Comment les femmes entrepreneures qui exercent leur activité à domicile sont-elles perçues par leur entourage ? Quels sont les clichés qu’elles doivent combattre pour faire reconnaître leur statut de chef d’entreprise ?

Découvrez l’opinion et le vécu d’Alexandra Le Dauphin (Drôle de Plume) dans cette chronique rédigée à l’occasion de la semaine “Entreprendre au féminin” sur Gautier-Girard.com

 entrepreneure au domicile

Tout d’abord, un grand merci à Gautier pour me donner la parole sur son site. En tant que femme entrepreneurE, j’ai des choses à raconter et je profite de cette fenêtre de visibilité pour évoquer la vie d’une travailleuse à domicile.

Je suis Drôle de Plume, rédactrice web freelance, adepte des textes humoristiques et aujourd’hui, je viens te parler de la condition de la femme qui travaille à la maison.

D’abord, sache que je vais te tutoyer. C’est comme ça, des mois que cela dure…On s’y habitue, mais si tu n’arrives pas à t’y faire, fuis vite, tu risques d’être agacé.

Quand une personne travaille à l’extérieur, elle a des journées classiques du style : métro / boulot 1 / boulot 2 / dodo, le boulot 1 étant son activité professionnelle et le boulot 2 étant la gestion des enfants, du ménage, des courses…

Comme c’est un schéma répandu, pas de remarques désobligeantes, voire même des félicitations de tout gérer de front.

Qu’en est-il de cette même personne qui a son bureau…dans son salon et qui bosse en robe de chambre sur son lit parfois ?

La donne change. Est-ce à cause de la robe de chambre qui induit l’oisiveté ? A titre personnel, j’ai écrit des dizaines de texte en peignoir et cela n’a affecté en rien ma productivité, mais passons.

Tu vois où je veux en venir : une entrepreneurE qui travaille à domicile en freelance = une glandeuse.

Pourtant, à la fin de la journée, les mêmes tâches que si tu bossais à l’extérieur ont été effectuées, tu as même fait du rab.

Machine à laver, sèche-linge, repassage. Rédaction web. Relance client. Courses. Texte de faire-part original. Comptabilité. Poussière.

Tout est mêlé quand on travaille à domicile, il est difficile de laisser son costume d’entrepreneur (surtout si c’est une robe de chambre) et de revêtir l’habit de maman.

Parfois, à 18h30, quand les gosses sont calmes devant la télévision, il te faut relire ton travail de la journée, remanier la rédaction de ton faire-part ou préparer un devis urgent.

Rien n’est figé. Sauf l’image qu’ont les gens de l’extérieur.

Nombreuses sont mes amies qui se sont plaintes du manque de considération parce qu’elles avaient embrassé une carrière artistique à haut risque plutôt que rester embourbées dans un travail où elles suffoquaient.

Travailler à domicile en freelance, être une femme entrepreneurE, c’est devoir gérer les caprices de l’électroménager, la partie administrative ou encore les courses, tout ceci, venant, bien sûr, se greffer sur un emploi du temps aligné sur des horaires de bureau.

Il y a donc au moins deux journées en une en travaillant à la maison et pourtant, le terme « glander » est encore présent dans certains esprits.

Heureusement pas tous.

Je profite donc de cet espace pour le crier haut et fort : les femmes entrepreurEs qui travaillent à domicile et allient vie de famille à horaires compliqués n’ont font pas moins que les autres…

Pourquoi des remarques telles que « tiens, tu mets ton p’tit à la cantine, toi ? » subsistent ? Parce que ton bureau est dans ta maison, tu devrais en plus te farcir 4 aller-retour domicile / école alors que tu dois rencontrer ton plus gros client à 11h30 ?

C’est vrai que l’accès à la télévision est possible, mais franchement, as-tu le temps de regarder des rediffusions alors que ta « to-do list » ne cesse de s’allonger ?

Non. Et pourtant, les commérages vont bon train.

Je compte sur toi pour crier haut et fort sous cet article que tu bosses dur, chère femme entrepreneurE, histoire de montrer que travailler à domicile est loin d’être facile, en plus d’être mal perçu.

PS : j’ai de la chance, ma famille et mes amis n’entrent pas dans cette catégorie de personnes au jugement hâtif.

PS2 : je bosse souvent en robe de chambre, mais j’assume, hein ?

 

Crédit photo : merci à Penumbra

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