Bonjour François,
Vu comme cela, je comprends la motivation du gouvernement, ainsi que votre point de vu. Tout ce qui peut être déclaré, et qui ne l'était pas avant, est synonyme de recette fiscale pour l’état. Mais il ne faut pas avoir la naïveté de penser que ce statut a été mis en place pour "aider" les créateurs d'entreprise à se lancer. D’ailleurs j’ai hâte de connaître le pourcentage de créateurs qui feront le grand saut après avoir choisi ce statut.
Quant au chiffre que j'ai annoncé, il n'y a pas d'erreur, pour qu'une entreprise individuelle (en nom propre), type "profession libérale" (sans stock de marchandise...) vive correctement, il faut compter 1000 euros par jour. Sachant qu'il y a 240 jours ouvrables par an et qu'une entreprise marge en moyenne (et sans salarié...) à 25%, il reste avant impôts (et taxe d'habitation, et CSG non déductible, et Taxe foncière s'il est propriétaire de son bureau), 60000 euros par an, soit 5000 euros par mois; et il reste 3500 euros net (tout impôts et taxes payées). Y parviennent sans peine quelques professions (médecins, dentistes, avocats, notaires).
Je pense très sincèrement que si le gouvernement n’encourage pas fortement les Français à se lancer à leur compte, en réduisant de manière drastique les charges (salariales et prélèvements obligatoires), le pays va droit dans un mur. Et ce n’est pas cette mesure « d’auto-entrepreneur » qui va changer quelque chose. 50% des entreprises ferment dans les 3 premières années qui suivent l’ouverture ; en particulier après la 3ième année (année de régularisation de charges). Il faut réellement comprendre ce qui crée les richesses d’un pays, c’est l’enrichissement des entreprises. Or j’ai vraiment l’impression que toutes les mesures prises (et ce depuis des décennies …) ne concernent jamais les TPE (qui créé pourtant la plus grande recette fiscale du pays). Un exemple concret… la taxe professionnelle : c’est une taxe injuste selon moi, calculée non sur le bénéfice mais sur le chiffre d’affaire (4,6%). Et l’exonération prévue ne va porter que pour les grandes entreprises innovantes pour l’investissement dans du nouveau matériel, ou pour les entreprises situées dans les bassins d’emplois à redynamiser… autrement dit la TPE classique, une fois de plus n’est pas concernée.
Ce que je constate hélas en France, c’est que les success story à la Française se font de plus en plus rares, comme si, celui qui voulait réellement réussir était contraint de quitter le pays.
Pour finir, j’en profite pour remercier Gautier qui grâce à son site permet aux petites entreprises la libre expression et le partage d’idées.
Au plaisir de vous lire,
Franck