Bonjour,
en complément des avis donnés par Apollinaire, François et Jean-Pierre, j'ajouterais que le plus important pour vous est de voir dans combien de temps vous pourrez rentabiliser votre investissement (et ce, quel que soit son montant), grâce aux revenus minimums que vous pourrez en retirer.
Par ailleurs, pour être franc, il me paraît toujours dangereux de valoriser une entreprise en ne tenant compte que du chiffre d'affaires. Car ce dernier ne correspond pas véritablement à ce que l'entreprise va gagner (ou perdre). Seul le résultat comptable correspond à ce que gagne réellement (ou perd) l'entreprise, par l'intermédaire de son activité commerciale habituelle (hors opérations exceptionnelles). En outre, en comptabilité, seules les tendances sont réellement pertinentes. Car un résultat à un instant "t" n'apporte pas suffisamment d'informations pour être un critère efficace d'évaluation.
En conséquence, mieux vaut retenir - au minimum - les trois derniers résultats annuels, afin d'évaluer leur tendance.
Dans un second temps, il est aussi important de s'assurer de la capacité de l'entreprise à transformer ses résultats bénéficiaires en trésorerie. Car, malheureusement, il ne suffit pas de faire des bénéfices pour avoir une bonne trésorerie et inversement. Pour s'en assurer, il est nécessaire d'évaluer le niveau de trésorerie d'exploitation (c'est-à-dire générée uniquement pas l'activité normale de l'entreprise, hors opérations exceptionnelles et apports de fonds venant de l'extérieur : prêts bancaires, découverts bancaires, dépôts sur les comptes courants des associés...) sur la même période. Cela afin d'en comparer la tendance avec celle des résultats comptables et celle du chiffre d'affaires correspondants.
Si les trois courbes ainsi obtenues sont orientées vers une tendance haussière, cela est de bonne augure pour la suite. Car cette combinaison de tendances prouve que l'entreprise maîtrise bien sa rentabilité et sa trésorerie. Donc l'investissement peut être rentabilisé entre 3 et 5 ans.
A l'inverse, si la tendance de la trésorerie d'exploitation est à la baisse, alors que les deux autres indicateurs financiers (soit le résultat comptable et le chiffre d'affaires) sont plutôt à la hausse, cela peut signifier que l'entreprise ne maîtrise pas sa trésorerie (retards de paiement et impayés croissants de la part des clients, délais de règlement des fournisseurs trop courts (car pas assez négociés), sur-stockage éventuels...) ou qu'elle vient de réaliser un investissement très important qu'elle doit impérativement rentabiliser dans le futur. Dans ces deux hypothèses, le risque de ne pas récupérer son investissement dans un délai de 3 à 5 ans est assez élevé.
Lorsque seule la tendance du chiffre d'affaires est à la hausse, cela signifie que l'entreprise ne maîtrise absolument pas sa rentabilité et sa trésorerie. En conséquence, plus la baisse des deux autres indicateurs (soit la trésorerie et le résultat) est significative, plus le risque de défaillance de l'entreprise est élevé. Car cela signifie que l'entreprise réalise la majorité de ses ventes à perte sans s'en rendre compte. En conséquence, cela ne peut se terminer que par sa cessation de paiement. Donc l'investissement est à éviter. Sinon les sommes investies ne pourront sûrement pas être récupérées, car elles devront servir à régler les dettes de l'entreprise.
Voilà, en gros, les premiers éléments financiers sur lesquels vous devez absolument être vigilent. Car ce sont avant tout ces derniers qui constituent la réelle valeur de l'entreprise.
Dans un second temps, pour obtenir une fourchette de valeurs pertinente, vous pouvez utiliser un multiple du résultat comptable moyen pondéré (le coefficient de pondération servant à donner plus d'importance au résultat comptable des 3 dernières années le plus réaliste par rapport à la situation actuelle).
Ce multiple (à choisir entre 5 et 20, par exemple) sera d'autant plus élevé, que la trésorerie aura une tendance haussière cohérente avec celle du résultat correspondant ; et inversement.
Exemple : les trois derniers résultats comptables sont :
- 2009 => 1 500 €
- 2008 => 4 750 €
- 2007 => 2 095 €
Aux vues des éléments prévisionnels de 2010, vous constatez qu'il est très probable que le résultat comptable de 2010 soit assez proche de celui de 2007. En conséquence, pour calculer le résultat comptable moyen, vous allez appliquer les coefficients suivants :
- résultat 2009 => 1
- résultat 2008 => 0,5
- résultat 2007 => 2
Ce qui nous donne le résultat moyen suivant : [(1 500 € x 1)+(4 750 € x 0,5)+(2 095 € x 2)] = 8 065 € / 3 = 2 688 €
Comme le niveau de trésorerie annuel correspond en moyenne à 5% du résultat comptable, on retient le chiffre "10" comme multiple du résultat moyen.
Ce qui donne la valeur brute suivante : 2 688 € x 10 = 26 880 €
Comme la part dans le capital est de 30%, cela donne une valeur d'apport de : 26 880 € x 30% = 8 604 €
Bien entendu, ces données sont purement fictives. Elles ne servent qu'à vous montrer comment vous pouvez procéder.
De même, le procédé présenté n'est qu'un exemple parmi d'autres. Car, dans la pratique, il existe une grande diversité de cas et de méthodes d'évaluation possibles.
En espérant que ce petit exemple vous permettra de mieux percevoir la démarche à suivre, je vous souhaite un bon courage pour la suite.
Bien cordialement,
Pierre