développer votre entreprise à ce jour ?

Des clients ! J’ai dimensionné “mes partenariats” pour répondre au mieux à l’accroissement désiré de mon activité.

Il est évident qu’à terme je créerai des emplois (recrutement d’ING) en plus de la création de valeur et constituerai une équipe en réponse aux besoins exprimés, identifiés et formalisés. La phase première sera de distribuer des tâches à mes partenaires tout en conservant la maitrise et la responsabilité du projet global confié.

Mon entreprise se développe chaque jour un peu et je m’améliore à chaque mission ou prestation. C’est cet équilibre que je souhaite conserver : tant que j’ai le plaisir d’œuvrer, de réaliser je pense que mes clients seront positivement considérés et satisfaits. Je mets l’essentiel, soit mes ressources complètes en terme d’engagement de moyens, à la réalisation de mon objectif de pérenniser et développer mon entreprise.

- Je vais terminer par une question originale : entreprendre, est-ce pour vous une manière d’exercer des talents artistiques ou est-ce que cela n’a rien à voir avec l’art ?

Bien sur que OUI.

Les chefs d’entreprise sont des artistes à leur manière; c’est tout un art que de concilier vision, stratégie et réalisation. Visionnaires nous sommes. C’est une réelle polyvalence de chaque instant et aussi de doute devant la toile blanche; chaque nouveau client est un challenge à relever, pour un artiste c’est un rôle à jouer.

Et comme j’aime le dire et l’écrire (c’est ma jeunesse d’esprit) “ensemble construisons l’avenir”. Le chef d’entreprise, le manager, le décisionnaire ont chacun la capacité à s’unir pour réaliser l’objectif qui au demeurant est et se doit d’être commun : l’ambition est pour chacun de réaliser l’objectif fixé et mon rôle est aussi d’unir et d’organiser les ressources au bénéfice de chacun et de tous.

Merci Philippe.

Merci de m’avoir convié à participer à votre démarche.

Pour contacter Philippe Levesque :

Adresse email : phlev@infonie.fr
Consultez le profil Viadéo de Philippe Levesque.

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