Bonjour Olivier,

Vous avez maintenant une solide expérience en tant que dirigeant !

Pourriez-vous vous présenter, ainsi que votre entreprise ?

Olivier Permezel, chef d’entreprise depuis l’âge de 20 ans, photograveur pendant 16 ans à Lyon. Créateur de Detour-images.com en 1999, je la dirige depuis.

Détour-images est une société spécialisée dans le traitement de l’image : détourage et retouche pour tous les professionnels (photographes, e-commerçants, agences de publicité, TPE, marques de luxe…).

Nous travaillons sur 3 sites :

  • en France, siège de la société (2 personnes)
  • en Roumanie, support client en Français, Anglais et Italien et contrôle qualité (2 personnes)
  • au Cambodge, site de production (45 personnes)

Comment vous est venue l’idée ? Qu’est-ce qui vous a motivé à lancer ce projet ?

De 1989 à 2005 j’étais photograveur, on scannait les photos sur des Crossfields 600, des espèces d’énormes scanner, puis on détourait et retouchait les images. Déjà, à cette époque, les donneurs d’ordres commençaient à compresser les prix.

L’idée est donc venue : envoyer via le web les détourages et les retouches dans des pays à taux de main d’œuvre plus faibles. Détour-images est ainsi née.

Grâce à cette idée novatrice, nous avons pu gagner le budget Champion, entre autres,… et rester rentables encore quelques années. Puis, après l’avènement de la prise de vue numérique, j’ai dû fermer ma photogravure. Je me suis ainsi consacré à développer Detour-images.com.

Interview d’Olivier Permezel, dirigeant de Detour-images.com

Créer et gérer une entreprise, ce n’est pas si simple. Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un qui se lance dans la création d’une entreprise ?

Si vous avez des clients et que vous aimez bien ce que vous faîtes, c’est simple :

  • Avoir un projet qui tient la route (une base comptable me semble indispensable)
  • aimer ce que l’on fait
  • et ne pas compter ses heures de travail…

Après, moi je suis de ceux qui n’aiment pas sous-traiter (pas de fiabilité à long terme sur la qualité, les process et les délais) donc je crée mes ateliers de productions. Beaucoup d’autres sites comme le nôtre sous-traitent, ils se contentent d’acheter et revendre, ce n’est pas mon truc.

Ensuite il faut aimer les gens que l’on forme, et être toujours celui qui amène de nouvelles idées, c’est comme ça que le personnel vous respecte.

Se lancer, oui ! Mais on à une vie à côté… avez-vous dû faire des sacrifices pour vous lancer ? En faites-vous toujours actuellement ?

Bien sûr qu’il faut faire des sacrifices, mais de mon côté j’adore voyager donc là je suis servi :)

Le plus difficile est le début de l’aventure, mettre en place les process, les équipes, les infrastructures, le commercial… une fois passé ce cap et que l’entreprise est pérenne, il y a moins de sacrifices.

Aujourd’hui, il y a plein de moyens de diriger à distance (skype, whatsapp etc.), ce qui n’était pas le cas quand j’ai commencé. De plus, depuis 1 an nous avons mis au point un logiciel qui nous permet en temps réel de dispatcher, contrôler, expliquer le job de n’importe où dans le monde. Aujourd’hui, je suis un “digital nomad”, je peux tout faire même d’un aéroport, ça a mis du temps mais la on est au top !

Concrètement, qu’est-ce que l’entreprise vous a apporté de bien à vous, à titre personnel ?

Comme je le disais, je voyage beaucoup donc je rencontre des cultures très différentes, des mentalités différentes. Mon truc, c’est les gens, on leur apporte beaucoup et ils nous le rendent.

Je me souviens d’un Cambodgien qui m’avait dit : “Pourquoi avez vous des portes automatiques en Europe, c’est débile !”. Je lui réponds “mais pourquoi dis-tu ça ?” et lui de me rétorquer : “Si vous automatisez tout, même les portes, comment allez vous fournir du travail à ceux qui n’ont pas une très grande intelligence ?”

Je sais que ce n’est pas dans nos mentalités Européennes, mais vous admettrez qu’il y a un peu de bon sens, non ?

Entrepreneuriat m’a aussi permis de travailler dans le domaine que je souhaitais, d’être totalement autonome, de réaliser mon projet comme je l’entendais, bref une liberté que je n’aurai pas trouvée dans un grand groupe.

Que recherchez-vous pour votre entreprise à ce jour ?

On recherche toujours plus de clients, c’est évident !

De mon côté je cherche surtout une stabilité. Je pense que l’on est arrivé au maximum de baisse des coûts de production. Si les prix de vente sont stables, je pourrais offrir de meilleures conditions de travail à mes employés et pourquoi pas financer un petite ONG.

Nous avons déjà réalisé cette expérience avec Krousar Thmey, une ONG Franco Cambodgienne qui s’occupe de malentendants. Nous avons donc embauché des personnes sourdes que nous avons formé pour leur apprendre un métier, pour leur créer un vrai tremplin professionnel. Ces embauches se sont révélées très enrichissantes pour toute l’équipe. Mon projet serait de créer un centre de formation Photoshop sur l’Asie, uniquement dédié aux malentendants.

Je vais terminer par une question originale : entreprendre, est-ce pour vous une manière d’exercer des talents artistiques ou est-ce que cela n’a rien à voir avec l’art ?

Je ne crois pas être un artiste, en revanche, je suis hyper créatif. Entreprendre permet de libérer sa créativité, par contre il faut faire attention ! On paye ses délires,… et quelquefois très cher !

Merci Olivier !

Pour contacter Olivier, vous pouvez :

Mettre en favoris et partagerEntreprise»Abonnement