Bonjour Celia,

Vous aviez une solide expérience des ONGs (Organisation non gouvernementale) et, en constatant certaines évolutions dans le secteur de la solidarité internationale, vous avez choisie de vous lancer dans ce domaine en tant que consultante indépendante et via une association.

Pourriez-vous vous présenter, ainsi que votre entreprise ?

Je m’appelle Celia Wechenk et travaille depuis plus d’une dizaine d’années dans le domaine de la solidarité internationale. Après près de dix ans d’expatriation un peu partout dans le monde à des postes de coordination pour diverses ONGs, je me suis lancée en 2013 en tant que consultante, avec un statut d’autoentrepreneur.

J’ai rapidement commencé à travailler avec plusieurs ONGs, pour lesquelles je donnais des formations à des associations locales, afin de les aider à améliorer leur impact. J’ai aussi travaillé à la définition et au développement de stratégies de recherches de fonds et à des évaluations de projets.

Parallèlement, j’ai cofondé en 2015 Camaleo (www.camaleoproject.org), une association sans but lucratif qui a pour but de soutenir tous types d’organisations sociales à travers des services de conseil abordables, adaptés et individualisés.

Solidarité internationale et ONGs

Comment vous est venue l’idée ? Qu’est-ce qui vous a motivé à lancer ce projet ?

Pendant toutes ces années dans le secteur de la solidarité internationale, j’ai pu observer de l’intérieur l’évolution du secteur :

  • forte baisse des financements due à la crise financière alors même que les inégalités et les besoins des populations augmentaient,
  • complexité croissante des procédures des bailleurs,
  • concentration des ressources dans les mains de grandes ONGs alors que les petites structures locales sont souvent les plus proches des populations qu’elles soutiennent et connaissent mieux leurs besoins.

Ces mêmes petites structures n’ont souvent pas accès à des services de conseil adaptés qui leur permettraient de pouvoir augmenter et pérenniser leur impact.

Tout ceci m’a conduit à proposer des services de conseil et de formation en tant qu’autoentrepreneur, puis à cofonder, avec d’autres professionnels du secteur Camaleo qui étend grâce à notre réseau la gamme de services que nous pouvons proposer aux organisations sociales.

Créer et gérer une entreprise, ce n’est pas si simple. Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un qui se lance dans la création d’une entreprise ?

En effet, certains aspects sont plus complexes, cela dépend évidemment de votre parcours professionnel avant la création d’entreprise. Il est important de tenter d’être réaliste, ce qui est évidemment difficile.

Avant de se lancer, il faut très bien connaître le contexte, les difficultés et les opportunités, les besoins en communication, être clair à propos de ce que nous pouvons offrir de différent, choisir avec soin la forme d’entreprise la plus adaptée, recourir aux différentes opportunités d’appui… Et donc prendre son temps tout en étant prêt à modifier son projet initial.

Toutefois, le plus important à mon avis est de persévérer, de se rappeler constamment pourquoi on a voulu se lancer, d’être passionné par ce que l’on fait et aussi de pouvoir s’appuyer, en cas de difficultés, sur son entourage.

Se lancer, oui ! Mais on a une vie à côté… avez-vous dû faire des sacrifices pour vous lancer ? En faites-vous toujours actuellement ?

Je ne parlerai pas de sacrifices. L’investissement en temps peut bien sûr être important, en particulier au début, mais lorsqu’on est passionné et convaincu de l’utilité de son activité, cet investissement n’est pas ressenti comme une perte.

Évidemment la stabilité est moindre et les rentrées de fonds plus irrégulières, mais c’est un choix que j’assume totalement.

Concrètement, qu’est-ce que l’entreprise vous a apporté de bien à vous, à titre personnel ?

C’est pour moi un vrai sentiment de liberté de travailler à mon compte. Même si j’ai toujours été passionnée par mon métier lorsque j’étais salariée, je retrouve une autonomie, une motivation et une implication quotidiennes. Camaleo est géré de façon horizontale : nous prenons du temps pour discuter de questions d’éthique, pour suivre l’évolution du secteur, etc.

Je me suis remise à suivre des formations afin de pouvoir compléter notre offre, et j’ai l’impression d’apprendre des choses tous les jours.

Enfin, nous partageons les succès de nos clients, que nous considérons comme des partenaires, et le fait de participer directement à leur impact social est notre première motivation.

Que recherchez-vous pour votre entreprise à ce jour ?

Camaleo est encore jeune. Nous voulons développer nos contacts, notre visibilité ainsi que notre réseau de consultants afin de pouvoir répondre avec une seule structure à tous les besoins des organisations sociales, qu’ils concernent les différents types de recherches de fonds, la formulation et l’évaluation de projets, la communication, la formation dans différents domaines, etc.

Nous souhaitons aussi nous faire mieux connaître auprès des entreprises que nous soutenons à travers des actions comme le développement de leurs plans de responsabilité sociale ou l’appui à leurs fondations dans la sélection et le soutien des projets qu’elles financent.

Je vais terminer par une question originale : entreprendre, est-ce pour vous une manière d’exercer des talents artistiques ou est-ce que cela n’a rien à voir avec l’art ?

Oui, je pense qu’il y a un vrai côté artistique. On a besoin de beaucoup de créativité et on est sans cesse en train d’inventer, de trouver de nouvelles idées pour coller aux besoins des clients.

Nous travaillons avec eux dans une relation de confiance et une fois les objectifs définis précisément ensemble, ils nous laissent souvent une grande autonomie et attendent de nous que nous leur proposions des solutions originales. En réalité, on s’amuse aussi beaucoup !

Merci Celia !

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