Décider de transmettre son entreprise à un membre de sa famille (enfant, neveu ou nièce…) est une chose. Mais mettre cette décision en œuvre en est une autre… parce que les considérations financières ou juridiques ne sont pas les seules à prendre en compte !

Même lorsque vos proches travaillent déjà avec vous dans l’entreprise, il faut prendre son temps pour être sûr de faire le bon choix et pour se préparer aux changements que cela implique pour vous.

Voici 3 conseils pour vous aider à gérer cette étape délicate :

Réussir la transmission d’entreprise à un membre de sa famille

1) Sortir de l’affect

Il faut regarder la situation avec objectivité.

Vouloir transmettre votre entreprise à quelqu’un de votre famille est une aspiration tout à fait légitime. Mais ne laissez pas vos sentiments vous aveugler !

Demandez-vous d’abord si le repreneur a réellement envie de diriger votre entreprise. Même s’il travaille déjà pour vous, il ne faut pas oublier l’essentiel : être salarié et être dirigeant, ce n’est pas du tout pareil ! De même, il ne doit pas se lancer pour de mauvaises raisons : si vous lui mettez la pression en lui laissant entendre qu’il doit reprendre votre entreprise, ou qu’il est naturel qu’il la reprenne, la transmission risque de se solder par un échec à plus ou moins brève échéance. Sa véritable motivation est un élément capital pour la réussite de cette opération !

A contrario, la volonté de votre fils ou votre fille de reprendre votre entreprise n’est pas suffisante en soi. Demandez-vous s’il/elle a les compétences requises pour diriger votre société.

2) Préparer progressivement la transmission

Il ne faut pas vouloir aller trop vite ! La transmission doit se faire en douceur pour que votre successeur, même s’il connaît bien votre entreprise (notamment s’il y travaille), puisse être pleinement opérationnel quand il devra prendre des décisions stratégiques. Le volet “formation” n’est donc pas à négliger.

En parallèle,  vous avez intérêt à présenter le repreneur à vos différents interlocuteurs (partenaires, investisseurs, clients…) pour lui donner une véritable légitimité et assurer une continuité quand vous lui confirez le pilotage de l’entreprise.

Quand le projet de reprise est suffisamment avancé, n’oubliez pas non plus de prendre les devants au niveau de la communication envers vos salariés ! Pour éviter les jalousies et les suspicions quant aux compétences de votre successeur (le fait qu’il soit de votre famille peut éveiller la méfiance), il est important de rassurer et de montrer la crédibilité de votre projet de reprise notamment quant au maintien de l’emploi et au respect des valeurs.

3) Accepter la réalité de la transmission

Il faut se préparer à tout ce qu’implique la transmission d’une entreprise familiale. Au-delà des données chiffrées et des compétences du repreneur, il y a un facteur psychologique qui peut être déterminant.

Vous pouvez avoir du mal à lâcher du lest et à accepter de ne plus être le seul maître à bord. La perte de votre statut social et de votre influence peut être difficile à vivre.

Là encore, il est donc important d’y aller par étapes et de déléguer progressivement vos responsabilités. Le repreneur doit sentir que vous lui faites confiance car sinon le travail à deux sera difficilement supportable…

Il peut donc être judicieux d’être accompagné par une tierce personne (comme un expert-comptable ou un avocat) pour gérer au mieux la transition et bénéficier d’un regard extérieur et neutre.

Et vous, qu’en pensez-vous ?

Crédit photo : Laurel Harvey
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