Bonjour Louis-Marie,

Vous avez mis à profit votre expérience en tant que salarié pour lancer votre activité et faire le lien entre les entreprises françaises et les entreprises bulgares.

Pourriez-vous vous présenter, ainsi que votre entreprise ?

Je m’appelle Louis-Marie Espinasse, je suis ingénieur de formation.

J’ai créé mon entreprise pour aider les entreprises françaises à trouver et avoir des relations durables avec des fournisseurs et des sous-traitants en Bulgarie.

Comment vous est venue l’idée ? Qu’est-ce qui vous a motivé à lancer ce projet ?

Passionné par la production industrielle et l’international, j’ai tout fait pour lier les deux dès le début de ma carrière. Je me suis donc retrouvé ingénieur de production pour un sous-traitant automobile français (Montupet) en Bulgarie pendant 2 ans.

J’avais aussi eu une superbe expérience dans un grand cabinet parisien de conseil Achats (Ayming), alors certaines choses m’ont sauté aux yeux :

  • Les entreprises françaises cherchent toujours à améliorer leur compétitivité, mais beaucoup d’entre-elles n’osent pas encore se tourner vers l’international.
  • De leur côté, les entreprises bulgares peinent à s’exporter malgré de bonnes compétences techniques.

Il fallait absolument que je fasse le pont entre les deux. J’ai pour conviction profonde que la sous-traitance industrielle bien équilibrée est source de production de valeur pour le fournisseur ET pour le commanditaire. L’international n’est pas une menace mais une opportunité. Si les grandes entreprises ont des services dédiés à ce genre de démarche, les TPE et les PME ont encore beaucoup de mal à franchir le pas.

Fournisseurs et sous-traitants Bulgarie

Créer et gérer une entreprise, ce n’est pas si simple. Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un qui se lance dans la création d’une entreprise ?

Je pense au contraire que créer une entreprise est simple, surtout depuis que le statut d’auto-entrepreneur existe. Bloquer là-dessus c’est se concentrer sur le mauvais problème. Le plus important c’est d’avoir des clients et de vendre.

Alors ce n’est peut-être pas le meilleur statut sur le long terme car il limite l’investissement, mais vous aurez toujours loisir de peaufiner les détails lorsque votre entreprise sera lancée. De plus c’est une super école pour chercher des solutions alternatives : si vous vendez un produit manufacturé, avez-vous vraiment besoin de prendre un emprunt pour acheter un local et des machines ? Ne pouvez-vous pas simplement sous-traiter la production le temps de tester votre marché ?

Même si notre entreprise ne fonctionne pas, vous aurez démystifié l’entrepreneuriat et c’est très important. Ça évite les regrets et les fantasmes du salarié qui s’ennuie à son travail « alors qu’il a plein d’idées qui révolutionneraient le monde ».

Se lancer, oui ! Mais on a une vie à côté… avez-vous dû faire des sacrifices pour vous lancer ? En faites-vous toujours actuellement ?

J’en ai fait mais ce n’est pas un passage obligatoire. J’ai démarré mon entreprise après avoir démissionné de mon travail ce qui imposait de vivre plusieurs mois sur mes maigres réserves. Je suis convaincu qu’on peut débuter une entreprise en parallèle d’un emploi salarié et passer à plein temps sur l’entrepreneuriat que lorsque ce dernier génère assez de revenus.

Je risque de mettre encore pas mal de temps avant de rattraper le niveau de salaire d’un ingénieur expatrié, mais chaque jour, je crée de l’argent qui n’existerait pas sans moi et c’est un sentiment extraordinaire.

Concrètement, qu’est-ce que l’entreprise vous a apporté de bien à vous, à titre personnel ?

En premier lieu, une vision beaucoup plus globale. J’ai compris l’intérêt de chaque poste dans les entreprises alors que j’avais tendance à les hiérarchiser selon mes intérêts en tant que salarié.

C’est aussi une liberté incroyable et la possibilité de faire face à une dure réalité super motivante : si votre entreprise ne dégage pas d’argent ce n’est pas de la faute des autres, du marché, du fournisseur, du client, etc. Vous n’êtes juste pas assez bon. Revenir à ces bases est très sain.

Que recherchez-vous pour votre entreprise à ce jour ?

Je suis encore dans une phase de prospection clients dans le but de servir la croissance de mon entreprise.

Je vais terminer par une question originale : entreprendre, est-ce pour vous une manière d’exercer des talents artistiques ou est-ce que cela n’a rien à voir avec l’art ?

L’art évoque quelque chose d’émotionnel, de pas rationnel. Je ne le nie pas, mais ce que je ressens est plus de l’ordre de l’aventure. En partant de rien, je découvre des choses qui m’étaient inconnues, je les comprends puis les maîtrise. C’est un processus d’acquisition qui me fascine.

Merci Louis-Marie !

Pour contacter Louis-Marie, vous pouvez :

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