Bonjour Mathieu,

Vous avez créé une société de traduction, d’interprétariat et de  services linguistiques.

- Pourriez-vous vous présenter, ainsi que votre entreprise ?

Mathieu Marechal, dirigeant de TradonlineJ’ai 30 ans, formation d’ingénieur en informatique et gestion d’entreprise ainsi qu’une licence d’anglais.

Cinq ans en tant que salarié dans la finance m’ont convaincu que là n’était pas ma voie, et que j’étais davantage dans un esprit créatif et autonome, qu’à mon sens le statut d’employé permet d’atteindre mais de manière beaucoup plus difficile, surtout dans des grosses structures.

Ma société, Trad Online, a été transformée en SARL en février 2008, elle existait déjà en tant qu’activité freelance depuis plusieurs années. J’ai pu capitaliser sur l’expérience acquise et ne me suis pas lancé complètement « sans filets ».

Son cœur de métier : les services linguistiques, principalement la traduction (dans la plupart des langues européennes, sous une grande variété de formats, et via des processus de production très innovants), mais aussi l’interprétariat et la formation en anglais professionnel.

Nos sites sont “www.tradonline.fr” pour les entreprises et “http://www.tradonline-cv.com” pour la traduction de CV et lettres de motivation.
Nous avons également lancé un bureau en Italie, fin 2008, dont le site est “http://www.tradonline-italia.it”.

Trad Online compte trois associés à temps plein, une chef de projet, deux apporteurs d’affaires à temps partiel et une petite centaine de traducteurs freelances avec lesquels nous travaillons de manière régulière.
Nous avons le plaisir de travailler avec de nombreux clients dont certains, et nous en sommes fiers, comptent parmi les plus belles réussites entrepreneuriales des années 2000.

- Comment vous est venue l’idée ? Qu’est-ce qui vous a motivé à lancer ce projet ?

Tout d’abord, je pense que j’ai l’esprit « entrepreneur » depuis mon enfance, j’ai commencé très tôt à échanger/vendre divers objets pour pouvoir m’en acheter d’autres (le fameux « radin malin » fier à Priceminister aujourd’hui), puis plus tard, vers 18 ans, ces débuts de “commerçant” m’ont même permis de financer des voyages, notamment en Tunisie.

Ensuite côté langues : j’ai vécu plusieurs années aux Etats-Unis avec mes parents, ma mère est traductrice de métier, ma grand-mère est irlandaise, et j’ai eu la chance de beaucoup voyager jusqu’à l’âge adulte, toutes ces expériences m’ont donné un goût très fort pour les langues et les autres cultures, que j’ai voulu transformer en job étudiant original (faire de la traduction l’été et le soir) ce qui a été le véritable point de départ de Trad Online.

Pour compléter tout ceci, j’ai choisi comme études d’aller à l’ESIEE Management (anciennement ISTM), qui forme entre autres à l’entreprenariat.

- Créer et gérer une entreprise, ce n’est pas si simple. Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un qui se lance dans la création d’une entreprise ?

Je ne peux parler que de mon cas particulier, il me semble qu’il serait un peu ambitieux de ma part de vouloir énoncer des règles générales sur la création d’entreprise.

Cependant, il me semble quand même qu’il faut aimer prendre des risques et travailler de manière autonome pour pouvoir réussir en tant que créateur d’entreprise.

Il me semble également qu’il faut avoir une bonne dose de confiance dans sa capacité à maintenir son business en état de marche, et trouver de nouveaux clients, même lorsque les temps sont durs, et qu’on ne parle plus que de “crise”.

Il faut être vraiment multitâche. La diversité des choses à faire est énorme… énorme mais si motivante…

Pour finir, je crois qu’un bon entrepreneur est aussi quelqu’un(e) qui sait facilement s’adapter à son environnement, aux impondérables et imprévus de tous poils qui apparaissent inévitablement. Le fameux business plan est peut être incontournable mais il faut surtout savoir s’adapter, être souple, tout en gardant un cap à moyen terme.

- Se lancer, oui ! Bien mais on a une vie à côté… avez-vous dû faire des sacrifices pour vous lancer ? En faites-vous toujours actuellement ?

Beaucoup de travail, oui, mais par rapport au salariat on en arrive vite à ne plus considérer le travail comme du travail, mais comme un plaisir.
C’est d’ailleurs un risque car si on n’y prend pas garde, on peut se retrouver à travailler tout le temps. Je me contraints donc à réserver des horaires pour le sport, les sorties, la famille, etc.

De même, il peut être difficile de savoir à l’avance si on pourra prendre des vacances ou partir en week-end.

Mais au final, ce ne sont que les revers d’une médaille qui brille de mille autres avantages qui compensent aisément ces “sacrifices”.

- Concrètement, qu’est-ce que l’entreprise vous a apporté de bien à vous, à titre personnel ?

Je l’ai évoqué précédemment : plus d’autonomie, de liberté, le fait d’avoir de vrais projets à long terme, qui dépendent beaucoup plus de ma propre volonté que de celle d’une hiérarchie pas forcément maîtrisable (je pense au statut de salarié), puis des contacts et des échanges à foison, que je n’aurai jamais imaginés lorsque j’étais salarié, et le développement d’un sens des responsabilités.

- Que recherchez-vous pour votre entreprise à ce jour ?

Qu’elle devienne l’une des premières agences de services linguistiques française, voire européenne, d’ici 5 ans à 10 ans, tant en terme de qualité de services que de CA/rentabilité. Et qu’elle s’ouvre éventuellement à d’autres métiers (communication, webmarketing, etc) mais ça c’est une autre histoire.

- Je vais terminer par une question originale : entreprendre, est-ce pour vous une manière d’exercer des talents artistiques ou est-ce que cela n’a rien à voir avec l’art ?

Effectivement, c’est un rapprochement auquel je n’avais pas pensé mais qui est intéressant.
Je ne saurai me prétendre artiste, mais j’aime beaucoup écouter, et pratiquer, la musique (clarinette lorsque j’étais enfant puis piano et guitare aujourd’hui) et j’adorais le dessin/peinture jusqu’à l’adolescence.

J’ajoute que l’un de mes associés, Vincent, que je considère également comme un entrepreneur, est photographe amateur et prend des photos magnifiques. Nous avons justement offert à nos meilleurs clients en janvier dernier un livre composé de ses photos. Une manière de dire que Trad Online est une aventure humaine

C’est vrai que la plupart des entrepreneurs sont probablement en permanence dans la créativité, quelle que soit l’activité à laquelle ils se livrent, et pour faire un petit jeu de mots, on doit « composer » au quotidien (avec les impondérables et les challenges qui s’imposent à nous), ce en utilisant différents matériaux et médias et en composant avec différents outils (instruments). Un peu comme un chef d’orchestre qui met en musique une composition musicale, mais nécessairement avec une part d’improvisation (la partition de l’entrepreneur n’est pas écrite à l’avance) !

Merci Mathieu pour le partage d’expérience.

Pour contacter Mathieu Marechal :

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