Bonjour Nicolas,

Vous avez créé une entreprise dans laquelle vous êtes interface médiateur en langue des signes française (L.S.F.)

- Pourriez-vous vous présenter, ainsi que votre entreprise ?

Je m’appelle Nicolas Baheu, j’ai créé mon entreprise le 15 septembre 2008.

Mon travail, celui de l’entreprise, est d’aider les personnes atteintes de déficiences auditives, atteintes de surdité, mais aussi des personnes ne sachant pas communiquer en Langue des Signes Française (L.S.F). Je les aide à comprendre et à se faire comprendre, tout en faisant de la traduction.

Attention, je ne suis pas interprète, mais interface/médiateur en L.S.F., c’est à dire que je traduis les propos échangés entre sourds et entendants, je reformule les propos si besoin, tout en gardant le même sens de la phrase.

J’aide aussi les sourds dans leurs démarches administratives, à faire leur lettres si besoin, et aussi les informer sur leurs droits.

- Comment vous est venue l’idée ? Qu’est-ce qui vous a motivé à lancer ce projet ?

Depuis que j’ai appris à signer (on dit comme cela) durant mon adolescence. J’ai voulu faire un métier en rapport avec la surdité.

Dans le Pas-de-Calais, il n’y avait pas de structure pour aider les sourds, sinon très peu. Souvent, ils faisaient appel à des professionnels de Lille, mais étant donné la distance et les temps d’attente, je me suis dis pourquoi pas…

En effet, il faut en moyenne 3 mois d’attente pour eux, pour un simple rendez-vous, et parfois jusqu’à 6 mois… Connaissant les sourds de ma région, souvent à critiquer le temps d’attente ou autre, je me suis dis pourquoi ne pas créer mon entreprise dans le boulonnais, ma ville natale.

- Créer et gérer une entreprise, ce n’est pas si simple. Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un qui se lance dans la création d’une entreprise ?

Surtout, de bien faire ses plans, faire le plus précisément possible son étude de marché. Ne pas hésiter à se renseigner un maximum, même si on a peur de se sentir ridicule. Le ridicule ne tue pas.

- Se lancer, oui ! Bien mais on a une vie à côté… avez-vous dû faire des sacrifices pour vous lancer ? En faites-vous toujours actuellement ?

Malheureusement, il le faut parfois.

Au début oui, bien entendu, mais il faut se dire que c’est pour mieux vivre le lendemain. Ça m’arrive encore, de temps en temps, mais moins.

- Concrètement, qu’est-ce que l’entreprise vous a apporté de bien à vous, à titre personnel ?

Cela m’a permis de mieux me connaitre, de voir jusqu’où j’en étais capable, et surtout d’évoluer de façon conséquente dans mes connaissances de la langue des signes.

- Que recherchez-vous pour votre entreprise à ce jour ?

Encore et toujours à aider la population sourde, les informer au maximum de mes capacités.

Si je sens que je serais débordé un jour, si la demande augmente, j’espère pouvoir embaucher un interprète professionnel.

- Je vais terminer par une question originale : entreprendre, est-ce pour vous une manière d’exercer des talents artistiques ou est-ce que cela n’a rien à voir avec l’art ?

Je ne prends pas le fait d’entreprendre comme un art, mais comme un savoir-faire.

Merci Nicolas pour l’entretien.

Pour contacter Nicolas Baheu :

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