Les entrepreneurs sont pourvus de grandes qualités qui peuvent se transformer en énormes défauts quand l’environnement économique ou les circonstances changent.

Parmi lesquels :

1. Le refus du changement

Le refus du changement est malheureusement trop fréquent.

Malgré le constat qu’il faut du nouveau dans l’activité ou dans le fonctionnement de l’entreprise, on se retrouve souvent face à un vœu pieux lorsqu’on arrive à la mise en place.

Entreprise en difficulté

Dés que la réalité du changement est là, certains entrepreneurs soulignent avec orgueil le fait que leur activité a déjà fonctionné (au passé), et que bref, la nouveauté ne correspond pas à ce qu’ils savent donc n’est pas valable.

C’est donc bien l’entrepreneur qui bloque lui-même l’évolution qu’il a demandé !

Cette attitude mène à un clash vis-à-vis des interlocuteurs :

  • Pour les employés, c’est la muette résignation (on fait ce qu’on me dit) devant le capitaine du bateau, en espérant qu’on n’en vienne pas au radeau de la Méduse. Ce sont ces entreprises ou l’on entend les employés dire à demi-mot que l’entreprise “va dans le mur”.
  • Pour les prestataires, ce sont des prestations plates et sans résultat, adaptés à l’humeur de l’entrepreneur.

2. Le “Ya Sam” (moi tout seul)

Ya Sam, c’était le surnom du compositeur Rachmaninov quand il était petit, fort caractère qui voulait tout faire “tout seul”. On retrouve souvent dans la création d’entreprise ce désir de faire les choses autrement, à sa façon, c’est donc une bonne chose et une grande qualité de l’entrepreneur.

Cependant, dans une entreprise en difficulté, cela tourne parfois au vinaigre.Le moi tout seul ou plus encore “à ma façon” amène à un sentiment de supériorité qui peut faire échouer bon nombre de tentatives de sauvetage.

Cela peut-être l’attitude omnipotente de l’entrepreneur “old school” qui a tout vu, tout fait, et n’a donc rien à apprendre de qui que ce soit, surtout des jeunes…

Pour un prestataire ou un cadre par exemple, cela peut-être le fruit de son long travail d’analyse et d’étude sur ce qui peut-être fait qui se retrouve classé comme “une bonne idée”. La solution de sortie de crise peut donc se retrouver travestie ou diluée par l’entrepreneur à un point tel qu’elle n’a plus aucun impact.

3. Se couper de tout le monde

difficultés de trésorerieC’est souvent une attitude salvatrice au départ, car les entrepreneurs ne sont pas si aidés que ça lors de la création. Petit à petit, l’entrepreneur se détend, délègue, s’entoure, apprend à faire confiance.

Mais en cas de crise ou de difficulté, l’entrepreneur peut reprendre cette attitude et se couper de tout le monde.Et cela est encore plus flagrant pour certains entrepreneurs ayant laissé une entreprise “en roue libre” suite à de fortes délégations ou bien grâce à un secteur florissant.

L’idée est que tout le monde est contre l’entrepreneur et il considère cette attitude comme une protection.

Cependant, de ce fait il se coupe :

  • De la base de l’entreprise à savoir les employés en relation directe avec les attentes des clients
  • De toutes les observations justes qui ne sont pas de son goût
  • De personnes parfois fidèles et loyales qui sont les derniers remparts à un décrochage complet (de la réalité de l’entreprise)

Cette attitude peut être réparée par un mea culpa sincère, mais elle peut créer la même cassure que l’on constate entre une population et ses élites.

Qu’on se le dise, la majorité n’a pas toujours raison, mais quand tout le monde “est contre soi”, il faut se poser des questions…

4. Couper les budgets du développement et attendre !

J’ai mis un point d’exclamation, car l’attentisme est, hormis certains cas particuliers,  la dernière option à prendre.

L’économie est comme un tapis roulant. Si vous vous arrêtez, de fait, vous reculez, et même si vos concurrents stagnent, par rapport à vous… ils avancent ! Attendre que la crise passe peut-être un calcul désastreux : et si elle passait, mais pas dans votre secteur ?

De même, couper les budgets de développement est la dernière des choses à faire. J’ai rencontré de nombreux entrepreneurs qui pour tenir, supprimaient des budgets marketing sur des supports qui étaient pourtant rentables !!!

De même, le fait de rencontrer une crise doit pousser à avancer deux fois plus vite :

  • Une fois pour surmonter la crise
  • Deux fois pour avancer et se développer malgré la crise

5. Passer de l’entrepreneuriat au gestionnariat

Difficultés financières de l’entrepriseCela rejoint le quatrième point, mais c’est hélas une attitude trop fréquente et complètement destructrice : le fait de ne plus voir l’entreprise que comme un bilan, que l’on équilibre à coup de licenciement et de suppression de charges.

Cette attitude démontre que l’entreprise :

  • N’est pas dans une phase de recherche de solutions et s’intéresse plus à garder les acquis ce qui ne relève presque plus de l’entrepreneuriat
  • Il n’y a plus de vision de développement commercial
  • La vision des clients change : certains entrepreneurs vont même jusqu’à croire que les clients doivent avoir une obligation morale de soutien de l’entreprise

Conclusion

Ce sont les principaux défauts selon moi qui font que certaines entreprises qui pourraient s’en sortir, tombent et restent cristallisées autour d’un entrepreneur :

  • réticent au changement
  • vivant sur les acquis d’un succès ou d’une gloire passée
  • n’anticipant plus l’avenir
  • refusant toute aide ou idée ne faisant partie de son cadre ou son expérience

Cela est d’autant plus désolant pour les cadres compétents ou les prestataires n’arrivant à leur faire entendre raison : ils regardent sans pouvoir rien faire le vaisseau aller s’échouer sur un banc de sable visible pourtant à des kilomètres !


Crédit photo : merci à Luca Rossato, à kissthelava, à Luc Marnat

Mettre en favoris et partagerEntreprise»Abonnement