Savez-vous que le sentiment de culpabilité peut réellement nuire à la réussite de votre entreprise ? Attention, il ne s’agit pas de renier l’éthique, les règles sociales ou les valeurs personnelles de chaque individu, mais plutôt de se débarrasser d’un parasitage contreproductif que nous employons souvent contre nous-mêmes.

Coupable ou non coupable ?

En regardant la définition de la culpabilité dans un dictionnaire, vous pouvez voir que la définition de la culpabilité recouvre deux notions distinctes.  Selon le Larousse, la culpabilité est à la fois :

  • l’état de quelqu’un qui est coupable d’une infraction ou d’une faute
  • le sentiment de faute ressenti par un sujet, que celle-ci soit réelle ou imaginaire

La première hypothèse est la facile à appréhender. Si vous roulez à 110 km/h sur une route limitée à 90, vous commettez une infraction. Dès lors, vous êtes coupable au yeux de la loi. Et si vous vous faites prendre, vous serez sanctionné. Votre propre perception de votre faute n’entre pas en ligne de compte, c’est une culpabilité plus “rationnelle”(même si elle est évolutive et très différente en fonction des époques, des cultures ou des pays).

En revanche, la seconde hypothèse est relative à un « sentiment », et fait donc appel au subjectif et à l’irrationnel. Comme le souligne la définition,  la faute n’a pas besoin d’être réelle pour être perçue comme telle, et c’est ce qui empoisonne le quotidien de nombreux entrepreneurs.

La faute imaginaire et la culpabilité

Le sentiment de culpabilité basé sur une faute imaginaire est un frein puissant à l’efficacité mais aussi à la confiance en soi.

VOICI UNE MISE EN SITUATION CONCRÈTE illustrer ce propos. Imaginons que vous ayez pris l’habitude de travailler le samedi, alors que pour vos clients votre entreprise ferme le vendredi à 19h. Ces heures supplémentaires vous sont profitables parce qu’elles vous servent à classifier et à analyser vos données, à faire le bilan de la semaine, et aussi à vous concentrer sur toutes les tâches administratives et comptables que vous négligez le reste du temps.

Seulement, à force de cumuler les heures, vous finissez par vous sentir fatigué. Alors vous avez envie, une fois n’est pas coutume, de profiter de votre samedi pour vous reposer et récupérer. Cette idée, apparemment très séduisante, va pourtant se révéler difficile à mettre en œuvre. Le vendredi soir, vous n’allez avoir aucune difficulté à rester sur votre résolution, et peut-être même que vous parviendrez à vous octroyer une heure de sommeil supplémentaire
le samedi matin. Mais, ensuite, votre sentiment de culpabilité va se réveiller.

Et c’est là que la situation se complique car la culpabilité va avoir un impact direct sur votre productivité.

Le phénomène comportemental lié à la culpabilité est très intéressant à observer. Poursuivons avec le même exemple : lorsque votre sentiment de culpabilité est en action, vous commencez par interpréter votre besoin de repos et de détente comme une envie de ne rien faire.  Vous le percevez alors comme de la paresse ou un manque de professionnalisme et donc comme « une faute ». Vous commencez alors à vous dire que vous ne devriez pas être là, chez vous, qu’il y a du travail qui vous attend, qu’en tant que chef d’entreprise vous n’avez pas le droit de vous laisser aller à vous écouter …

Dans ce cas de figure, vous avez trois options :

  1. Vous vous forcez à aller au bureau : C’est un mauvais choix. Vous ne parvenez pas à vous concentrer, et vous n’êtes pas réellement efficace. Au final, vous avez accentué votre fatigue pour procrastiner une grande partie de la
    journée.
  2. Vous poursuivez votre journée en ressassant votre culpabilité présumée. C’est une autre erreur. Vous ne profitez pas de cette journée et vous n’arrivez pas à vous détendre. Le temps file inutilement, puisque vous restez tendu. Ce sentiment illusoire de faute risque même de vous poursuivre le dimanche.
  3.  Vous prenez conscience qu’il ne s’agit là que d’une fausse culpabilité et vous chassez cette idée. Bravo. Ainsi, vous savourez cette journée et celle du lendemain. Résultat : vous attaquez la semaine suivante frais et dispos, et vous améliorez vos performances.

Prendre du temps pour soi (repos, sport, famille, amis, loisirs…)est parfois un vrai défi pour les entrepreneurs.

Rappelez vous la définition initiale de la culpabilité, qui parlait d’un sentiment de faute « imaginaire ». Dans ces moments-là, il est important de prendre du recul par rapport à cette idée de faute et au ressenti qu’elle génère. Apprenez à vous faire confiance et à ne pas vous auto-culpabiliser en permanence lorsque vous prenez une décision qui vous correspond. Au-delà de la pression extérieure (le regard des autres, les enjeux financiers…), nous avons souvent trop tendance à accentuer tout seul notre propension au stress et à la négativité.

Dites-vous aussi  qu’en vous occupant de vous, de votre bien-être et de celui de vos proches, vous travaillez aussi à la réussite de votre entreprise. Entretenir sa motivation et sa santé est un élément capital si vous souhaitez que votre activité s’inscrive dans la durée. Alors inutile de culpabiliser quand vous prenez soin de vous ou quand vous faîtes quelque chose qui vous plaît : c’est aussi un excellent avantage concurrentiel.

Et vous, vous est-il déjà arrivé de ressentir ce genre de culpabilité ? Que faites-vous pour y remédier ?

Crédits photos : merci à dalbera,  à Qfamily, à River Beach

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