Bonjour Bernard,

Vous avez créé une société de confection de robes de mariée au Vietnam.

- Pourriez-vous vous présenter, ainsi que votre entreprise ?

Bonjour. Je m’appelle Bernard Pascucci et je suis directeur général de la société Weddings Art.

En fait, la société ayant son siège au Vietnam, à Ho Chi Minh Ville, c’est ma femme, Vietnamienne, qui en est la gérante (question de facilité locale). Ce n’est pas ma première expérience de création de société et c’est la deuxième en Asie (la première ayant été revendue).

- Comment vous est venue l’idée ? Qu’est-ce qui vous a motivé à lancer ce projet ?

L’idée de se lancer dans ce projet est née le jour de notre mariage !

En fait la famille de ma femme produit des robes de mariée pour les magasins locaux et pour l’exportation. Etant libre de tout engagement avec ma précédente entreprise, je me suis intéressé à ce marché et, l’idée à germée de nous consacrer à l’export sur l’Europe des produits dont nous avions la source principale sous la main et, la certitude de gérer le contrôle qualité.

Nous avons donc opté pour une TNHH soit, la copie presque conforme d’une SARL Française. La difficulté locale était d’obtenir la licence d’exportation. C’est aujourd’hui chose faite.

Notre but est de monter un réseau de distribution en France puis, en Europe.

- Créer et gérer une entreprise, ce n’est pas si simple. Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un qui se lance dans la création d’une entreprise ?

Avant de créer une entreprise, je conseille principalement de bien étudier le marché potentiel mais aussi, de calculer les marges possibles tout en y intégrant une marge de manœuvre. Car on a toujours des surprises.

Le plus important pour la viabilité d’une entreprise, c’est la marge dégagée et non le chiffre d’affaire comme certains ont tendance à croire.

Ensuite, se méfier des associés même si on pense bien les connaître et principalement quand il(s) n’apporte(nt) rien en capital… ça arrive très vite à une situation de discorde.

Ensuite je conseille  d’avoir des notions de gestion et de comptabilité.

Pour finir, ne pas oublier de mettre à l’abri son patrimoine personnel et faire, avec son notaire, une déclaration d’insaisissabilité et ne jamais déroger à cette règle avec les banques.

- Se lancer, oui ! Bien mais on a une vie à côté… avez-vous dû faire des sacrifices pour vous lancer ? En faites-vous toujours actuellement ?

Personnellement j’ai fait des sacrifices dans mes deux premières créations : temps, kilomètres etc… et financier (en rapport aux associés qui promettent mais qui n’apportent jamais rien) mais j’étais célibataire donc, il n’y avait pas d’incidence particulière. Aujourd’hui, je fais plus attention.

L’expérience faisant, je ne traite que ce qui est urgent et ne peut attendre le lendemain ou le weekend.

- Concrètement, qu’est-ce que l’entreprise vous a apporté de bien à vous, à titre personnel ?

A titre personnel, les entreprises m’ont appris à anticiper, à être polyvalent, à traiter plusieurs tâches en même temps, à devenir plus responsable et secondairement à apprécier le confort d’un CDI (paye assurée, assurance chômage etc…) et maintenant même niveau sécurité sociale vu le contexte d’expatriation. Aujourd’hui, je n’ai plus le droit à l’erreur.

- Que recherchez-vous pour votre entreprise à ce jour ?

Aujourd’hui, je cherche à développer mon entreprise pour qu’elle m’assure des revenus même durant la retraite.

- Je vais terminer par une question originale : entreprendre, est-ce pour vous une manière d’exercer des talents artistiques ou est-ce que cela n’a rien à voir avec l’art ?

Je dirais sans hésitation « Oui, entreprendre est un art ».

Et je rajouterais, qui s’acquiert avec le temps et les expériences, bonnes ou mauvaises.

Merci Bernard pour le partage d’expérience.

Pour contacter Bernard Pascucci :

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