Comment réussir à dégager de la trésorerie pour rebondir et continuer à développer son entreprise ? Quelles sont les orientations stratégiques à prendre et les actions concrètes à mener ?

Mathieu Perhirin est le dirigeant de Dezkemm, une entreprise spécialisée dans l’accompagnement des dirigeants d’entreprise. Ce”bras droit” des entrepreneurs vous donne des conseils pour trouver des solutions afin de vous adapter au contexte actuel.

Cette interview est réalisée à l’occasion de la Semaine Pilotez votre entreprise comme un pro ! du 20 au 27 janvier 2015 sur Gautier-Girard.com

Mathieu Perhirin, dirigeant Dezkemm

 Pourriez-vous vous présenter, ainsi que votre entreprise, en quelques mots ?

Je suis Mathieu PERHIRIN, dirigeant de Dezkemm. Je propose des services d’accompagnement aux dirigeants d’entreprises. Un patron de TPE ou de PME n’a pas assez de temps pour tout faire. Je lui facilite la vie pour qu’il se consacre à son métier.

J’accompagne les entrepreneurs (création, développement, perte de vitesse) en travaillant sur leurs besoins (personnels et professionnels) tout en tenant compte du marché. Je me suis entouré d’un réseau de partenaires (graphiste, webmaster, assurance, comptable, social, banque) afin qu’ils ne perdent pas de temps et qu’ils soient plus sereins.

J’aide donc le dirigeant à avoir du résultat par la gestion en lui proposant des services opérationnels sur-mesure. (Prévisionnel de début d’exercice ou pour un investissement, Suivi de la trésorerie, Rentabilité d’une activité, Analyse des réductions, Amélioration de la marge, Repositionnement des tarifs, Optimisation du résultat, Economies sur les charges, Choix dans la communication, Coût d’un salarié)

En ces temps difficiles, beaucoup d’entrepreneurs estiment que si leurs affaires ne marchent pas, « c’est la faute de la crise ». Partagez-vous cette analyse ?

La situation économique n’est pas au mieux. En effet, nous sommes dans une période de mutation où le consommateur fait de plus en plus des achats réfléchis. En tant que clients, nous avons tout les outils pour comparer les prix rapidement, pour connaître les avis des autres clients. Ça va très vite. Il faut s’adapter à ce changement.

Les TPE ont un gros avantage sur les grosses entreprises. Elles sont souples, rapides et peuvent favoriser le service et le conseil apportés au client. Elles ont tout pour réussir mais n’osent pas franchir le pas.

Il faut savoir qu’une entreprise perd 10% de sa clientèle tous les ans. Si l’entrepreneur se laisse dépasser, la trésorerie peut vite baisser. Il faut savoir investir dans les bons outils et bien s’entourer.

La trésorerie est le point essentiel de l’entreprise. Beaucoup bradent les prix en pensant que ça va améliorer les choses. Mais le client à une sensation d’avoir un produit/service au rabais et qu’il se fait avoir. Qui irait se faire couper les cheveux pour moins de 10 € ?

Il faut vendre moins mais mieux : meilleure qualité, bons conseils, service après-ventes. C’est toujours plus agréable d’acheter à un commerçant qui peut vous raconter une histoire sur son produit. C’est sa valeur ajoutée. Il n’y a pas que les grosses sociétés qui ont le droit de faire rêver le consommateur.

Vous estimez que les créateurs d’entreprises et les dirigeants de TPE oublient trop souvent la notion de « reste à vivre » quand ils fixent leurs tarifs. Pouvez-vous expliquer à quoi cela correspond ?

Le « reste à vivre » est une notion importante pour les banquiers. C’est la part des revenus qui sont incompressibles (Electricité, logement, nourriture, scolarité,…).

La rémunération du dirigeant doit pouvoir permettre de payer les charges du foyer.

Une fois le reste à vivre du foyer déterminé, il faut calculer le seuil de rentabilité à atteindre pour pouvoir payer la rémunération et les charges sociales (45% de la rémunération).

Ensuite, en calculant le nombre de jours de travail, on trouve le tarif journalier ou à l’heure. Un comparatif avec les prix pratiqués sur le marché permet de déterminer si l’activité est viable ou non. Ce travail permet aussi de déterminer le meilleur statut juridique et social.

Pouvez-vous nous donner des exemples d’actions concrètes qui peuvent aider une entreprise à rebondir en dégageant de la trésorerie ?

Les dirigeants ont souvent les clés en mains mais n’osent pas franchir le pas.

Activités :

Une analyse de rentabilité par activité peut permettre de délaisser des activités qui plombent la trésorerie ou qui sont trop risquées.

Les clients :

En mettant en place un tableau de suivi du chiffre d’affaires mensuel, il est possible de mettre en place une organisation pour récupérer l’argent plus rapidement.
De plus, il existe des solutions bancaires pour prélever l’argent sur le compte du client qui permettent de valider si le client est solvable.

Les fournisseurs :

En récupérant l’argent rapidement avec les clients et en négociant des délais avec certains fournisseurs, cela peut créer un écart de trésorerie suffisant pour relancer l’activité.

Les prestataires :

Après une étude des différentes charges, il y a possibilité de réaliser des économies (assurance, banque, comptable, téléphone,…).

Étalement des dettes :

Il y a possibilité d’avoir des délais de paiement pour les dettes fiscales et sociales (il faut faire un dossier CCSF). L’étalement peut aller jusqu’à 2 ans.

D’après votre expérience, est-ce que les dirigeants acceptent facilement de remettre en cause leur gestion de l’entreprise ?

Non, car il faut accepter de ne pas pouvoir tout faire tout seul. Se remettre en cause n’est facile pour personne mais le fait de choisir de se faire accompagner est déjà une grande étape de franchie. Le fait de s’accorder du temps pour réfléchir avec un professionnel permet de sortir la tête de l’eau et d’être plus serein. Après avoir testé, la majorité des dirigeants disent qu’ils auraient du le faire avant.

Le contrôle de gestion est très utilisé dans les grandes entreprises mais la majorité des entreprises n’a pas le temps ni l’argent pour payer un salarié pour le faire. La solution est de faire appel à un conseiller qui va estimer les besoins et va venir partager du temps pour écouter les problématiques du dirigeant. Certaines questions vont être réglées rapidement. C’est un investissement pour l’avenir.

Merci Mathieu !

Et vous, qu’en pensez-vous ?

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