Bonjour Juan,

Entrepreneur à succès, vous venez de créer votre seconde entreprise dans le secteur de l’édition numérique.

Pourriez-vous vous présenter, ainsi que votre entreprise ?

Je m’appelle Juan PIRLOT DE CORBION et je suis le fondateur de YouScribe.com, un site de publication d’écrits numériques.
YouScribe est une start-up lancée en janvier 2011  qui permet aux particuliers et aux professionnels de valoriser, de diffuser, de vendre ou de partager leurs contenus écrits. Et c’est gratuit.
C’est un peu comme un Dailymotion mais dédié aux écrits 100% numériques.

Youscribe

Comment vous est venue l’idée ? Qu’est-ce qui vous a motivé à lancer ce projet ?

Après avoir fondé la librairie chapitre.com en 1996 (spécialisée dans la distribution de livres épuisés et d’occasion) j’avais envie d’opérer une bascule vers le numérique et d’élargir totalement le champ.

D’abord, Internet est un lieu de réseau communautaire, d’échange, de mise en relation, ici en l’occurrence entre ceux qui ont des documents et ceux qui les lisent. Le numérique, allié au réseau Internet, au développement des tablettes, des smartphones, permet une immense liberté de publication et de lecture à tout une série d’acteurs, et pas uniquement à des professionnels confirmés.

De plus, les documents sont disponibles en permanence et on peut les acquérir ou les lire instantanément. Le numérique devrait représenter plus de 10% de parts de marché du secteur professionnel des publications (ce qui est important lorsqu’on lance une entreprise…).
La motivation d’un tel projet est d’offrir le pouvoir de publication à tous, au sens de la capacité de « rendre public ».

Créer et gérer une entreprise, ce n’est pas si simple. Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un qui se lance dans la création d’une entreprise ?

C’est assez simple de créer une entreprise en France et l’innovation est soutenue par les Pouvoirs Publics, davantage d’ailleurs qu’il y a quelques années.

Il faut une bonne idée, c’est-à-dire un service ou un produit que des clients recherchent.
C’est là la difficulté majeure. Cette idée doit être simple et toujours bien rester dans l’axe du service.

Ensuite, développer les ressources internes pour que cette offre soit la meilleure possible, la plus économique ou la plus séduisante possible. Ici, les équipes jouent un rôle essentiel. Quand une équipe est motivée et comprend le service qu’elle rend, l’entreprise va progresser et être capable de s’adapter.

L’adaptation est la clef, en effet, car ce sont les clients qui vont orienter les priorités de l’entreprise. Il convient c’est vrai de savoir développer collectivement de nombreux talents (innovation, capacités de financement, bonne gestion en particulier celle du temps) mais rien ne remplace, je pense, l’écoute des attentes des clients. Et donc la remise en question de ses certitudes.

Se lancer, oui ! Mais on a une vie à côté… avez-vous dû faire des sacrifices pour vous lancer ? En faites-vous toujours actuellement ?

C’est une règle habituellement partagée : la création d’entreprise, surtout quand c’est la première que l’on créée, suppose des sacrifices considérables.

Le temps que l’on dédie moins aux autres, les loisirs que l’on met souvent au deuxième plan, le niveau de rémunération plus faible souvent que dans une vie antérieure, une forme d’obsession de la survie car la PME en démarrage, a fortiori dans un domaine innovant, lutte sans arrêt contre le peu de temps qu’il lui reste à vivre.

Lors d’une deuxième création, on pense souvent que l’expérience de la première entreprise facilite le développement de la suivante. C’est vrai mais sous certains aspects seulement : on identifie davantage et plus vite le core business ; on se trompe moins dans le recrutement et on anime en principe mieux ses équipes. Cependant, le processus d’émergence de la marque, des services, la crédibilité auprès de ses clients ou de sa banque reste un parcours difficile et lent.

Concrètement, qu’est-ce que l’entreprise vous a apporté de bien à vous, à titre personnel ?

L’entreprise apporte toute une série de satisfactions, surtout quand elle aboutit à un succès. D’abord celle, principale, de laisser une trace que l’on espère durable auprès des personnes avec lesquelles vous avez construit le projet. Cette trace pouvant prendre la forme d’une marque reconnue, d’un acquis professionnel, d’une situation stable ou d’amitiés solides quand il s’agit de collaborateurs ou même de partenaires professionnels, et ce y compris ceux avec lesquels vous vous êtes associés.

Que recherchez-vous pour votre entreprise à ce jour ?

Nous cherchons à convaincre le plus grand nombre d’utilisateurs à publier des documents car on oublie toujours que ces documents peuvent avoir une utilité pour les autres et à diffuser cette nouvelle manière de lire, de publier, d’échanger dans tous les pays européens.

Je vais terminer par une question originale : entreprendre, est-ce pour vous une manière d’exercer des talents artistiques ou est-ce que cela n’a rien voir avec l’art ?

Dans le projet d’entreprise (dans les affaires pourrait-on dire), dans la façon de l’exécuter, dans sa quête,  il y a des points communs avec l’art : faire au mieux ce que l’on cherche à faire, chercher une forme de perfection dans le service rendu (dans la chose créée), chercher à faire mieux que ses pairs (ses concurrents) ou ses pères (ceux qui vous avez travaillé avant ou ses modèles). Vous cherchez aussi la réussite économique (un autre point commun paradoxal avec l’artiste). Mais l’art va chercher l’aboutissement de sa quête plus loin que l’entreprise : la beauté, qui se suffit à elle-même.

Merci Juan !

Pour contacter Juan, vous pouvez :

Mettre en favoris et partagerEntreprise»Abonnement