Bonjour Jocelyne Pascarel,

Vous avez créé début 2008 une entreprise qui aide les chefs d’entreprise et les créateurs d’entreprise à gérer leur entreprise.

- Pourriez-vous vous présenter aux lecteurs en quelques phrases, ainsi que votre entreprise ?

Photo de Jocelyne PascarelAutodidacte. Les détails des emplois occupés sont sur le profil Viadéo.

1971 à juin 2003 : Secrétaire de direction, Analyste de crédit, Responsable section recouvrement de créances, Responsable du fichier Bureau des Agréments, Formation, Responsable régionale relations clientèle TPE, PME/PMI, quelques grandes entreprises, et le métier que j’ai préféré : Ingénieure commerciale.

Juillet 2003 à janvier 2006 : pré-retraitée (pour préparer ma retraite)
2006 à 2008 : retraitée dans les Landes (super ……)

Depuis janvier 2008 gérante d’INFORMAT’EV S.A.R.L (un rêve depuis 20 ans) : aider les chefs d’entreprise TPE et les créateurs à bien gérer leur entreprise et les aider à mener à bien leur ambition ou leur rêve : “réussir leur entreprise pour longtemps“. Le secteur d’activité est en Aquitaine.

Particulièrement les artisans qui sont seuls et n’ont pas les moyens de se payer les services d’un conseil. Suppléer le manque de temps de leur banquier ou leur comptable qu’ils solliciteront obligatoirement. Les aider à rédiger les courriers qui leur posent problèmes. Eventuellement effectuer du recouvrement de créances, chez eux afin qu’ils sachent bien que le recouvrement n’est pas un moyen de rompre les relations commerciales : ils ont fait correctement leur travail, le client doit faire le sien : payer ces travaux. Leur apporter mes expériences tout simplement : sans utiliser un langage sophistiqué et grandiloquent.

Parfois ils se laissent impressionner par des personnages peu scrupuleux qui leur vendent des études auxquelles ils ne comprennent rien, il faut que quelqu’un les prémunisse contre ces individus.

- Avant de fonder Informat’ev SARL vous avez occupé de nombreux postes à responsabilités dans des secteurs d’activités très variés. Puis vous êtes partie en retraite. Réalisez-vous aujourd’hui le prolongement logique de votre carrière professionnelle ? Qu’est-ce qui vous a décidé à vous lancer dans cette nouvelle aventure ?

Dans mes différentes vies professionnelles, et surtout la dernière de 1971 à 2003, j’ai appris seule les différents rudiments des métiers que j’ai exercés. Il m’en a pris beaucoup plus de temps que de jeunes diplômés pour apprendre et pour progresser. Il m’a fallu démontrer de quoi j’étais capable.

C’est une des raisons pour lesquelles, je souhaite dispenser mes expériences aux jeunes créateurs et chefs d’entreprise.

L’autre raison, et je peux le dire sans vanité, j’ai une nature généreuse et j’ai envie de donner, d’accompagner, soutenir, de m’investir auprès d’eux. Ce n’est pas l’argent qui me motive, j’ai déjà ma retraite, mais je ne travaillerai pas gratuitement quand même, un peu d’argent déjà pour payer les taxes et ensuite pour me permettre de m’offrir quelques loisirs : peindre, brocantes …

- Vous vous êtes occupée de plus de 2500 TPE pendant votre précédent emploi. Quels besoins et quelles carences de gestion avez-vous identifiés qui vous paraissent communes à chacune ?

En 2006, 256 entreprises ont été créées générant 293 emplois sur 1781 porteurs de projets (14.37 %). Combien en reste-t-il ? Quid des 1525 projets restants ? (cf. maison de la gestion d’entreprises des Landes)

Avant de créer son entreprise, le créateur doit suivre un vrai parcours du combattant, SEUL, afin de constituer son dossier et réunir un maximum de documents. Ensuite, il doit trouver du premier coup l’interlocuteur, et si possible un seul, qui lui permettra de mener à terme son premier objectif administratif : créer une société.

Le créateur est souvent un bon, voire un excellent technicien, mais aussi un gestionnaire peu compétent, même carrément incompétent et peu intéressé par cette activité.

Certains d’entre eux vont obtenir, ensemble ou séparément :

  • une installation dans les pépinières d’entreprise, qui ne sont pas extensibles
  • un appui logistique de courte durée,
  • des formations,
  • des conseils pour faire de beaux tableaux de trésorerie, des bilans et comptes d’exploitation prévisionnels dont ils ne comprennent strictement rien,
  • des aides financières,
  • effectuer des prestations ou des livraisons dans les délais pour ceux qui ont déjà des clients,

Il leur aura fallu, dans un délai très court (moins d’une semaine) ingurgiter une somme incroyable d’informations dont ils ne retiendront pas même l’essentiel de ce qui leur a été prodigué, trop préoccupés qu’ils sont à trouver, en même temps :

  • qui des clients,
  • qui des fournisseurs,

et gérer le banquier qui va, ou ne va pas accepter de financer l’achat de tel ou tel outil, véhicule, matériel indispensable à la bonne marche de l’entreprise.

Après un premier trimestre d’activité, voici quelques cas de figure difficiles à gérer :

  • Le C.A. se développe fortement, il faut investir en matériel et on fait appel à une banque : Pas de bilan, la société est trop jeune, le dirigeant ne sait pas monter un dossier qui convaincra le banquier du bien fondé de sa démarche.
  • Il faut embaucher du personnel pour assumer la surcharge de travail : Difficultés de recrutement et frais supplémentaires, méconnaissance des lois sociales et de leurs conséquences.
  • Le fisc, les organismes sociaux commencent à se faire connaître : Il faut respecter les délais pour effectuer les déclarations, pour payer.
  • Les conseillers ne répondent plus présents (ils ne sont pas en tous cas les payeurs).
  • Le C.A. ne se développe pas comme prévu : pas de rentrées d’argent, dettes à payer, le banquier devient pressant ou “abandonnant”.
  • Il faut licencier, quelles sont les lois, les TPE ont rarement un DRH, un service juridique.

Voici aussi d’autres exemples concrets :

  • Etre dans l’attente du crédit promis et qui ne vient pas. C’est le cas d’un restaurateur d’une Zone de revitalisation rurale qui a attendu 8 mois. Il a tout autofinancé et en fin de compte il a dû déposer le bilan : grâce à mon intervention et au plan de continuation que je leur ai établi et qu’ils ont accepté, ils ont bénéficié d’un plan d’observation de six mois.
  • Ne pas obtenir un petit financement pour acheter un véhicule utilitaire. C’est le cas d’un carreleur qui a été apprenti puis salarié de son patron qui lui cède son affaire pour partir à la retraite : clientèle, matériel, mais le camion doit être changé mais refus du banquier… malgré cela le jeune carreleur s’en sort à force d’heures de travail et un an après, il a le tapis rouge du banquier…

- On dit que les entrepreneurs se trouvent extrêmement seuls quand cela va mal (face à l’adversité). Et même lorsque cela va bien (comment et vers quelles directions croître ?). Et ce même des années après la création. Qu’est-ce que cela vous inspire ? Trouvez-vous les structures d’aide aux entrepreneurs en décalage avec les TPE et les entrepreneurs ?

Il n’existe pas de structures d’aide aux entrepreneurs une fois qu’ils ont créé leur entreprise. Malheureusement ils se reposent trop sur leurs comptables et banquiers pour les aider à gerer leur entreprise.

Cette aide qu’ils attendent d’eux, info ou intox ? Personne ne leur a dit qu’ils seront ainsi lâchés. Personne ne leur explique que pour créer une entreprise il est essentiel, voire indispensable de connaître la gestion, en tout cas le “minimum minimorum“.

Alors ils perdent pied : ils ne savent pas qui contacter. Il suffit souvent de s’y prendre à temps pour qu’ils puissent s’en sortir. Je l’ai experimenté en 32 ans de carrière. Vivre une situation difficile, à la limite du depot de bilan peut avoir des conséquences très graves pour les gens qui gravitent autour de l’entrepreneur.

- Comment vous placez-vous par rapport au marché du coaching ? Peut-on dire que vous êtes coach d’entrepreneur ou ce n’est pas tout à fait le même métier ?

Les entrepreneurs auxquels je souhaite m’adresser, n’ont rien à faire d’un “coach” (nom trop sophistiqué). Mon rôle est plutôt celui d’une personne compétente et disponible sur laquelle les entrepreneurs puissent compter à tout moment , en toute discrétion.

- Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un qui se lance dans la création d’une entreprise ?

Le créateur, doit en toute modestie savoir que même s’il est un bon technicien, voire excellent, il se doit de savoir gérer son entreprise et de ne pas hésiter à obtenir des informations. Et même faire le point avec des compétences sur la situation de son entreprise, avant qu’il ne soit trop tard, même si son entreprise se développe vite car cela aussi peut engendrer des problèmes qu’il devra surmonter.

- Que recherchez-vous principalement pour développer votre entreprise à ce jour ?

Mon activité devra se développer via des supports publicitaires, des contacts avec des banquiers, des pépinières ou maisons d’entreprise, via Viadéo (peut être) et ensuite, j’espère le bouche à oreille. Je n’envisage pas pour le moment d’investir dans un site.

- Je vais terminer par une question originale : entreprendre, est-ce pour vous une manière d’exercer des talents artistiques ou est-ce que cela n’a rien à voir avec l’art ?

Oui s’il s’agit de l’ensemble des règles et techniques d’une activité professionnelle, son savoir-faire, son talent, son habilité, son adresse, l’art de faire passer ses idées. ET SURTOUT L’ART DE REUSSIR DANS TOUS SES DOMAINES.

Merci Jocelyne et bonne continuation à vous.

Pour contacter Jocelyne PASCAREL :

Adresse email : informatev.jpa@orange.fr
Numéro de téléphone : 05 58 08 00 72.
Consultez le profil Viadéo de Jocelyne Pascarel.

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