Créer et développer une entreprise demande du temps et un investissement (personnel, financier) important.  Les créateurs et les dirigeants qui souhaitent pérenniser leur entreprise doivent anticiper les conditions de sa transmission pour faciliter la reprise de leur société.  Du côté des repreneurs, des précautions s’imposent également pour éviter des situations rapidement ingérables.

Reprise et transmission d’entreprise

La transmission d’entreprise : un événement stratégique à anticiper

Si vous voulez réussir la transmission de votre entreprise, vous allez devoir effectuer une solide préparation en amont.

Il va y avoir différentes étapes à suivre pour finaliser ce projet stratégique :

1) Réfléchir à la transmission de votre entreprise

  • Voulez-vous transmettre votre entreprise pour assurer sa pérennité ou plutôt pour réaliser un capital ?
  • Préférez-vous que vos proches prennent votre succession ou souhaitez-vous confier la direction de votre entreprise à un tiers ?
  • Avez-vous déjà une idée des coûts liés à la transmission et de la complexité de la procédure ?

Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises réponses !

Par exemple :

Assurer la pérennité de l’entreprise

Vous allez être confronté à deux problèmes majeurs :

  1. Le choix du repreneur :  qu’il s’agisse d’un membre de votre famille (proche ou lointaine) ou d’un tiers, le repreneur doit être sélectionné pour ses compétences et son expérience. Si c’est une personne extérieure à la famille qui est choisie, il faut alors que vous ayez résolu toutes les problématiques liées à votre succession (notamment le désintéressement des ayants-droits).
  2. La prospérité de l’entreprise : la capacité d’auto-financement doit être assez importante pour permettre d’assumer les coûts liés à la transmission (droits de mutation, remboursement des emprunts…)

 Réaliser un capital

La fiscalité va varier en fonction de la forme d’exploitation de l’entreprise :

  1. Entreprise individuelle : imposition des bénéfices réalisés avant la cession,  imposition immédiate des plus-values….
  2. Société : imposition immédiate des plus-values réalisées par les associés lors de la vente des titres…

Dans tous les cas, le capital de la transmission entre dans le patrimoine privé et peut-donc être assujetti à l’ISF.

2) S’entourer de professionnels

Reprise d’entrepriseLa transmission soulève des questions très complexes. Le droit de la succession, les régimes matrimoniaux, la fiscalité…..sont autant de domaines complexes et difficiles à appréhender.

Par exemple, si vous décidez de transmettre votre entreprise à l’un de vos enfants, il va falloir organiser le désintéressement des héritiers non repreneurs.  Il peut également être utile de changer de régime matrimonial ou d’opter pour un autre statut juridique pour simplifier la transmission et éviter les blocages. Vous devrez aussi établir l’inventaire de votre patrimoine pour définir votre projet de transmission.

Il est donc indispensable de demander conseil à des experts qui sauront vous accompagner et vous orienter dans votre démarche.

3) Se fixer un calendrier pour organiser la transmission

N’attendez pas d’être proche du départ en retraite pour organiser la transmission de votre entreprise ! Il est important d’anticiper pour prendre le temps d’aborder tous les aspects de cette étape cruciale.

Pour éviter de vous laisser déborder, le mieux est de vous fixer un calendrier pour prendre, les unes après les autres, les décisions qui s’imposent. Il ne faut pas négliger la durée des différentes formalités administratives à accomplir.

La reprise d’entreprise : être bien préparé pour faire le bon choix

Reprendre une entreprise est une décision qui ne doit pas être prise à la légère. En général, il faut compter entre 6 et 18 mois pour que ce projet aboutisse et le futur repreneur doit disposer de 30 à 40 % d’apports personnels pour financer la reprise.

1) Monter un projet solide

Si vous croyez qu’il est plus facile de reprendre une entreprise existante que d’en créer une, vous allez droit dans le mur.

Dès le départ, avant même de chercher l’entreprise à reprendre, vous devez procéder comme si vous vous lanciez dans un projet de création et vous interroger :

  • sur vos motivations
  • sur les conséquences de ce projet : votre entourage proche est-il d’accord ? Êtes-vous prêt à faire les sacrifices qu’implique l’entrepreneuriat (moins de loisirs, de vacances….)
  • sur le secteur d’activité qui vous intéresse : le risque d’échec augmente de façon significative si vous vous lancez dans un domaine que vous ne connaissez pas

La question du financement de la reprise est également très importante. Au-delà du montant des apports personnels, il faudra prévoir des frais de déplacement, les honoraires des conseils, une trésorerie suffisante pour faire face à des imprévus personnels….

2) Un choix minutieux

Transmission d’entrepriseLe choix de l’entreprise à reprendre doit être effectué avec le plus grand soin. Même si vous pensez avoir trouvé la perle rare et que le premier contact avec le cédant s’est bien passé, vous devez prendre en maximum de précautions.

Tout d’abord, vous devez vous écouter et prendre en compte votre propre ressenti. Si vous n’avez pas confiance ou si le courant ne passe pas du tout, mieux vaut ne pas insister.

Essayez aussi d’obtenir un maximum d’informations lors de vos rencontres…quitte à faire preuve de psychologie si certains sujets ne peuvent pas être abordés frontalement :

  • le “cédant” a t-il réellement l’intention de vendre ? ==> s’il veut juste tester le marché pour avoir une idée de l’intérêt que suscite son entreprise, il vous fera perdre votre temps car il ne vendra pas de suite
  •  le dirigeant a t-il déjà entrepris des démarches dans son entreprise pour préparer la transmission ? ==> si ce n’est pas le cas et que personne n’est informé dans l’entreprise de sa volonté de vendre, soyez méfiant.
  • pourquoi souhaite t-il vendre ? ==> ses motivations vont avoir une influence sur le délai de la vente et sur la négociation
  • est-il le seul décideur ? ==> il ne faut jamais négliger le facteur humain et l’influence de la famille (surtout si certains sont salariés ou impliqués dans l’entreprise)
  • quel est la situation du marché et de la concurrence ?
  • ….

Vous devez également visiter les locaux et procéder à un véritable diagnostic de l’entreprise pour avoir une vision la plus complète possible (diagnostic sur la stratégie de l’entreprise, ses produits, la concurrence, les ressources humaines, la comptabilité, l’étude des éléments juridiques, les moyens de production, l’environnement, la sécurité….).

Là encore, comme dans le cas de la transmission d’entreprise, ne faites pas l’impasse sur les conseils d’experts. Ils vous accompagneront notamment dans la réalisation d’un audit d’acquisition, dans l’évaluation de l’entreprise (pour estimer notamment ce qu’elle peut vous rapporter), et dans la rédaction de votre business plan.

3) Négociez

Préparez-vous en amont en fixant votre fourchette de prix mais aussi en déterminant les éléments qui sont essentiels pour vous et ceux sur lesquels vous êtes prêts à faire des concessions.

Lors de la négociation, pensez notamment à prévoir la possibilité de rompre la négociation et à faire acter toutes les décisions qui peuvent être prise. Cela va permettre une plus grande transparence et surtout éviter des revirements sans fin.

Ne vous cantonnez pas non plus à une discussion sur le prix ou sur les modalités de paiement. Pensez notamment à aborder la question du processus de transmission pendant l’année en cours,  et à vous assurer de l’implication du cédant (présentation à ses contacts, à ses clients et à ses salariés, remise du disque dur avec toutes les données liées à la vie humaine de l’entreprise, etc…).

Si la négociation n’est pas votre point fort ou si vous n’avez pas assez d’expérience dans ce domaine, n’hésitez pas à vous faire assister d’un professionnel.

Crédits photos : merci à Kevin H., à elycefeliz, à HickingArtist.com

 

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