Bonjour Alexandre,

Vous avez créé un business en ligne avec votre associé il y a 9 ans et aujourd’hui votre société emploie plus d’une trentaine de personnes.

Pourriez-vous vous présenter, ainsi que votre entreprise ?

J’ai 32 ans, je vis à Paris. J’ai une formation en finance à HEC. J’ai fondé e-loue.com en 2009.

E-loue est la première marketplace de location. Concrètement, c’est un site internet qui regroupe les offres de location dans divers domaines (bricolage, jardinage, automobile, high-tech, etc.) de milliers de loueurs professionnels et de centaines de milliers de particuliers. E-loue compte à ce jour 2,5 millions d’inscrits, 500 000 annonces, une présence dans plusieurs pays.

Grâce à E-loue, il est possible de louer de manière géolocalisée et sécurisée : paiement et caution en ligne, assurance via Allianz incluse, contrat de location pré-rempli, etc.

Interview du créateur d’une marketplace de location

Comment vous est venue l’idée ? Qu’est-ce qui vous a motivé à lancer ce projet ?

Avec un ami, Benoit, nous avions besoin d’une perceuse pour déménager. Nous l’avons trouvé chez un voisin. On s’est alors demandé comment nous aurions pu la trouver plus facilement, comment mettre en relation des personnes ayant des biens qu’ils n’utilisent que très rarement et d’autres ayant des besoins ponctuels. Nous étions des passionnés du web et avons alors lancé E-loue.

J’avais toujours eu envie d’entreprendre, dès mon adolescence. Donc à la première opportunité je me suis lancé avec un ami dont le profil est complémentaire du mien (il s’occupe de la technique).

Mon envie d’entreprendre est due à mon besoin d’innover, de créer de la valeur. Aussi, je trouvais agréable de créer un service utile à tout le monde :

  • au locataire qui a un besoin et fait des économies au lieu d’acheter
  • au propriétaire qui rentabilise son achat et gagne un complément de revenu
  • et au site E-loue qui gagne une commission au passage.

Créer et gérer une entreprise, ce n’est pas si simple. Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un qui se lance dans la création d’une entreprise ?

Quand j’ai crée E-loue, j’avais 24 ans et beaucoup d’insouciance. Pour moi, entreprendre, c’est comme un enfant qui apprend à marcher : il faut tomber pour apprendre. Dans l’entrepreneuriat, c’est pareil, on apprend de ses erreurs.

Par exemple, ma première erreur fut de créer mon entreprise en statut SARL j’aurais dû le faire en SAS car le statut SAS est obligatoire lors des levées de fonds… Le changement de statut a été coûteux et chronophage. Donc mon premier conseil serait de bien choisir son statut juridique.

Aussi, il faut bien savoir s’entourer : associés, premiers salariés. Il faut partager pour avoir des retours et des conseils. Par exemple, nous avons choisi d’intégrer des incubateurs de startup pour avoir du coaching et du réseau. Nous avons intégré les incubateurs de HEC et de Telecom Sud Paris.

Se lancer, oui ! Mais on a une vie à côté… avez-vous dû faire des sacrifices pour vous lancer ? En faites-vous toujours actuellement ?

Il est plus simple de se lancer quand on est jeune, on n’a pas de crédit bancaire, pas d’enfant à charge… ce qui a été mon cas. Mon seul sacrifice a été de quitter un job très bien rémunéré en salle de marché (finance) pour me lancer. Cela a été une prise de risque, mais seul le risque paye !

Aussi, en étant chef d’entreprise, je ne compte pas mes heures, mes jours de travail. Le travail est permanent. Mais je ne le ressens pas comme un travail mais comme un « loisir ». Je suis passionné par ce que je fais donc je n’ai pas l’impression de faire des sacrifices. En travaillant en banque j’avais le droit à 9 semaines de vacances par an… ça s’est transformé en 9 jours par an :-)

J’ai fait ce choix en 2009, nous sommes en 2017 et pas un seul instant je ne l’ai regretté.

Concrètement, qu’est-ce que l’entreprise vous a apporté de bien à vous, à titre personnel ?

Je déteste par dessus tout l’ennui et la monotonie. En créant mon entreprise, je ne sais jamais en me levant le matin de quoi sera fait la journée, et j’adore cette incertitude. Évidemment entreprendre c’est les montagnes russes. Chaque jour j’ai le droit à mon lot de bonnes et de mauvaises nouvelles. Avec le temps ,on apprend à tout relativiser.

A mon sens plus que l’idée de départ, c’est l’exécution qui est importante. Par exemple nous avons modifié notre Business model initial. A l’origine on n’imaginait e-loue uniquement comme un site de locations entre particuliers. Aujourd’hui, nous sommes principalement concentrés sur les loueurs professionnels qui payent pour avoir une boutique et de la visibilité sur e-loue. Je n’aurais jamais imaginé cela au départ.

Grâce à mon travail, j’ai créé des emplois, nous sommes une trentaine en tout. Je suis heureux de me dire que grâce à E-loue et mon idée de départ, j’arrive aujourd’hui à faire vivre des salariés.

Que recherchez-vous pour votre entreprise à ce jour ?

Nous avons réalisé plusieurs levées de fonds pour environ 3 Millions de dollars. Aujourd’hui, je suis ouvert à des nouvelles opportunités capitalistiques bien sûr, mais je recherche surtout à continuer à grossir l’offre de E-loue, le nombre d’utilisateurs, le trafic, le nombre de locations.

Des milliers de loueurs professionnels sont référencés sur E-loue, des petits comme des réseaux nationaux (Loxam, Cargo, Ucar, Stricher, Carrefour location, Regus, etc.) Je souhaite que le nombre de nos partenaires loueurs professionnels continue de grandir rapidement.

Je vais terminer par une question originale : entreprendre, est-ce pour vous une manière d’exercer des talents artistiques ou est-ce que cela n’a rien à voir avec l’art ?

J’ai la particularité d’être sportif de haut niveau en plus d’être chef d’entreprise. Je suis en équipe nationale d’escrime israélienne, spécialité sabre. Je prépare ainsi les prochains championnats du monde à Leipzig cet été. Clairement, il y a d’énormes similitudes entre la pratique d’un sport de haut niveau et entreprendre : gestion du stress, de la concurrence, recherche de la performance, remise en questions permanente, travail acharné, etc.

Le sport est un art, donc oui clairement, entreprendre, c’est exercer un art !

Merci Alexandre !

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