Bonsoir,
Je me permets de mettre le doigt sur un point qui me tient à cœur. Les remarques qui suivent portent sur la loi Borloo permettant de réduire 50% d’impôts dans le cadre des services à la personne et qui a favorisé l’explosion d’organismes d’aide à la personne dont le soutien scolaire.
Personnellement, et c’est l’enseignant qui parle… pour être capable de faire « au pied levé » n’importe quel cours ou exercice de lycéens, cela m’a demandé plusieurs années de travail à plein temps. Actuellement le mode de recrutement de ces organismes de soutien scolaire est de Bac +3. En théorie, les candidats passent une audition (généralement par des RH qui ne comprennent pas grand-chose à la matière…) et compte tenu du fait que la demande de cours d’élèves est supérieure à l’offre, je vous laisse deviner qu’il est vraiment difficile pour eux de ne pas être pris. Ce qu’il faut savoir, c’est que la plupart de ces organismes sont mandataires, c'est-à-dire, que ce n’est pas l’organisme mais le parent qui est employeur pour un contrat renouvelable d’une heure (via des coupons). Quand l’organisme facture 30 euros l’heure de cours, le prof touche environ 13 euros. Mais à cela, il faut déduire les frais d’essences, de parcmètres, et surtout le temps pour aller donner un cours d’une heure. Cela revient pratiquement à diviser les 13 euros par 2 !!! De plus, le nombre maximum qu’un « pseudo enseignant » peut donner par jour est de 2 heures ouvrables compte tenu que le reste du temps, l’élève n’est pas disponible puisqu’ à l’Ecole (à l’exception du mercredi et samedi où il peut dispenser 4h). Calcul à l’appui, un enseignant ne pourrait gagner plus de 600 euros par mois s’il travaillait à temps plein (on est loin du smic… pour ce bac +3). Autrement dit, j’ai du mal à concevoir qu’un prof qui a vraiment de l’expérience puisse accepter un tel travail. D’autant plus s’il est bon dans le public, il y a foule à la sortie du lycée pour le solliciter directement ; surtout que, dans ces conditions, les cours sont dispensés au sein de son établissement, faisant ainsi disparaître la perte de temps du transport.
Ce que je veux vous faire comprendre, c’est que je reste perplexe quant à la certitude d’obtenir un enseignement de qualité (ou du moins trouver un répétiteur avec beaucoup d’ancienneté…) en passant par un organisme. A ma connaissance, la plupart du temps, seuls des étudiants (sans réelle expérience professionnelle de l’enseignement) acceptent ce type d’emploi , qui à mes yeux n’en est pas vraiment un. Actuellement, le ministre de l’éducation se bat pour rentrer en concurrence avec ces officines privées en organisant à son tour des stages intensifs pendant les vacances scolaires; mais ce qui n’est pas très logique, c’est qu’en fait, le gouvernement a crée ces organismes de toute pièce en mettant en place cette loi de réduction d’impôts. D’autant plus dans un contexte économique de crise, le gouvernement est-il toujours en mesure de se refuser 50% des recettes fiscales qui auraient dû rentrer sans cette loi. Faire baisser le chômage à tout prix, oui ! Mais pas à n’importe quel prix …
Si quelqu’un a un éclaircissement sur le sujet il sera plus que bienvenu…
Franck
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