L’un des principes qu’observent les leaders est la maîtrise de soi. Le sens commun de cette notion est de dire qu’il s’agit de savoir se modérer en toute occasion. Mais la question à se poser en amont de cette modération est de se demander quels sont les facteurs permettant une certaine modération de soi ?

Dans le fond, la maîtrise de soi est entendue au sens de la capacité du leader à savoir prendre du recul sur lui-même et sur les autres. On peut se référer à la définition de maîtrise donnée par le dictionnaire de l’Académie française :

Maîtrise : Acte par lequel on marque la supériorité dans un art ou dans une science.

Si l’on s’attache à cette définition, la définition de la maîtrise de soi consiste pour un individu à tendre vers une certaine modération en considérant que toutes les choses sont relatives.

Comme notion de leadership, la maîtrise de soi se décline en 3 facultés :

  • Connaître ses points forts et ses points faibles,
  • Ne pas avoir peur des critiques, considérer que tout est apprentissage,
  • Savoir évaluer la toute relative notion de perfection… et modérer ses exigences (attentes) envers soi et envers les autres.

Je vous propose dans ce dossier d’explorer ces facultés nécessaires au leadership par la maîtrise de soi.

Connaître ses atouts et ses points faibles pour mieux se maîtriser

Le leader n’échappe pas à la règle commune à toute l’humanité : toute personne a des qualités et des défauts. Des atouts et des carences dans certains domaines.

Les atouts de soi et des autres sont maîtrisés

Les atouts sont exploités par le leader sans particulièrement se mettre en avant.

La raison est qu’en matière de leadership, l’individu sait que ses atouts ne sont ni absolus (un atout aujourd’hui peut devenir un point faible plus tard), ni exclusifs (d’autres personnes ont des atouts au moins aussi forts).

Les points faibles de soi et des autres sont maîtrisés

Le leader n’exploite pas les points faibles des autres. Il partage son expérience et ses connaissances s’il le peut pour aider les autres s’ils le désirent à évoluer.

La raison est simple : la maîtrise de soi sur le plan du leadership place le leader sur un pied d’égalité avec les autres sur le plan des points forts et des points faibles. Le leader a conscience d’avoir lui-même des points faibles. Cette conscience relativise son point de vue sur les autres.

Autre point, comme les atouts, avoir un leadership c’est considérer que les points faibles sont relatifs et non-exclusifs : toute personne peut s’améliorer et une personne ne concentre pas que des points faibles.

Cette approche aide beaucoup à la maîtrise de soi parce que partant de ce principe, les points faibles ne sont plus des frustrations. Ce sont des apprentissages et des sources de motivations pour essayer de faire mieux.

Ne pas avoir peur des critiques pour améliorer sa maîtrise de soi

Je me permets à nouveau de citer Winston Churchill, comme dans le dossier traitant du leadership et de l’écoute de soi et des autres. Winston Churchill disait une très belle chose sur la critique :

La critique peut être désagréable, mais elle est nécessaire. Elle est comme la douleur pour le corps humain: elle attire l’attention sur ce qui ne va pas.

Admettre la critique (accepter de recevoir des critiques) est une qualité du leadership parce que c’est une source de maîtrise personnelle. Ainsi, le leader sait qu’il y a au moins un peu de vrai dans toute critique, même si les arguments sont exagérés, fallacieux ou ont pour but d’affaiblir ou de déstabiliser.

Une fois de plus le dictionnaire de l’Académie française nous éclaire sur ce concept d’admettre quelque chose :

Admettre : Recevoir par choix, faveur ou condescendance.

Et aussi : Autoriser, permettre.

Autrement dit, admettre la critique ce n’est pas prendre pour argent comptant tout ce qui se dit sur soi et ce que l’on fait. C’est avoir une certaine hauteur en acceptant de recevoir des critiques… tout en se réservant la liberté de faire la part des choses sans frustration. Parce que comme nous l’avons vu plus haut, la maîtrise de soi c’est considérer les qualités et défauts comme relatifs.

Cette liberté aide le leader à maîtriser son apprentissage, sa réalisation personnelle. En d’autres termes, à s’accomplir.

Prendre la perfection comme une notion relative pour savoir se maîtriser

Un principe de leadership entendu par le leader est d’avoir conscience de ne pas être parfait et de ne pas pouvoir réaliser des choses parfaites. Un leader n’est pas la perfection et ce qu’il fait n’est pas parfait.

Chaque personne a une vision différente de ce qu’est la perfection. Il y a 6,5 milliards de personnes sur Terre. Donc il y a 6,5 milliards de perceptions différentes de la perfection.

La perfection au sens absolu, c’est toute la production scientifique à laquelle l’être humain est doué, à la façon d’un 1 + 1 = 2. La perfection au sens relatif, c’est un être humain qui considère que 1 + 1 = 4 pour toutes les grandes valeurs de 1.

Une fois de plus, considérer la perfection comme une notion relative ne génère pas de frustration mais constitue une source de libération : il est plus facile d’accéder à une certaine maîtrise de soi en considérant que les hommes et les choses ne sont pas fixes, ni foncièrement bien ou foncièrement mal.

Connaître et admettre soi-même et les autres… considérer la critique… considérer la relativité de la perfection comme facteurs de maîtrise de soi… qu’est-ce que cela vous inspire ?

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