Ils sont quatre, ils sont jeunes,  ils sont ultra-motivés et ils se lancent dans une aventure un peu folle puisqu’ils veulent créer un tout nouveau média en ligne, Le Zéphyr.

Pour financer leur projet, ils viennent d’ouvrir une campagne de récolte de fonds sur un site de financement participatif (voir ici). Cette façon de procéder est en adéquation avec l’ADN de leur webzine puisque le lecteur sera impliqué concrètement dans sa démarche éditoriale.

Interview de Jérémy Felkowski, l’un des 4 fondateurs du Zéphyr.

Création nouveau média en ligne

Pourriez-vous vous présenter, ainsi que votre entreprise, en quelques mots ?

Jérémy Felkowski, un des co-fondateurs du ZéphyrJe suis journaliste depuis une petite dizaine d’années. Durant mon parcours, j’ai notamment fondé Russiactu’, un pureplayer dédié à l’actualité de la Russie et de son proche étranger, contribué à l’émergence de projets éditoriaux tels que The Dissident, et travaillé au sein d’Animafac, un réseau national d’associations étudiantes et principal porte-voix des initiatives jeunes en France.

Je suis l’un des quatre fondateurs du Zéphyr, un média en ligne dédié au reportage, au récit et aux entretiens qui verra bientôt le jour.

Le Zéphyr proposera au public une revue d’actualité originale, décalée et, parfois, surprenante. Loin du buzz et de l’instantanéité d’une info souvent indigeste, ce site prendra le recul nécessaire à l’analyse, la compréhension et au débat.

Notre équipe entend également placer la public au cœur de sa démarche en l’impliquant concrètement dans le processus éditorial. Qu’il s’agisse d’une rubrique dédiée, d’un débat ou de productions réalisées au côté de journalistes professionnels, les lecteurs auront la possibilité de prendre part au développement du Zéphyr.

Qu’est-ce qui vous a motivé à lancer ce projet ?

Lorsque l’on nous parle de médias et d’information, nous entendons tout d’abord le mot « Démocratie ». C’est donc une envie qui nous a poussés à agir ! Une envie débordante de nous mêler au débat, d’apporter notre pierre à l’édifice et de répondre à des questions qui semblaient négligées.

  • Quelle place pour les citoyens dans le monde de l’information en 2015 ?
  • Quelle réponse apporter à la crise de confiance dont souffrent les médias ?
  •  Quelles limites peut-on encore franchir dans l’innovation et le traitement de l’information sur le web ?

Nous avions vraiment à cœur de porter des idées qui ne seraient forgées ni par une étude marketing ni par une tendance en vogue mais par des considérations plus concrètes.

Bénéficiez-vous d’un accompagnement ?

Bien que nous soyons ouverts aux contributions et aux conseils, nous avançons seuls pour le moment. Nous sommes une petite équipe et chacun de nous a su apporter son vécu, ses compétences et ses convictions pour enrichir le concept.

Durant les premiers mois de notre activité, nous avons cependant interrogé plus de 200 personnes. Leurs témoignages, leurs critiques des médias, leurs requêtes et leurs questions nous ont permis d’enrichir notre démarche. Et c’est riches de ces nombreux avis que nous avons dessiné les premières esquisses du site.

Est-ce que ce n’est pas un peu risqué de créer un nouveau média ? Comment allez-vous procéder pour être visible ?

Il est bien plus risqué de rester assis à ne rien faire. La détermination et l’envie d’agir ne sont pas affaire de calcul de risque.

Bien sûr, si l’on résume la situation actuelle sous le seul filtre de la crise économique, créer un nouveau média a tout de la mission impossible. Mais cette crise n’est rien au regard de la nécessité d’innover et des innombrables perspectives humaines et techniques qui sont à la disposition des porteurs de projet. Nous sommes à une époque charnière. Une époque où un modèle usé cèdera sa place au profit de conceptions nouvelles, participatives, transversales et multi support.

Notre visibilité viendra du cœur de notre philosophie et de notre envie d’aller vers l’autre. Nous n’entendons pas rester cloîtrés dans une rédaction en regardant de loin le public. Comme je l’évoquais plus haut, nous allons impliquer nos lecteurs dans notre production. Mais pas seulement… Nous irons à leur rencontre lors d’événements variés.

Un tout premier apéro-débat aura notamment lieu le 8 avril prochain à Paris. Il sera centré sur les nouvelles formes éditoriales en ligne et permettra aux jeunes porteurs de projets de discuter avec les esprits curieux qui se seront aventurés dans le 13ème arrondissement. D’autres événements suivront au fil des semaines.

Mais au-delà de ces projets événementiels, nous sommes intimement persuadés que la légitimité d’une rédaction découle naturellement de la qualité et de l’originalité de ses productions. Et que de cette légitimité vient une partie importante de sa visibilité.

Comment financez-vous la création de votre média ? Et quel va être ensuite votre business model ?

Difficile, lorsque l’on ne porte aucun patronyme célèbre ou que l’on ne peut s’appuyer sur aucun groupe industriel, de financer confortablement un projet. Nombre de jeunes entrepreneurs sont dans une situation comparable et beaucoup répondent par un même outil : le crowdfunding.

Bien qu’il ne constitue pas un modèle économique en soi, le financement participatif est un bon moyen de démarrer tout en sensibilisant le public à une démarche. Nous avons donc sollicité l’aide des internautes au travers d’une campagne sur le site ULULE. Notre objectif : récolter les fonds nécessaires à la construction du site du Zéphyr.

Au-delà de cette étape, le Zéphyr fonctionnera sous la formule dite du Freemium. Une partie du site, gratuite, offrira au public des reportages au long cours, des décryptages, des débats participatifs et des chroniques de qualité. Une seconde partie, sur abonnement, se déploiera sous la forme d’un véritable magazine trimestriel en ligne avec un dossier thématique, une très belle interview ainsi qu’un feuilleton littéraire. Le tout, servi par une ergonomie tout à fait inédite.

A titre personnel, que vous apporte la réalisation de ce projet ?

Cette réalisation me permet d’appliquer des principes et une philosophie qui me semblent nécessaires et qui m’accompagnent depuis près de dix ans. Remettre à plat la gouvernance d’une rédaction, repenser le rapport du journaliste au public, laisser s’exprimer les potentiels et les envies sans les enfermer derrière un style ou une nomenclature… Je conçois ce média comme un véritable laboratoire éditorial.

Ce projet intervient également dans une période où les tumultes financiers masquent énormément de perspectives positives. Partout en France, en Europe et dans le monde, des équipes se constituent et font émerger des concepts puissants. Je suis intimement convaincu que nous allons vers un nouvel âge d’or des médias et que, malgré les plus sombres présages, le journalisme se relèvera et prendra réellement la mesure du potentiel du web.

Pour moi, le Zéphyr est un moyen de faire bouger les lignes, de contredire quelques certitudes. C’est une contribution au débat qui s’installe progressivement ; un débat porté par une nouvelle génération de professionnels et d’amateurs et qui marquera profondément l’évolution des médias.

Merci Jérémy  et bonne chance pour votre projet !

Et vous, qu’en pensez-vous ?

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