Bonjour Clément,

Vous avez co-fondé une société qui aide les porteurs de projets à se lancer en trouvant le bon associé.

Pourriez-vous vous présenter, ainsi que votre entreprise ?

C’est demandé si gentiment ! Clément Lafargue, 23 ans, et créateur compulsif…

J’ai commencé à goûter à l’entrepreneuriat à 16 ans, apprenant la programmation sur internet pour créer un jeu en ligne multijoueurs, rassemblant dans sa belle époque jusqu’à 60.000 joueurs.

Adepte de l’autofinancement, je me servis des fonds générés afin d’ouvrir ma première véritable société en 2010, une des premières SARL Françaises à commercialiser des cigarettes électroniques. Hésitant entre mes études et le développement de cette dernière, je l’abandonnais au profit d’une année d’université en Droit, au bout de 2 ans de commercialisation, avec une SARL Parisienne et une SARL à Genève : malheureusement, quelques mois plus tard, le produit fit bien évidemment un tabac et je me mordais les doigts…

Un an plus tard, la passion d’entreprendre me démangeant encore et toujours, je me servis de mes derniers fonds pour accéder à l’incubateur de la Chambre de Commerce de Paris afin de lancer ma toute nouvelle idée, fin 2013, Meet & Start : une plateforme pour rencontrer son associé idéal dans le but de créer, développer ou reprendre une entreprise.

Un questionnaire, construit par des entrepreneurs, chasseurs de têtes, psychologues et coachs entrepreneuriaux, va définir à la fois la personnalité et la vision entrepreneuriale globale d’un individu. Notre algorithme unique au monde va ensuite trouver la personne idéale correspondant à son profil, qu’il ai un projet et/ou des fonds, ou même ni l’un ni l’autre.

En plus d’aider à trouver un associé qui vous corresponde, Meet & Start met à disposition l’ensemble de son réseau de partenaires pour faire bénéficier ses utilisateurs de tarifs avantageux sur des services indispensables, permettant l’essor d’une nouvelle entreprise et de ses dirigeants.

Comment vous est venue l’idée ? Qu’est-ce qui vous a motivé à lancer ce projet ?

L’idée m’est justement venue en cherchant une idée… ! En effet, je souhaitais recommencer une création d’entreprise, mais n’arrivais pas à trouver une idée viable.

J’ai alors pensé à créer une plateforme qui recenserait toutes les idées que les personnes pourraient avoir, dans le but de les commercialiser contre une rémunération (ils toucheraient un pourcentage du bénéfice que leur idée générerait). Cependant, je me suis vite rendu compte que je n’arrivais pas à avoir de retour positif sur ce concept….

J’ai alors cherché à savoir pourquoi, en rappelant mes contacts à la chambre de commerce et questionnant mon entourage. C’est à ce moment que je me suis rendu compte d’une chose : beaucoup de personnes ne veulent pas divulguer leurs idées, dans le but de créer leur propre société un jour, mais très peu seulement finissent par se lancer.

En creusant un peu plus, j’ai pu déceler que les deux freins principaux étaient le manque de reins financiers solides, et surtout la solitude! Ajoutons à cela tous ceux qui rêvaient, comme moi à l’époque, d’ouvrir une entreprise mais ne trouvaient pas d’idée novatrice, je me suis dit qu’il fallait trouver une solution à ces trois problèmes.

Quand j’ai étudié de près ce qui existait dans ce domaine, il m’est alors apparu qu’il n’existait aucune solution simple pour y remédier, et cela m’attristait de constater qu’un vivier entrepreneurial comme la France était à ce point délaissé. D’où ce facilitateur d’entrepreneuriat.

Créer et gérer une entreprise, ce n’est pas si simple. Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un qui se lance dans la création d’une entreprise ?

Et chercher un emploi, faire face à la concurrence entre salariés, supporter son patron, avoir la peur du licenciement, est-ce si simple ? Le meilleur conseil à donner à un créateur d’entreprise est la persévérance et le culot. A

Au niveau de la persévérance, si je n’avais pas laissé tombé la vente de cigarettes électroniques le jour où j’ai pensé que le produit ne décollerait finalement peut-être pas, peut-être y aurait-il une tour géante en forme de cigarette à La Défense aujourd’hui, qui sait !

Sans prétention, le culot est aussi une arme redoutable lorsqu’on aborde la création d’entreprise. Les partenaires, clients ou fournisseurs qui semblent hors d’atteinte ou trop intimidant ne sont en fait que des personnes comme vous et moi, toujours à l’écoute d’un échange gagnant-gagnant. Une demande d’ami sur LinkedIn détourné en message commercial, du démarchage “sauvage”, de la communication basée sur des flyers créés en 10 minutes sur Paint et imprimés sur des feuilles volantes mais distribués au bon endroit….

Autant de techniques qui m’ont valu quelques moqueries mais qui se sont toujours avérées payantes ! Je crois que le diction qui convient le mieux en création d’entreprise est : “qui ne tente rien, n’a rien”.

Interview de Clément Lafargue, co-fondateur de Meet dans Start

 Se lancer, oui ! Mais on a une vie à côté… avez-vous dû faire des sacrifices pour vous lancer ? En faites-vous toujours actuellement ?

Ne pas partir en vacances pour pouvoir avancer sur son projet, se lever à 3h du matin pour corriger une faille majeure sur un site internet, rentrer du travail à minuit…

Il y a toujours des sacrifices à faire, mais cela ne s’applique pas qu’à l’entrepreneuriat. L’avantage, par contre, c’est que l’on connait le sens de ses sacrifices. On sait qu’on ne prend pas les armes pour aller sur le champ de bataille dans le but de défendre un empereur observant la scène en haut d’une colline, on se bat pour notre notre projet, pour le faire grandir, pour en être fier, qu’on s’en sépare ensuite ou pas !

Les sacrifices font partie intégrante de la vie d’un entrepreneur, mais également de la vie de tout le monde. J’en fais toujours, bien sur, mais ils tendent à se raréfier.

Concrètement, qu’est-ce que l’entreprise vous a apporté de bien à vous, à titre personnel ?

Je n’ai pas encore acheté un jet privé, si c’est ce que vous voulez savoir. A part la rétribution financière, qui ne vient qu’au fil des mois et des années, et rarement à la manière d’un film hollywoodien, c’est surtout au niveau des valeurs que mon entreprise m’a fait grandir.

J’ai appris à connaitre des personnalités très différentes au sein de l’incubateur qui m’a ouvert ses portes par exemple, je suis plus affirmé dans la prise de parole, je me lève chaque matin en sachant que je vais me faire plaisir en faisant ce qui me plait tout en aidant des gens à créer leurs projets, ça n’a pas de prix.

Que recherchez-vous pour votre entreprise à ce jour ?

Des clients ? Haha! Une entreprise n’en a jamais assez. Ils sont à la fois le moteur et le carburant d’une société.

De manière plus subsidiaire, il faut constamment étudier nos perspectives d’évolution. Aujourd’hui, le monde est ouvert, rares sont les entreprises qui peuvent se permettre de ne conserver qu’une vision locale de leur action. Il faut songer à se développer, assurer une couverture nationale complète, puis penser à l’étranger…

Mais à ce jour, avoir une assise stable en métropole avec un service viable qui puisse prouver à nouveau que le mot “entrepreneur”, utilisé dans le monde entier, a bien été inventé en France, tel et l’objectif numéro un.

Je vais terminer par une question originale : entreprendre, est-ce pour vous une manière d’exercer des talents artistiques ou est-ce que cela n’a rien à voir avec l’art ?

Votre question me fait sourire, car j’ai connu à l’incubateur de la CCIP un artiste dont la forme d’art était…. de créer des entreprises ! Pour moi, entreprendre englobe vraiment des aspects tous différents. On ne peut pas dire que cela n’a rien à voir avec l’art, ni affirmer que c’est une manière d’exercer des talents artistiques, chaque vision est différente.

Merci Clément !

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