En 2012, le secteur du numérique comptait seulement 28 % de femmes. Pourtant, elles ont toutes leur place à prendre et le digital présente des opportunités intéressantes pour créer et développer une entreprise.

Alors qu’est-ce qui les empêche de se lancer ? Pourquoi y a t-il aussi peu de femmes dans le numérique ? Comment faire évoluer cette situation ?

Marjorie Llombart, experte en reconversion professionnelle et en solo-entreprenariat  au féminin (Dessinemoiunecarriere.com), a accepté de partager son analyse et ses conseils avec toutes celles qui veulent se lancer dans le numérique (ou dans un autre domaine !) à l’occasion de la Semaine des Nouvelles Technologies du 9 au 16 décembre 2014 sur Gautier-Girard.com.

Entreprenndre au féminin : le numérique

Pourriez-vous vous présenter, ainsi que votre entreprise, en quelques mots ?

Je suis Marjorie Llombart, experte en reconversion professionnelle et solo-entreprenariat pour les femmes qui veulent vivre du job qui les fait vibrer !

J’ai fondé ma structure Dessine-moi une Carrière il y a 2 ans, où j’accompagne les femmes à mettre en place leur activité.

Je leur apprends comment appliquer un marketing authentique pour construire une offre en accord avec leur client idéal, mais surtout elles-mêmes, puis trouver les clients dont elles ont besoin. Je les aide aussi à booster leur confiance et à adopter l’état d’esprit pour réussir, grâce à une bonne dose de psychologie positive :-)

Le secteur du numérique comptait seulement 28 % de femmes en 2012. A votre avis, qu’est-ce qui explique ce blocage ?

Qu’il s’agisse du numérique ou plus largement des secteurs dits « masculins », comme la création d’entreprise, les stéréotypes sont présents dès l’école.

Peu de professeurs ou de professionnels sont ouverts à la mixité dans les sections d’études ou dans les métiers. Le même problème se pose dans les métiers de l’ingénierie ou pour les postes à responsabilité ensuite dans l’entreprise.Ces stéréotypes s’appliquent même sans que les professionnels de l’éducation en aient conscience.

Un garçon sera plus spontanément poussé à faire des études ou des métiers techniques que les filles. Même au 21e siècle. Cela commence à changer tout doucement.
Et du point de vue des fille,s comme on ne leur a pas appris depuis petites qu’elle pouvaient oser, se tromper, demander et ne pas rester en « petites filles modèles », et bien c’est plus dur pour elles d’aller contre ces stéréotypes. Parfois elles n’y pensent même pas.

Beaucoup de choses se jouent de manière inconsciente dans les 2 camps.

Quels conseils pourriez-vous donner à toutes les femmes qui envisagent de se lancer dans ce secteur mais qui se disent « je n’y arriverais jamais » ou le terrible « je n’ai pas le droit à l’erreur »?

Mon conseil n°1 : allez-y, foncez !

Les femmes sont très douées dans l’auto-censure. Elles sont n°1 pour ça. Et souvent elles s’empêchent elles-mêmes de réussir à cause de fausses croyances qu’elles s’ancrent et qui les empêchent de passer à l’action. Un hommes ne se demandera presque jamais s’il est capable, quand bien même lui manquerait-il des compétences. Pourquoi les femmes le feraient-elles ?

Donc Mesdames, oui, vous pouvez y arriver. Entourez-vous, faites-vous coacher, fréquentez les réseaux féminins comme Girlz in Web et eNovatrices dont je fais partie, vous y trouverez de nombreuses ressources pour vous aider à oser.
Car c’est la base : vous devez vous donner la permission d’essayer.

Ce qui nous mène à mon 2e conseil : essayez, quitte à vous planter !

Sérieusement, bien sûr que vous avez le droit à l’erreur. L’échec ou l’erreur n’est pas assez valorisé en France. Alors qu’il l’est beaucoup plus dans les pays anglo-saxons. La personne qui réussit est celle qui apprend de ses erreurs ou de ses échecs. Une erreur bien analysée permet en fait d’engranger de nouvelles compétences grâce à l’expérience vécue.

Rien n’est irréversible ni permanent. Le secret pour réussir : passer à l’action.

Est-ce qu’il y a des trucs pour retrouver la confiance en soi et oser faire ce dont on a envie ?

La psychologie positive nous apprend l’état d’esprit pour réussir. En fait, c’est nous et nos pensées qui créons la réalité autour de nous. Ce n’est pas tant les événements qui nous arrivent qui sont importants que le regard que l’on porte dessus.

Retrouver la confiance en soi c’est d’abord analyser de façon objective notre vie quotidienne. Et donc se brancher sur tout ce qui va déjà bien. Et c’est énorme !

Un tel entraînement au quotidien, comme par exemple tenir un journal des kiffs, permet d’augmenter le seuil de bonheur de façon significative. Tenir un journal des kiffs, c’est noter chaque jour 3 moments de joie qu’on a eus. Comme par exemple partager un thé avec une amie, voir un arc-en-ciel, assister à une scène drôle dans la rue. Apprendre à les repérer permet de se brancher sur la fréquence de la joie, et donc de la confiance. Peu à peu on modifie sa réalité.

Ensuite, on peut commencer à reconnaître ses propres avancées, même petites. Avoir réussi à boucler un dossier important, avoir contacté quelqu’un qui peut nous aider dans notre projet, avoir gagné son énième fan sur sa page d’entreprise etc. Célébrer en conscience ses progrès pour faire diminuer la pression et retrouver le plaisir dans son quotidien.

Une fois qu’on est recommencée à cette notion de plaisir et à soi-même, la confiance revient. Et on peut ensuite oser plus facilement et avec sérénité faire ce dont on a envie.

A titre personnel, quel est le conseil qui vous a été le plus utile quand vous avez créé votre entreprise ?

N’attendez surtout pas d’être parfaite pour commencer.

Un trait typiquement féminin encore : la quête de la perfection. Depuis l’enfance on nous apprend à être sages, gentilles, belles etc en un mot : parfaite. Quel boulet ! Comme dirait ma première coach : Mieux vaut une action imparfaite qu’une parfaite inaction.

Merci Marjorie !

Et vous, qu’en pensez-vous ?

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