Les femmes sont des “créateurs” d’entreprise comme les autres ! Elles mûrissent leur projet et quand elles se lancent, elles sont motivées, volontaires et dynamiques. Bref : elles croient en leur entreprise.

Stéphanie Barnier est une porteuse de projet de 25 ans qui a hâte de lancer son activité en communication à la fin du mois d’avril prochain. Elle partage d’ailleurs son expérience sur son blog.  Elle témoigne de son parcours de future entrepreneure,de la façon dont elle s’y prend pour se faire connaître et de l’entrepreneuriat en France.

Cette interview est réalisée à l’occasion de la semaine Entreprendre au Féminin du 10 au 17 février 2015 sur Gautier-Girard.com. 

Stéphanie Barnier, entreprise de communication

Pourriez-vous vous présenter, ainsi que votre entreprise, en quelques mots ?

Stéphanie BARNIER, 25 ans, je vis en région parisienne, en Seine et marne.

J’y entreprends la création d’une entreprise dans le conseil en communication à destination des très petites entreprises, créateurs et associations.

Ma mission est de soutenir l’initiative entrepreneuriale, qu’elle soit marchande ou associative, car il s’agit pour nombre d’entrepreneurs, de véritables projets de vie. Mon rôle est de participer de leur pérennisation.

Pour ce faire, je les aide à définir, à prendre et à conserver la place qui est la leur, en accompagnant leur développement par une communication sur-mesure.

A quel stade en êtes-vous de votre projet de création ? Qu’est-ce qui vous a donné le déclic et l’envie de vous lancer ?

J’en suis à l’étude terrain de mon étude de marché. Je m’entretiens actuellement avec des dirigeants et créateurs afin d’affiner ma connaissance de leurs problématiques de communication.

J’ai toujours eu l’envie d’entreprendre. J’aime prendre des initiatives, monter une équipe, gérer les projets et leurs aléas. J’ai toujours des tas d’idées. J’aimerais pouvoir toutes les mener de front. Je n’ai pas peur de me lancer. A mes yeux, ce sont les obstacles qui forgent l’expérience et l’expérience s’acquiert aussi en prenant des risques.

J’ai finalement eu le déclic l’année dernière. Après une épreuve personnelle ayant remis beaucoup de choses en question, ainsi que des déceptions professionnelles successives. Je me suis dit qu’il était temps de me lancer. Que je n’avais rien à perdre et que la vie n’attend pas.

Êtes-vous aidée par des réseaux de femmes entrepreneures ou par d’autres structures d’accompagnement ?

Pas pour le moment, mais c’est quelque chose que j’envisage à court terme.

J’avais besoin de me laisser du temps afin de bien murir mon projet, d’en poser des bases solides, dans mon coin. Je ne voulais être influencée d’aucune part.

Je mène de nombreux aspects de la création de front et j’approche à grand pas du lancement. Je pense qu’il est nécessaire à ce stade de me faire accompagner, afin de pouvoir rectifier la donne si besoin.

Néanmoins, je consulte régulièrement les sites Internet d’aide et d’accompagnement à la création, la presse et la librairie spécialisée. Je reçois des conseils de la part de mon réseau également. Je ne me suis pas lancée à l’aveugle. J’aime prendre des risques, mais des risques évalués.

Par rapport à votre ressenti, est-ce que cela vous semble difficile d’entreprendre en France ? Qu’est-ce qui pourrait être amélioré ?

Je ne pourrais pas vous dire… C’est la première fois que je me lance et à ce stade de la création, je n’ai pas trouvé cela difficile. Cependant, j’ai dans mon entourage des personnes ayant entrepris et leurs retours d’expérience ne me semblent ni positifs ni négatifs.

J’ai également lu des études récentes portant sur la question : il est vrai que de nombreux dirigeants semblent mitigés à ce sujet. J’imagine que cela dépend notamment du degré de formation à la gestion d’entreprise dont bénéficient ces dirigeants, en plus d’un contexte particulièrement complexe.

La France est des plus dynamiques en ce qui concerne l’entrepreneuriat, néanmoins cette culture est récente. Les écoles et universités ont commencé il y a à peine deux ou trois ans à généraliser les cursus spécialisés dans l’entrepreneuriat ; les formations proposées par les institutions (CCI, notamment) semblent encore trop superficielles aux dires de certains.

La création du statut d’auto-entrepreneur, par exemple, a impulsé une dynamique forte du taux des créations, avec à leur tête des profils parfois très éloignés de celui de gestionnaire.

Dans les années à venir, les choses apparaîtront peut-être plus « simples », parce que les futur(e)s dirigeant(e)s auront un bagage plus complet, plus axé sur la pratique, mais prenant appui sur une réflexion autour d’enjeux stratégiques. L’accompagnement devra être renforcé afin de pallier à ces manques, qui contribuent encore à la « mort » d’une entreprise sur deux au bout de trois à cinq ans.

Le lancement de votre entreprise n’est pas encore effectif et vous êtes pourtant déjà très active sur le web (blog, forum, réseaux sociaux…). Pourquoi cette stratégie ?

D’une part, je suis impatiente de lancer mon activité. L’étude de marché et la préparation du projet sont des activités très chronophages, car ce sont beaucoup de chiffres et de données à collecter et analyser et je ne suis pas encore dans le « vif » du sujet. Mais ce sont des étapes nécessaires. Il m’arrive de me sentir seule et je trouve un certain soutien auprès des autres entrepreneurs, sur le web.

D’autre part, j’avais besoin et envie d’entrer en contact avec d’autres entrepreneurs, afin de profiter de leurs retours d’expérience. Comme pour me préparer psychologiquement. Mais aussi afin d’affiner ma connaissance de leurs problématiques.

En ce qui concerne le blog, j’ai toujours des idées d’articles qui me viennent. Je me suis dit qu’il n’y avait pas de raison pour ne pas reprendre la rédaction dès maintenant. Je trouve cela intéressant, car écrire me permet de partager et de m’adapter aux exigences de mes lecteurs grâce à leurs retours.

Pour ce qui est des réseaux sociaux, je publie des articles, ceux du blog entre autres et des vidéos en lien avec les sujets que je propose sur le blog, ou qui me touchent tout simplement. Je pense que ce qui m’intéresse en tant qu’entrepreneure et pas seulement à titre de communicante est susceptible d’intéresser les autres, donc je m’habitue à partager ce contenu.

Enfin, tout cela me permet de prendre mes marques sur le web en tant qu’entrepreneure et non plus seulement comme internaute. Je dois construire mon image, montrer et rassurer sur mes compétences. C’est ce que je souhaite véhiculer via mon blog également. Je ferai bientôt du conseil en communication, néanmoins, même si je suis en mesure de préconiser tel ou tel dispositif, je pense que le meilleur moyen de convaincre est de montrer comment on y parvient soi-même. D’autant plus lorsqu’il s’agit, pour les structures que je vise, de communiquer avec de faibles budgets.

Avez-vous déjà commencé à prospecter ?

Non, pas encore. Ce qui me préoccupe pour le moment c’est de terminer une à une les étapes liées à la création de l’entreprise. Ensuite, lorsque j’entrerai en phase de « lancement », je vais m’y affairer plus strictement. J’ai cependant déjà commencé à réfléchir à mon plan de prospection.

Quel est votre état d’esprit à ce jour ? Quand le lancement « officiel » de votre entreprise est-il prévu ?

Je suis impatiente de commencer, stressée, fatiguée mais heureuse ! Je ne me suis jamais sentie aussi épanouie dans le travail. A ce stade de cette aventure dans l’entrepreneuriat, je pense qu’être entrepreneur c’est se remettre quotidiennement en question. Chaque décision me semble être un coup de poker, mais c’est cela qui me plaît en même temps.

Le lancement est prévu pour fin avril 2015.

Merci Stéphanie !

Et vous, qu’en pensez-vous ?

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