Bonjour,
Près de 70% de baisse de vente du neuf dans certaines régions … on en serait presque à plaindre ces pauvres promoteurs ! C’est intéressant, d’aucun diront que cela s’explique partiellement par les dispositifs De Robien et Borloo. Il n’empêche que beaucoup de nouveaux propriétaires (programmes neufs) ne trouvent pas de locataires, entraînant les difficultés que l’on peut aisément comprendre. Tout cela pousse à 12 mois les délais de vente d’un bien individuel et demeure à 11 mois pour le collectif. Ceci peut paraître comme une ambigüité puisque les constructions neuves sont de plus en plus essentiellement des programmes collectifs.
Toutes les analyses que j’ai pu voir dans les quotidiens, sur le net, (etc…) semblent occulter quelque chose qui me paraît fondamental : les aspirations des Français. Leurs désirs et leurs parcours résidentiels expliquent aussi (et encore plus lorsque le marché se tempère) certaines variabilités de transactions et de stocks. Le parcours résidentiel est l’expression utilisée pour qualifier les changements de type d’habitation d’un ménage (que cela ne concerne qu’une personne ou plus) dont voici un déroulement stéréotype :
- 1 - logé au domicile parental
- 2 - puis, logement durant les études pour certains (T1/T1bis)
- 3 - puis, logement plus confortable après les premiers mois de salaire, voire concubinage (T2/T3)
- 4 - puis, logement de plus grande surface suite à élargissement de la famille (grand appartement de ville ou maison périurbaine … la maison de ville coûte chère et est rare !)
- 5 - la décohabitation (départ des enfants) engendre parfois une volonté de logement de moindre taille
- 6 - enfin, à l’âge où l’on éprouve des difficultés à entretenir sa propriété ou à vivre seul, on assiste de plus en plus à un retour en ville dans des appartements dits de « standing »
Encore une fois, il s’agit d’un schéma très stéréotypé et les aspirations des Français modifient sensiblement certaines étapes. Notamment l’étape 4. Le désir des Français de vivre dans LEUR maison et d’avoir LEUR jardin est une aberration pour les « purs urbains ». Il est vrai que l’envie de vivre en ville revient. Pour les commerces, pour le dynamisme, pour les activités (ciné, spectacles, restaurants, …), bref, pour le sentiment d’urbanité que l’on ne retrouve pas dans le tissus périurbain que certains appellent plus ou moins à juste titre « les communes dortoirs ».
Les constructions de logements ont souvent été calquées sur des statistiques (il faut bien se baser sur quelque chose !), qui ne révèlent pas forcément le côté qualitatif des choses.
Je ne dis pas que c’est LA raison de ce qui se passe en ce moment, mais je pense qu’il ne faut pas l’écarter.
Enfin, je précise tout de même que quand je vois certains promoteurs (notamment dans la région bordelaise) se lamenter et émettre l’idée de cessation d’activité, je trouve ça un peu fort. Ca fait plus de 10 ans qu’ils profitent plus que largement des différentes conjonctures, et ils ne vont pas mal. Ceci dit, on voit déjà les effets de tout ça, dans la branche, on commence à voir beaucoup d’annonces de postes de prospecteurs fonciers, développeurs fonciers, chargés de foncier, … Eh oui, ce qu’on leur a apporté sur un plateau sans qu’ils n’aient besoin de travailler pendant 10 ans, ils vont devoir recommencer à aller le chercher eux-mêmes : du terrain à construire ! Après tout, c’est leur boulot !
Pierre-Yves