Une étude publiée en septembre 2016 par la Fondation Jean Jaurès, en partenariat avec l’Ifop, montre que la France est en tête des pays européens quand il s’agit de suicide (source).

39% des Français ont déjà pensé au suicide et 20% l’ont envisagé sérieusement. La France, qui était jusqu’à présent très en retard en matière de prévention, commence progressivement à mettre en place des dispositifs pour apporter un soutien psychologique à toutes les personnes en situation de détresse.

Y compris vis-à-vis des entrepreneurs ! En effet,  les commerçants, les artisans et l’ensemble de travailleurs indépendants ne sont pas épargnés par ce phénomène. Horaires à rallonge, difficultés économiques, risques de perte de leur patrimoine, perte de statut social et problèmes avec l’entourage quand il faut fermer sa boîte,  impression d’être incompris, etc., il y a de multiples facteurs qui peuvent expliquer le sentiment de perdre pied et l’envie d’en finir.

Même si aucun chiffre officiel n’est avancé, l’Observatoire de la Santé des Dirigeants de PME estime, en s’appuyant sur plusieurs sources, qu’il y aurait environ 180 suicides par an, soit un suicide tous les deux jours.

C’est pour cela que l’APESA (Aide Psychologique aux Entrepreneurs en Souffrance Aigüe) a vu le jour en 2013 à l’initiative du greffier du tribunal de commerce de Saintes (Charentes-Maritimes) et d’un psychologue clinicien.

Depuis le lancement de ce dispositif, 241 dirigeants ont ainsi été accompagnés.

Le suicide chez les entrepreneurs

42 tribunaux de commerce vont utiliser le dispositif APESA

Aujourd’hui 10 tribunaux de commerce utilisent l’APESA mais il y en aura 32 de plus prochainement. Le personnel des tribunaux est spécialement formé pour apprendre à identifier les dirigeants en danger. Si l’entrepreneur accepte d’être aidé, une “fiche alerte” est immédiatement envoyée à un psychologue coordinateur.

Le dirigeant est alors contacté dans les 24 heures (dans les deux heures en moyenne) par une plateforme d’assistance santé. En fonction du risque suicidaire, des solutions vont être trouvées comme par exemple la prise en charge de l’entrepreneur par un des 165 professionnels ayant été formé aux situations d’urgence et affilié au réseau (psychologues, conseillers conjugaux, addictologues, etc.). Il bénéficie alors de cinq consultations gratuites.

Pour tous renseignements concernant le dispositif APESA, vous pouvez vous adresser au greffe du tribunal de commerce, au mandataire lors d’une procédure judiciaire ou même aux juges lors des audiences.

Pour en savoir plus : un soutien psychologique gratuit avec APESA France

Et vous, qu’en pensez-vous ?

Crédit photo : Alessio Di Salvo
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