L’entrepreneuriat et le management d’entreprise sont intimement liés à la notion de leadership. Habituellement le leadership est associé à ce qu’on appelle les “meneurs d’hommes”, et cette association est particulièrement liée à la gestion des ressources humaines (GRH). Mais en fin de compte, la notion de leadership est afférente à toute personne qui souhaite atteindre des objectifs professionnels.

La définition du mot leadership est éclairante à ce sujet : le leadership désigne la capacité à conquérir et à conserver une fonction de leader. Par extension de définition, le leadership désigne la capacité à mener des personnes et des organisations vers l’atteinte d’objectifs.

Et dans la pratique, cette capacité requiert que l’entrepreneur manager soit en mesure d’amener à lui, de susciter l’intérêt de multiples intervenants pouvant aider à atteindre ses objectifs : partenaires, associés, fournisseurs, clients, banquiers, médias… et éventuellement personnels de l’entreprise. On remarque que les personnels font partie des personnels à mobiliser, mais que ce n’est pas exclusif.

Cela veut dire que l’entrepreneur manager est un leader qu’il aie ou non des personnes “sous” lui.

Leadership de droit et leadership de fait

Cela nous amène à deux distinctions fondamentales dans la définition du leadership. Il existe en effet deux sources de leadership : le leadership de droit et le leadership de fait.

Le leadership de droit

Il est possible d’être leader de droit c’est à dire avoir avoir le droit, par son statut, d’exercer une autorité auprès d’une organisation ou d’un groupe de personnes. Cette autorité de droit est réservée aux chefs d’entreprise et aux managers d’entreprise qui ont un statut qui les associe clairement au management d’une organisation ou d’un groupe de personnes. Il s’agit par exemple des dirigeants d’entreprise, et les managers d’entreprise. Ce sont hiérarchiquement les chefs, les patrons.

Cette légitimité du leadership est formellement transmise par des actionnaires dans le cadre d’un chef d’entreprise, ou par des personnes d’un niveau hiérarchique plus élevé dans le cadre d’un manager d’entreprise.

Le leadership de fait

D’un autre côté, le leader de fait tient sa légitimité d’une manière informelle. Cette légitimité vient de certaines qualités du leader de fait. Ces qualités lui permettent de sortir du lot parmi le groupe ou l’organisation et d’exercer une certaine influence dessus.

Autrement dit, la légitimité du leader de fait n’est pas en rapport avec son statut formel dans l’entreprise. Sa légitimité ne vient pas d’une nomination officielle au sein de l’entreprise ou du groupe.

Les sources de cette légitimité sont : le charisme, les capacités de communication, les capacités de motivation, les capacités d’écoute, les capacités de maîtrise de soi, et enfin les capacités de décision.

Il est possible pour le manager/entrepreneur de détenir à la fois un leadership de droit en même temps qu’un leadership de fait, ou exclusivement l’un ou l’autre.

Le leadership est de moins en moins détenu par une seule et même personne

C’est un fait récent dans les organisations et les groupes : l’ultra-spécialisation des acteurs de l’entreprise fait qu’à ce jour, il existe souvent plusieurs leaders au sein d’une même structure et d’un même groupe. Cette multiplicité est fonction du niveau hiérarchique et du domaine d’action.

C’est à dire que dans une même structure, certaines personnes ont une autorité suffisante (lire : exercent un leadership suffisamment légitime et reconnu) pour influencer l’organisation. Ce fait est à la fois une chance pour l’organisation grâce aux qualités de ces leaders. Mais c’est aussi une faiblesse. Les multiples managers exercent des pressions les uns contre les autres dans le but d’acquérir plus d’influence. La raison est que l’influence est un pouvoir au sein de l’entreprise… et le pouvoir attise les convoitises.
Ces pressions peuvent s’exercer de deux façons : contre l’entrepreneur manager dont le niveau hiérarchique est supérieur (remise en cause du leadership de droit par un leadership de fait). Ou contre un manager d’un niveau hiérarchique équivalent (augmenter son périmètre de pouvoir en surclassant un autre leader sur son propre terrain).

Prenez attention au phénomène de leaderships multiples

Si vous êtes au niveau hiérarchique supérieur je vous recommande d’être vigilant par rapport aux leaders potentiels au sein de votre organisation. Les pressions au sein de l’équipe peuvent s’exercer contre d’autres personnes ou même contre vous (souvenez-vous : l’influence, c’est le pouvoir).

Des pressions au sein de l’équipe pour obtenir le leadership

Si des pressions s’exercent au sein de votre équipe pour le leadership, vous ne pouvez pas décemment juger que diviser, c’est mieux régner. Cette conception n’est pas adaptée à l’entreprise parce que l’énergie n’est pas dépensée dans un but positif. De plus, si des personnes tentent d’exercer un leadership sur d’autres, cela veut dire que votre propre autorité de leader est remise en cause. Si vous n’êtes pas capable de tenir votre propre équipe votre crédibilité diminue. Si votre crédibilité diminue, c’est votre leadership de fait qui diminue.

C’est votre propre leadership qui doit s’exercer pour mettre fin ou atténuer les pressions des uns contre les autres. Il s’agit officiellement de sanctuariser les postes de chacun pour asseoir votre propre autorité. C’est vous qui managez l’équipe, c’est vous qui décidez des postes, attributions et pouvoirs de chacun.

Des pressions contre vous pour obtenir le leadership

Si les pressions s’exercent à votre encontre, il est long et très difficile de ramener la barre en votre faveur. La raison est qu’il est souvent trop tard lorsqu’on s’en rend compte parce que c’est une véritable révolution de velours qui s’est déroulée sans que vous vous en rendiez véritablement compte. La meilleure façon de lutter contre ces pressions reste de les prévenir en vous assurant que votre leadership de droit et de fait s’exercent chez toutes les personnes de l’entreprise.

Il faut savoir que votre propre poste n’est pas sanctuarisé par un leadership de droit. N’importe qui peut vous mettre dehors si en tant qu’actionnaire vous n’avez pas la majorité absolue des parts de la société (50% des droits de vote + 1 voix).

Avez-vous été ou êtes-vous confronté à ce souci de remise en cause de votre leadership ? Faites nous part de votre expérience ou demandez-nous de l’aide si vous y êtes confronté!

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