Le “Made in France”, l’”Origine France”, et autres appellations à la mode sont devenues très tendances car elles permettent de développer une relation de confiance avec le consommateur et donc de vendre plus.

Mais attention à ne pas faire tout et n’importe quoi ! Il y a tout d’abord des règles à respecter si vous voulez pouvoir spécifié que vos produits ont été fabriqués en France. Sinon, vous risquez des sanctions assez lourdes (à ce sujet, voir : Les Flops du Made in France : le French Washing ou comment transformer la réalité).

Quand vous dirigez une petite entreprise, vous avez même intérêt à aller beaucoup plus loin si vous voulez rester crédible auprès de vos clients.

Voici pourquoi.

Ce dossier est réalisé à l’occasion des 3 Jours du Made in France, du 11 au 13 novembre 2014, sur Gautier-Girard.com.  

Le Made in France en 2014

Made in France : ce que dit la loi

Les entreprises ont l’obligation de déclarer l’origine des produits qu’elles importent. En revanche, sauf dans quels exceptions (comme les produits alimentaires par exemple), rien n’oblige une entreprise à afficher sur chaque produit son origine géographique.

Mais attention : si vous décidez de mentionner l’origine, vous devez alors respecter les règles du code des douanes communautaire. 

A partir de là, la situation se corse. Si vous produisez à 100 % votre produit en France, il n’y a pas de problèmes : vous pouvez indiquer que votre produit est de fabrication française.

Lorsque qu’il y a au moins deux pays qui interviennent dans la fabrication, le critère retenu pour déterminer l’origine du produit es le lieu de la “dernière transformation substantielle”.   Grosso modo, cela veut dire qu’il faut qu’il y ait une étape important de fabrication permettant de finaliser le produit ou d’en créer un nouveau (le conditionnement ou les simples finitions ne sont donc pas suffisant).

Mais la notion de “dernière transformation substantielle” est quand même assez complexe car elle va prendre en compte le changement de (sous) position dans le classement tarifaire douanier, une proportion de valeur ajoutée dans le prix “départ usine” du produit ou une liste de plusieurs opérations de transformation.

Si votre produit n’est pas considéré comme “Made in France” au sens de la règlementation douanière, il est formellement interdit d’apposer un symbole ou un signe laissant supposer qu’il est d’origine française ou qu’il a été fabriqué sur le territoire français.

Le cas des labels

Le label de plus reconnu est l’Origine France Garantie. Pour en bénéficier, il faut se conformer à un cahier des charges spécifiques et respecter les deux conditions minimales cumulatives suivantes :

  • au moins 50 % du prix de revient unitaire du produit a été réalisé en France
  • les caractéristiques principales du produit sont d’origine française

Un maximum de transparence pour rassurer vos clients

 Suivre les dispositions imposées par la règlementation française n’est pas suffisant. Vous devez aller plus loin, beaucoup plus loin même, si vous voulez gagner la confiance de vos clients et construire avec eux une relation sur le long terme.

Parce que pour vos clients, il y a une marge entre ce qui est légal et ce qui est véritablement éthique. Même si vous êtes dans les clous juridiquement parlant, votre image de marque peut se dégrader très vite si votre engagement n’est pas réel et s’ils se sentent trompés.

Prenons l’exemple du tout nouveau label “fait maison” dans la restauration. Pour beaucoup de consommateurs, cela signifie que tout a été préparé sur place à partir de produits frais. En réalité, les produits surgelés sont autorisés (sauf les pommes de terre) tant qu’ils sont cuisinés sur place. A partir de là, le client d’un restaurant qui a payé un plat “fait maison” peut se sentir floué…

Avec le Made in France, c’est la même chose.  Parfois, seul l’assemblage est effectué en France, ou un seul détail est rajouté au produit, et l’entreprise va quand même communiquer sur le concept du Made in France. Quand le client l’apprend, il peut légitimement se poser des questions, surtout lorsqu’il est possible de se fournir en matières premières sur le sol français.

Cette stratégie convient sans doute à certains grands groupes, mais pas du tout aux petites entreprises. Un dirigeant d’une petite structure ne peut pas se permettre de jouer avec son image de marque. Si vous voulez mettre en avant la conception française de vos produits, vous devez travailler en amont pour vous rapprocher au maximum d’un 100 % Made in France !

Et vous, qu’en pensez-vous ?

Crédit photo : Shutterstock.com
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