Bonjour Annick,

Vous avez décidé d’accompagner les entreprises pour faire tomber les clichés et les peurs autour du recrutement de personnes handicapées.

 

Pourriez-vous vous présenter, ainsi que votre entreprise ?

J’ai été enseignante spécialisée, dans le domaine du handicap, puis formatrice au sein de l’Éducation Nationale. J’ai créé DIFFESSENS, qui propose des actions de sensibilisation et de formation, afin d’accompagner les entreprises dans leur politique d’embauche de travailleurs handicapés.

Le handicap fait peur, il questionne et il est nécessaire que les personnes soient formées, pour changer de regard.
De plus, les entreprises ont souvent du mal à connaître les démarches à accomplir, elles n’ont pas toujours les moyens suffisants pour les accomplir et c’est pour cela que DIFFESSENS propose un accompagnement à l’embauche de travailleurs handicapés. Ainsi les entreprises pourront diminuer leur contribution AGEFIPH et participer à un monde plus équitable.

 

Comment vous est venue l’idée ? Qu’est-ce qui vous a motivé à lancer ce projet ?

Après avoir travaillé à amener des enfants handicapés à accéder à l’enseignement en milieu ordinaire et à des formations qualifiantes, j’ai constaté que les entreprises n’embauchaient pas facilement ces jeunes.

J’ai compris qu’il fallait aider les dirigeants et les managers à dépasser leurs peurs, à prendre conscience que des stéréotypes forts et tenaces influencent leurs décisions, en les sensibilisant au handicap, en les formant. J’ai compris aussi qu’il fallait aider les entreprises en les accompagnant dans leurs démarches.

 

Créer et gérer une entreprise, ce n’est pas si simple. Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un qui se lance dans la création d’une entreprise ?

Premièrement s’informer sur la création d’entreprise en prenant contact avec différents organismes (tels les CCI), en se documentant.
Ensuite il faut évaluer les risques, faire une bonne étude de marché. Mais c’est aussi évaluer sa façon de gérer l’inconnu, les impondérables.
Il faut que ce projet de création soit accepté par l’entourage pour avoir du soutien en cas de difficulté.

 

Se lancer, oui ! Mais on a une vie à côté… avez-vous dû faire des sacrifices pour vous lancer ? En faites-vous toujours actuellement ?

Oui bien sûr, le sacrifice que je fais est d’ordre financier, car débuter, se créer un réseau, se faire connaître ne se fait pas en un mois….mais le sacrifice est mesuré, je ne prends pas de risque, ma situation est vivable !

 

Concrètement, qu’est-ce que l’entreprise vous a apporté de bien à vous, à titre personnel ?

Une sensation d’être utile, de pouvoir gérer soi-même ses propres choix, d’être seule responsable des conséquences de ces choix.
Construire quelque chose, contribuer à sa toute petite échelle, mais contribuer tout de même à modifier notre société, c’est cela qui est grisant. J’ai l’impression que si j’arrive à convaincre des entreprises d’embaucher des travailleurs handicapés, j’aurai apporté ma petite pierre à l’édification d’un monde plus équitable.

 

Que recherchez-vous pour votre entreprise à ce jour ?

A me faire connaître, à entrer en contact avec des dirigeants d’entreprise, des directeurs de ressources humaines. Entrer dans les entreprises n’est pas facile !

 

Je vais terminer par une question originale : entreprendre, est-ce pour vous une manière d’exercer des talents artistiques ou est-ce que cela n’a rien à voir avec l’art ?

Tout dépend de ce que l’on entend par “art”. Pour moi, l’art c’est créer, alors oui entreprendre c’est de l’art !

Merci Annick !

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