Jean-Marie Santander : Entreprendre dans les énergies renouvelablesJean-Marie Santander est le fondateur et le PDG de Global EcoPower, une société spécialisée dans les énergies renouvelables qui emploie une dizaine de salariés.

Malgré ses précédentes réussites (son ancienne société, Theolia, est cotée en bourse), il témoigne de la difficulté d’entreprendre dans ce secteur porteur.

Pourtant, le potentiel est là : en 2013, sa société a réalisé plus de 12 millions d’euros de chiffre d’affaires mais uniquement grâce à l’export (100 % de son CA) vers l’Allemagne. Et l’Agence internationale de l’Énergie estime que la production d’énergie à partir des renouvelables atteindra 65 % en 2050 (en 2011, elle était seulement de 20 %).

Son constat : en France, l’énergie renouvelable n’est pas une priorité.

Découvrez l’interview de cet entrepreneur passionné.

Créer une entreprise dans les énergies renouvelables : pas si simple en France

Pourriez-vous vous présenter, ainsi que votre entreprise, en quelques mots ?

Global EcoPower est un constructeur « clés en mains » de centrales autonomes de production d’électricité mettant en œuvre des énergies renouvelables, et notamment éoliennes et photovoltaïques.

Global EcoPower envisage désormais d’être également producteur d’électricité verte en France et dans certains États-membres de la communauté européenne.

D’où est venue l’idée et qu’est-ce qui vous a motivé à monter ce projet ?

J’ai créé Global EcoPower avec d’autres co-fondateurs qui m’ont suivi lorsque j’ai démissionné de mes fonctions de Président-Directeur-Général de Theolia.

Global EcoPower est une suite logique de la démission des principaux collaborateurs de Theolia. L’idée initiale devait démontrer qu’il était possible d’associer économie et écologie. C’était mon pari!

Nous étions en 2002 et l’écologie était un tabou. Etre écologiste faisait plus penser à un « baba cool » qu’à un chef d’entreprise qui a coté sa société à la bourse et qui a intégré le célèbre indice SBF 120 (les 120 premières sociétés françaises cotées) en tout juste 27 mois, fait unique en France.

Fonder une société spécialisée dans les énergies renouvelables aujourd’hui en France, est-ce que cela ne ressemble pas au départ à une mission impossible? Comment avez-vous procédé par exemple pour convaincre des investisseurs de vous suivre ?

Oui, c’était une mission impossible particulièrement dans les énergies renouvelables et en période de crise financière. Les investisseurs qui participent au capital sont des investisseurs qui nous connaissent depuis 2004, même si Global EcoPower a été créée en 2009.

Créer une société c’est déjà une passion. Mais créer dans le renouvelable, dans un secteur fortement capitalistique, c’est très difficile. Mais le monde des énergies renouvelables, c’est mon ADN. C’est un monde que nous connaissons bien et les principaux acteurs nous connaissent bien également.

Qu’est-ce qui vous a semblé le plus difficile ?

Évoluer dans un monde en pleine crise financière. Pour tout le monde l’essentiel n’est pas dans le renouvelable. Chacun est confronté à ses difficultés qui se renforcent avec la crise économique. Le renouvelable, ils y pensent après.

Mais depuis 2009, la situation semble s’arranger progressivement.

Aujourd’hui les énergies renouvelables ne sont plus à la mode. On est entré dans le monde du numérique et du digital.

D’après vous, quelles mesures favoriseraient l’entrepreneuriat dans le secteur de l’écologie et des énergies propres ? Et celles qui pourraient vous aider à développer votre business ?

Indiscutablement, la mise en place de dispositifs financiers pour aider de petites structures indépendantes comme nous à vivre et à se développer.

L’Agence Internationale de l’Energie anticipe une production de 65% à partir des renouvelables à l’horizon 2050. Contre 20% en 2011. Un marché gigantesque et essentiel ! Et que font nos instances pour soutenir de petites structures comme nous en attendant ! Je vous laisse deviner.

Sachez que pour l’exercice 2013 nous avons fait plus de 12 millions de chiffre d’affaires et que nous avons tout vendu (100% de notre chiffre d’affaires) à des allemands ! Les allemands lèvent les fonds en Allemagne auprès de particuliers et viennent produire de l’électricité en France, engrangeant ainsi les mesures de soutien de la filière éolienne.

Personne ne nous a contacté lorsque nous avons publié que nous faisions 100% de notre chiffre d’affaires à l’export, qui plus est en Allemagne, le « bon élève» européen.

Merci Jean-Marie !

Et vous, que pensez-vous des difficultés rencontrées pour entreprendre dans le secteur des énergies renouvelables ?

 Crédit photo : Shutterstock.com
Mettre en favoris et partagerEntreprise»Abonnement