Bonjour Agnès Albaladejo,

Vous avez créé en 2006 une entreprise qui aide les dirigeants de PME à améliorer leurs performances.

- Pourriez-vous vous présenter aux lecteurs en quelques phrases, ainsi que votre entreprise et son concept ?

Photo d’Albaladejo

Je me présente : Agnès ALBALADEJO, 44 ans, je suis mariée et j’ai 2 enfants.

Je suis diplômée de l’ESC MARSEILLE et diplômée d’expertise comptable.

J’ai créé CODIFEX en Octobre 2006. Sa mission est de permettre aux dirigeants de PME d’externaliser leur direction administrative et financière pour :

  • Pallier une absence de ressources ou une surcharge de travail,
  • Bénéficier d’une expérience nouvelle et d’une expertise externe,
  • Garantir une valeur ajoutée à leur entreprise,
  • Simplifier leur gestion par l’externalisation des charges de structure.

La démarche est basée sur l’analyse et le diagnostic, la coordination, l’accompagnement et le contrôle.

- Avant de créer Codifex vous avez occupé des postes à responsabilités dans des PME. Qu’est-ce qui vous a décidé à monter votre propre société de conseil ?

Tout d’abord, il y a quelques années, j’ai participé à un projet de reprise d’entreprise qui n’a pas abouti. Mais cela a fait naître en moi l’envie d’entreprendre, et ce virus-là est tenace

Ensuite, ma formation initiale et différentes expériences en tant que directrice administrative et financière de PME m’ont permis d’acquérir une compétence transversale, que je mets au service de mes clients. Enfin, je suis basée sur le Vaucluse, département qui compte 98% de PME de moins de 50 personnes.

La plupart de leurs chefs d’entreprise ont, en matière de gestion, exactement les mêmes problématiques que des entreprises plus importantes : améliorer leur performance, disposer des outils d’information nécessaires pour mieux piloter leur entreprise et gagner en visibilité, optimiser leur besoin en fonds de roulement, calculer leurs prix de revient.

Ils n’ont pas uniquement besoin de conseils, ils recherchent aussi un accompagnement opérationnel. En revanche, la plupart n’ont ni les besoins ni les moyens de créer un poste de directeur financier à l’intérieur de l’entreprise. CODIFEX est là pour leur permettre de bénéficier d’une expertise externe, sans alourdir leurs charges de structure, et en garantissant une valeur ajoutée à leur entreprise…

- J’imagine que l’on ne vient pas vous demander des conseils par hasard. Quel est le profil type du dirigeant et le stade de son entreprise lorsqu’il prend contact avec vous ? Le dirigeant cherche t-il un regard neuf sur la gestion de sa PME dans un but défensif (mauvaise passe) ou offensif (accélération de la croissance) ?

Il n’y pas de profil type, chaque dirigeant a ses besoins spécifiques, tout dépend aussi des compétences sur lesquelles l’entreprise peut compter en interne. Par contre, l’optimisation de la trésorerie est quasiment une constante.

Que ce soit dans les entreprises qui traversent une période difficile, mais aussi pour celles qui connaissent une forte croissance, qui peuvent connaître des difficultés de maitrise de leur besoin en fonds de roulement, du fait par exemple d’une augmentation sensible de leurs stocks ou de leur en-cours clients.

Selon les entreprises, le besoin peut être ponctuel (élaboration du budget) ou bien récurrent (suivi budgétaire).

- Vous citez Bill Gates (fondateur de Microsoft) : “Les gagnants seront ceux qui restructurent la manière dont l’information circule dans leur entreprise”. Disons que je suis dirigeant d’une PME. Qu’est-ce que cela signifie à propos de l’environnement, des risques et des opportunités de mon entreprise ?

Ce que j’ai voulu dire par là, c’est que bon nombre de PME ne possèdent pas aujourd’hui de logiciels intégrés (ERP) utilisables par tous les services de l’entreprise.

De ce fait, chaque service construit son système d’information pour répondre à ses propres besoins. Et on se rend compte bien souvent qu’une même information est traitée plusieurs fois, par exemple des statistiques commerciales sont souvent traitées et analysées au service comptable, au service commercial, et par la secrétaire de direction, ce qui génère perte de temps et donc d’argent…

L’audit permet de déceler ces dysfonctionnements, et lors de la phase “accompagnement“, CODIFEX peut coordonner les différents intervenants en définissant un outil qui puisse répondre à l’ensemble des besoins et utilisable par tous.

- Votre activité s’exerce aussi en matière de rationalisation de l’organisation (formation et mise en place de procédures notamment). S’agit-il de revoir le système d’information ? Quels diagnostics retrouve t-on chez les entreprises dont le système d’information est défaillant ?

CODIFEX peut effectivement accompagner les PME sur l’optimisation de leur système d’information, voire sur la mise en place d’un nouveau système d’information.

Le système d’information doit être adapté en fonction de la taille et du développement de l’entreprise : rien ne sert de mettre en place un système trop sophistiqué dans une TPE, ce serait une usine à gaz. Par contre, le système devra être revu voire remplacé si l’entreprise atteint un certain niveau de développement.

Si le système d’information est défaillant, des informations capitales telles qu’une augmentation non justifiée des stocks, une absence de politique de recouvrement rigoureuse, une mauvaise maitrise des marges sont souvent portées à la connaissance du chef d’entreprise de façon ponctuelle ou “accidentelle”.

Dans ce cas, le dirigeant n’a pas pour piloter l’indispensable tableau de bord qui lui permet de suivre les indicateurs significatifs pour son entreprise, et il lui faut attendre le prochain bilan ou la prochaine situation comptable pour pouvoir prendre les décisions nécessaires et rectifier le tir. Cela peut parfois être trop tard…

- Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un qui crée ou qui reprend une entreprise ?

Il faut savoir être à l’écoute de ses clients, de son marché, ne pas négliger le benchmarking et savoir se remettre en cause. L’anticipation et la ténacité sont des qualités indispensables.

Et puis, il faut savoir s’entourer afin de disposer, en interne ou en externe, des compétences-clés qui feront la différence. Un créateur doit souvent avoir au début son activité de multiples casquettes : il doit être à la fois pilote, commercial, gestionnaire… mais très rapidement, quand le projet réussit, il faut savoir déléguer, on ne peut pas cumuler longtemps l’ensemble des fonctions.

- Que recherchez-vous principalement pour développer votre entreprise à ce jour ?

Je cherche à communiquer sur le concept, qui est assez bien diffusé en région parisienne aujourd’hui, mais peu sur la région PACA. Cela peut attirer d’autres confrères sur le créneau, mais c’est ensuite l’expertise qui fera la différence.

Je cherche aussi à convaincre les dirigeants de PME qu’il peut y avoir une réponse à chacun de leur besoin de gestion, et qu’il ne faut pas négliger la solution de l’externalisation en pensant que cela va coûter trop cher. Je me place dans une relation gagnant-gagnant : lorsque j’interviens par exemple pour une mission d’optimisation des charges, l’économie réalisée par l’entreprise est sans commune mesure avec le coût de mon intervention.

- Je vais terminer par une question originale : entreprendre, est-ce pour vous une manière d’exercer des talents artistiques ou est-ce que cela n’a rien à voir avec l’art ?

Ma première réaction, très rationnelle, serait de dire qu’il n’y a pas de point commun.

Mais en y réfléchissant bien, le chef d’entreprise est un homme-orchestre qui doit savoir jouer de plusieurs instruments, le parallèle avec l’art n’est donc pas sans fondement.

Merci Agnès.

Pour contacter Agnès Albaladejo :

Adresse email : a.albaladejo@free.fr
Consultez le profil Viadéo d’Agnès Albaladejo.

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