Comment trouver un bon traducteur pour les opérations d’import et d’export de votre entreprise ? Que valent les solutions clé-en-main des CMS de e-commerce ? Dans quels cas faire appel à un interprète plutôt qu’à un traducteur ?

Sandrine Rizzo (voir son profil) est consultante en langues et gérante d’une agence de traduction, My Linguist (www.my-linguist.com).  A l’occasion de la Semaine de l’International du 27 mai au 2 juin 2014 sur Gautier-Girard.com, elle vous explique comment procéder pour trouver un(e) traducteur(trice) compétent(e).

Traduction : trouver un bon traducteur pour l’import et l’export

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, beaucoup d’entrepreneurs préfèrent recourir à des solutions clé-en main (modules sur certains CMS e-commerce) ou à des logiciels de traduction plutôt que de faire appel à un professionnel.
A votre avis, quels sont les risques liés à ces pratiques ?

Les traductions clé-en-main offertes par les CMS d’e-commerce et la traduction automatique sont des solutions pratiques qui permettent de traduire rapidement et à moindre coût (voire gratuitement) des contenus standardisés. Elles peuvent être préconisées dans certains cas, notamment pour les e-boutiques (traduction des rubriques/menus).

Cela devient plus périlleux lorsqu’il s’agit de traduire des contenus plus stratégiques, tels que la présentation ou les CGV d’une entreprise.

Les logiciels CRM ne fournissent généralement pas ce service, la traduction de ces contenus est donc à la charge du vendeur et bien souvent, ces parties sont laissées dans la langue d’origine. Le client étranger n’ayant pas accès aux informations relatives aux conditions d’achat, de livraison, de réclamations, etc. se tournera alors vers la concurrence, qui elle aura pris soin de fournir les informations contractuelles dans la langue de ses clients. Cela peut constituer un fort manque à gagner pour l’entreprise négligente.

La traduction automatique quant à elle reste encore insatisfaisante, le logiciel n’étant pas capable de choisir le bon mot en fonction du contexte (ex : traduction de “cart” par “chariot” au lieu de “panier”). Les entrepreneurs qui optent pour la traduction automatique voient leurs démarches commerciales contreproductives, étant donné qu’une page mal traduite, incompréhensible, voire inexploitable aura pour conséquence la pure et simple fuite des clients potentiels, doutant du sérieux et du professionnalisme du vendeur et craignant une mauvaise expérience client.

Les documents commerciaux et les sites internet représentent l’entreprise à l’étranger et constituent son image de marque. Leur traduction ne doit être en aucun cas négligée, pour le respect de l’entreprise, mais aussi pour le respect du client.

On associe souvent les questions de traduction à l’export et à la conquête de marchés internationaux. Mais est-ce qu’il ne peut pas y avoir des erreurs de compréhension lors de l’achat de produits à l’étranger ? Les traductions fournies par les fournisseurs étrangers sont-elles réellement fiables ?

Quelle que soit l’entreprise émettrice de la documentation (fournisseur, distributeur, vendeur, fabricant, etc.), le client doit s’assurer que la documentation reçue a été correctement traduite dans sa langue maternelle, afin d’être parfaitement informé des conditions d’achats de livraison ou d’usage du produit qu’il achète. En cas de documentation incompréhensible, si les phrases ne semblent pas naturelles, fluides, s’il y a des erreurs d’orthographe, de grammaire, de syntaxe, alors les traductions ne sont pas considérées comme fiables.

En Europe, dans le cadre de la vente par internet, la Directive 97/7/CE du Parlement européen et du Conseil du 20 mai 1997 concernant la protection des consommateurs en matière de contrats à distance, stipule que le vendeur est tenu de fournir les informations contractuelles “de manière claire et précise, et par tout moyen adapté à la communication à distance utilisée”. Par conséquent, si les fournisseurs ont bien fait leur travail, il ne devrait pas y avoir de déconvenues !

Il peut y avoir des problèmes lors de l’import : marchandises bloquées à la douane, ce qui arrive par exemple lorsque l’expéditeur n’a pas pris en charges les frais de douane….
S’il faut contacter rapidement le fournisseur ou le transporteur pour régler rapidement la situation, un(e) traducteur(trice) est -il également compétent pour une intervention orale (par téléphone par exemple) ?

Tout dépend du traducteur (ou de la traductrice !) et de la situation. En théorie, le traducteur ne pratique son métier qu’à l’écrit et vers sa langue maternelle. Il traduit des contenus techniques, juridiques, commerciaux et utilise un langage soutenu et/ou spécialisé dans ses domaines de prédilection. Certains traducteurs qui maîtrisent parfaitement ses langues de travail (à l’écrit et à l’oral) sont tout-à-fait capables de passer un coup de fil pour résoudre un problème ou désamorcer une crise. D’autres préfèrent se consacrer à l’écrit uniquement et déclineront cette offre.

En règle générale, pour toute prestation orale, il convient de contacter un interprète, qui intervient dans les conférences, séminaires ou réunions. C’est une personne parfaitement bilingue, qui est capable de s’exprimer couramment dans ses deux langues de travail et pourra mener à bien cette prestation. Sauf geste commercial ou accord différent, le donneur d’ordre doit s’attendre à payer cette mission, notamment si d’autres actions sont nécessaires (plusieurs appels, envois de courriers/mails…). Il devra également fournir toute la documentation nécessaire et la terminologie qu’il utilise (si la demande est très spécifique).

Comment choisir dans ce cas un(e) traducteur/trice réellement compétent(e) dans la langue visée ? Est-il préférable de faire appel à quelqu’un dont c’est la langue maternelle ?

Les traducteurs professionnels traduisent toujours vers leur langue maternelle, cela fait partie de l’usage dans la profession. Seule une personne qui s’exprime dans sa propre langue est capable d’assurer la qualité optimale de son travail.

Le métier n’étant pas réglementé, quiconque peut décider du jour au lendemain d’exercer cette profession, c’est pourquoi il est difficile de sélectionner les bonnes personnes dans cette véritable jungle J !

Pour éviter les écueils, il convient de vérifier les points suivants :

  • Langue d’arrivée : la personne est native du pays ou de la région de vos lecteurs (attention à la différence entre anglais britannique et américain, entre portugais du Portugal ou du Brésil, etc…)
  • La personne est-elle diplômée ? Si non, possède-t-elle l’expérience et les compétences nécessaires pour effectuer le travail (niveau de langue, séjour à l’étranger, expérience avérée dans ce métier) ?
  • La personne est-elle expérimentée ? Depuis combien de temps exerce-t-elle ce métier, quelle est son expérience dans votre domaine d’activité ou bien dans le type de document à traduire ?
  • Quelle est sa spécialité ? Un traducteur scientifique ne traduira pas de la même façon qu’un traducteur littéraire ou juridique, le style d’écriture doit être pris en compte.

Merci Sandrine !

Et vous, comment avez-vous procédé pour trouver votre traducteur/traductrice ? Avez-vous déjà rencontré des problèmes de traduction à l’import ?

Crédit photo : merci à Pinot Dita 
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