Bonjour Jean-Michel,

Vous avez créé votre entreprise il y a un peu moins d’un an et pourtant vous avez une solide expérience professionnelle derrière vous !

 

Pourriez-vous vous présenter, ainsi que votre entreprise ?

 

Bonjour, je suis Jean Michel PRUDENT, j’ai 51 ans, je suis originaire de la région Lyonnaise et je suis Créateur Photographique.
Je me suis installé en Meurthe et Moselle, il y a un an et demi et suis devenue auto entrepreneur le 22 juillet 2011. Je travaille seul, à mon domicile.

Je propose mes services de Créateur Photographique aux particuliers, professionnels, institutions et à toute personne ayant un projet photographique.

Mon concept est simple :  faire que mes clients aient entre les mains une œuvre entièrement personnalisée et donc unique. D’où le terme de Créateur Photographique.

 

Comment vous est venue l’idée ? Qu’est-ce qui vous a motivé à lancer ce projet ?

 

L’idée m’est venu par le constat que la photographie en terme de support artistique et culturel n’évoluait pas vraiment.

Elle restait majoritairement figée sur du papier en simple reproduction du regard de l’auteur. C’est bien, mais le spectateur ne pouvait pas s’identifier à elle, car il n’intervenait pas dessus, ci ce n’est dans le choix du cadre qui renfermait l’œuvre.

Puis il y a eu le scrap-booking qui a apporté une note de création par la personnalisation illimitée des albums photos par l’ajout d’innombrables accessoires, achetés ou fabriqués, que l’on colle dessus. On personnalise le support.

Alors pourquoi ne pas aussi personnaliser la photographie ? En faire une œuvre unique, totalement remaniée pour la faire correspondre aux goûts du client. En personnaliser le fond, le cadre, le support, les couleurs, les matières… Chacun de nous adhère entièrement à la personnalisation des intérieurs, des véhicules, du mobilier, pourquoi pas des photographies ???

La motivation de mon projet est double :

  •  C’est avant tout ma passion de la photographie, née en 1980, le jour où mon père m’a prêté son appareil photo un dimanche où je me rendais une exposition canine. Le virus était pris et ne m’a jamais quitté depuis.
  • L’autre motivation était celle de rejoindre ma compagne, puisque nous ne vivions pas ensemble. J’ai donc du même coup quitté un emploi de presque 30 ans qui aurait pu m’amener la retraite, une région, ma famille, mes amis et une vie de « célibataire », pour me retrouver en Lorraine, pacsé et sans emploi avec la ferme intention de devenir chef d’entreprise.

J’ai initié ce projet en 2000, celui de devenir photographe professionnel, mais les cahots de la vie m’ont obligés à  le stopper. J’ai travaillé huit saisons en tant que photographe de mariage pour divers studios, et le fait d’avoir toujours eu des compliments des clients pour qui j’avais œuvré m’a conforté dans l’idée que c’était ma voie.J’apportais du plaisir en me faisant plaisir.

C’était vraiment ma vision du travail. Faire un travail que l’on aime avec lequel on donne du bonheur aux autres.
Donc quand j’ai su que je pouvais choisir d’ être licencié d’un travail qui ne m’apportait plus vraiment de joies, naturellement l’idée a refait surface et tout a été repensé autour d’elle.

 

Créer et gérer une entreprise, ce n’est pas si simple. Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un qui se lance dans la création d’une entreprise ?

 

Mes conseils sont simples et même si je ne les ais pas tous suivi, je vous engage à le faire, vraiment:

  •  Être sûr de sa motivation car la route est longue et consommatrice d’énergie et de moyens
  •  Savoir utiliser tous les moyens d’information pour être sûr de connaître et pouvoir profiter de tout ce qui peut nous aider dans la construction et l’avancement de notre projet.
  •  Être certain d’avoir l’aval, la compréhension et l’appui de son conjoint, éventuellement de ses enfants, pour éviter les déconvenues futures au moment où le projet vous accaparera entièrement.
  •  Prendre le temps de la réflexion, la structurer et essayer de ne rien oublier dans celle-ci
  •  Faire quand cela est possible une réelle étude de marché avant de tout entreprendre, commencer, pour savoir si le projet que l’on a des chances d’aboutir et s’il répond un besoin décelé.
  •  Savoir s’entourer de personnes performantes, même si cela demande certaines fois un investissement. Mieux vaut quelquefois mettre la main au portefeuille que d’attendre et perdre du temps, parce que l’on avait mis ses espoirs dans quelqu’un qui finalement ne saura pas ou ne pourra pas répondre vos exigences. Pendant ce temps la roue tourne et le temps perdu ne se rattrape jamais.
  •  Ne pas s’isoler, pour ne pas se perdre dans ses pensées, ne pas se croire seul face ses problèmes et savoir que quelque part quelqu’un d’autre est certainement en train de vivre la même chose, pour pouvoir profiter des retours d’expériences des autres.
  • Accepter de se faire accompagner et « manager » sans jamais perdre de vue son objectif initial.
  • Ne négliger aucune piste, information, conseil, être l’écoute.
  • Utiliser les réseaux, tous les réseaux. Et si comme moi vous n’en avez pas, ne pas attendre pour s’exposer et se faire connaître, sortir et se montrer, car si l’on ne nous connait pas, qui fera appel nous.

Cette liste n’est en aucun cas exhaustive, ces conseils font partie de mon expérience. Juste la mienne.

 

Se lancer, oui ! Mais on a une vie à côté… Avez-vous dû faire des sacrifices pour vous lancer ? En faites-vous toujours actuellement ?

 

Oui j’ai du faire des sacrifices. Enfin sacrifices est peut être un bien grand mot, choix serait peut être plus adapté, puisque c’est à la base un choix personnel destiné réunir deux projets, un professionnel et un de vie commune.

J’ai sacrifié la sécurité de mon emploi et les revenus qui en découlaient.
J’ai sacrifié ma famille, car mon fils avec qui je vivais n’a, finalement, pas accepté de me suivre.
J’ai laissé sur place toute ma famille et mes amis.

A plus de 50 ans j’ai pris le risque de tout recommencer car je croyais en mon projet.

Aujourd’hui, je fais d’autres sacrifices, au quotidien, car je n’ai aucun revenu découlant de mon activité. Nous ne vivons que sur le salaire de ma compagne. Je sacrifie aussi du temps, celui que nous pourrions passer ensemble. Mais nous le savions elle et moi et c’est parce que j’ai son soutien que cela est possible. Nous sacrifions, notre temps libre, nos loisirs, nos envies et nos besoins que nous minimisons.

Le dernier sacrifice, pour ma part est le sommeil. Car les journées sont si courtes, qu’il faut trouver des solutions pour se dégager du temps. Pour ma part je le dégage sur le sommeil.

 

Concrètement, qu’est-ce que l’entreprise vous a apporté de bien à vous, à titre personnel ?

 

L’entreprise m’a apporté la preuve que je pouvais moi-même entreprendre quelque chose. Que j’en étais capable.
L’entreprise m’a apporté l’indépendance et la possibilité de faire un métier que j’aime.

Cela m’a prouvé également que vouloir et pouvoir ne sont pas si éloignés si l’on accepte de s’en donner les moyens.
Cela m’a prouvé aussi que nous portons en nous des ressources insoupçonnées que nous utilisons rarement pour les autres, quand on est salarié.

Cela m’a prouvé finalement que j’aurais du le faire beaucoup plus tôt, car c’est une aventure part entière. Avec ses joies, ses déconvenues, ses peurs, ses craintes, ses appréhensions, ses efforts, ses échecs, ses rencontres… cela ressemble étrangement la vie, non ?

 

Que recherchez-vous pour votre entreprise à ce jour ?

 

Ce que je recherche aujourd’hui pour mon entreprise est primordialement des clients. Car sans eux,  il n’y a pas d’entreprise.
Ce sont eux qui me permettront de me développer et d’atteindre mon autre objectif :  passer en société et avoir pignon sur rue.

 

 Je vais terminer par une question originale : entreprendre, est-ce pour vous une manière d’exercer des talents artistiques ou est-ce que cela n’a rien voir avec l’art ?

 

Pour ma part, bien sûr, oui entreprendre est une manière d’exercer des talents artistiques, puisque c’est l’essence même de mon métier.Mais je pouvais exercer ce talent aussi sans entreprendre.

Fondamentalement, si entreprendre a le sens de créer une entreprise, cela n’est pas du tout artistique. C’est tout fait factuel. Toutes les entreprises sont fondées sur les mêmes bases et répondent aux mêmes règles, générer du chiffre et du profit.
Est- ce que cela est artistique ? Je ne le pense pas.

Merci Jean-Michel !

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