L’économie collaborative a le vent en poupe ! Selon un sondage réalisé par Harris Interactive*, près d’un Français sur deux a déjà participé au moins une fois à un service d’entraides entre particuliers.

Les entreprises commencent aussi à s’y mettre pour mutualiser leurs ressources (salariés, matériel, locaux).

Dans l’industrie par exemple, il y a souvent de vraies difficultés pour gérer les pics et les creux d’activités. Alors pourquoi ne pas se rapprocher et créer les conditions d’un partenariat gagnant-gagnant ? C’est pour cela que Jean-Baptiste Guigonet a créé factoryz, une société qui permet le partage de ressources humaines et matérielles entre entreprises via une plateforme en ligne et des agences locales.

Cette interview est réalisée à l’occasion des 3 Journées de l’Entrepreneuriat Durable du 31 mars au 2 avril 2015 sur Gautier-Girard.com

Jean-Baptiste Guigonet, fondateur de Factoriz

Pourriez-vous vous présenter, ainsi que votre entreprise, en quelques mots ?

Je suis Jean-Baptiste GUIGONET, fondateur de factoryz. J’ai débuté ma carrière dans l’industrie où j’étais quotidiennement confronté aux problématiques de gestion des charges d’activité : comment adapter les moyens de production lorsque l’activité baisse et comment se renforcer lors de pics d’activité ?

De cette expérience est née factoryz, solution de gestion des fluctuations d’activité basée sur le partage de ressources humaines et matérielles entre entreprises. Le concept en est très simple : les entreprises en sous-charge qui disposent de ressources humaines volontaires et disponibles ou de matériels sous-utilisés, peuvent les mettre ponctuellement à la disposition d’autres entreprises qui en ont le besoin. C’est ce que nous appelons le F2F : Factory-to-Factory.

factoryz est basé sur une plateforme internet et un réseau d’agences locales.

Concrètement, comment fonctionne votre système de partage de ressources ?

Voici un exemple concret de partage de ressources humaines : une entreprise de métallurgie connaît une baisse d’activité temporaire et ne peut pas donner de travail à tous ses soudeurs. A quelques kilomètres, une entreprise de chaudronnerie doit faire face à un pic d’activité, et manque de soudeurs.

Quelles sont les solutions aujourd’hui pour les chefs d’entreprises ? L’entreprise en sous-charge a éventuellement recours au chômage partiel… L’entreprise en surcharge peut faire appel à l’intérim, solution coûteuse pour une PME.

Avec factoryz, l’entreprise en sous-charge renseigne sur la plateforme internet la disponibilité de son collaborateur. L’entreprise en surcharge est informée de cette disponibilité et les deux sociétés sont mises en relation. Elles échangent sur la plateforme afin de définir le partage souhaité : la mission, la durée…

Une fois un accord trouvé, les entreprises sont accompagnées par l’équipe locale de factoryz pour mettre en place le partage, dans le plus strict respect des cadres juridique,légal et assurantiel. Le salarié est ensuite mis à la disposition de l’entreprise utilisatrice pour la durée convenue, et réintègre son entreprise à la fin de la mission. L’entreprise utilisatrice rembourse simplement les salaires, charges et frais éventuels à l’entreprise prêteuse.

Toutes les parties prenantes sont gagnantes : l’entreprise en sous-charge allège ses charges, l’entreprise en surcharge économise par rapport à la même prestation en intérim, le salarié valorise ses compétences et développe son employabilité. Enfin, les entreprises développent des synergies durables.

Le service de partage de ressources matérielles est basé sur la location entre entreprises, la fourniture de temps machine ou de prestations, selon le même mode de fonctionnement.

Le principe de la mise en location du matériel sous-utilisé semble relativement simple à mettre en place. En revanche, comment procéder lorsqu’il s’agit de ressources humaines ? D’après les retours que vous avez, est-il facile de présenter ce projet aux salariés et d’obtenir leur consentement ?

Un premier point important : ce consentement est légalement nécessaire. Aucun salarié ne pourra se voir imposer une mise à disposition.

Est-il facile alors d’obtenir le consentement des salariés ?

Tout d’abord, et les premiers retours nous ont permis de le confirmer, un salarié de PME industrielle préfèrera travailler plutôt qu’être en sous-activité…

Ensuite, factoryz est un partenaire de confiance. Nous nous développons autour de valeurs fortes : la passion de l’industrie et de ses savoir-faire, l’humainau cœur du service. Notre modèle a été pensé pour accompagner au mieux nos entreprises membres et leurs salariés : une plateforme internet pour fluidifier les échanges, et une présence locale via un réseau d’agences, pour un accompagnement de proximité.

La majorité des salariés préféreront valoriser leurs compétences et développer leur employabilité en toute confiance, plutôt qu’une période de sous-activité ou de chômage partiel. Avec en plus la satisfaction d’avoir aidé son entreprise dans un moment difficile.

Est-il possible d’avoir par exemple un aperçu des biens mis en location avant de régler un abonnement ?

L’accès aux services factoryz se fait par un abonnement semestriel. Une période d’essai gratuite permet aux entreprises intéressées d’avoir un aperçu des ressources partagées.

Nous déployons actuellement factoryz sur la région des Pays de Loire, et l’accès est gratuit pendant la phase de lancement.

Pensez-vous que votre concept qui repose sur le partage et la mise en place de relations gagnant-gagnant soit amené à se généraliser dans les années qui viennent ?

J’en suis persuadé !

Soyons réalistes, les entreprises y viennent d’abord pour un intérêt économique, dans une logique d’optimisation de leurs ressources, avec la possibilité d’alléger des charges pendant une période de sous-activité, ou de se renforcer à un coût optimisé lors de pics.

Elles adopteront le partage de ressources pour ses avantages collaboratifs : la valorisation des compétences de leurs salariés, le développement de synergies durables, gagnant-gagnant, avec d’autres entreprises.

Merci Jean-Baptiste !

Et vous, qu’en pensez-vous ?

Crédit photo : Shutterstock.com
 * enquête réalisée entre le 15 et le 22 octobre 2014 auprès d’un échantillon de 1 000 Français de plus 15 ans
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