Entrepreneuriat au féminin : les différences avec la création d’entreprise au masculin Alessia Vonau est la dirigeante de Dileal (www.dileal.com), un centre de formation et une agence de traduction.  Depuis 2008, elle est aussi conférencière, formatrice et coach en développement commercial.

Bilingue français/italien, et parlant aussi couramment l’anglais, elle a des clients en coaching commercial en France et à l’étranger (Australie, Espagne, Irlande et Italie)

A l’occasion de la Semaine Entreprendre au Féminin du 11 au 18 février 2014 sur Gautier-Girard.com, elle vous donne sa vision de l’entrepreneuriat au féminin et revient sur sa propre expérience. 

Selon vous, y a t-il réellement une différence entre l’entrepreneuriat au féminin et l’entrepreneuriat au masculin ?

A partir du moment où on évoque la différence homme-femme on soulève un grand débat.

Je pense qu’il y a une différence indéniable entre entrepreunariat au féminin et au masculin, tout comme les femmes et les hommes sont différents dans d’autres domaines.

En tant qu’individus, avec leurs particularités distinctives, les femmes et les hommes dirigeants d’entreprise se différencient avant tout comme êtres humains.

Les femmes, je pense, ont un style différent, plus proche de la notion d’écoute, de partage et de passion, mais c’est mon sentiment tout à fait personnel et subjectif, car je suis sûre que la démonstration du contraire doit exister.

Par contre, ce qui est une évidence pour moi est que la différence réside essentiellement dans la croyance limitante qui porte les femmes à se sentir différentes et inférieures hommes.

Parmi les freins à la création d’entreprise au féminin, il y a des difficultés pratiques (garde des enfants, planning à aménager, difficultés de trésorerie….) mais il y a également le poids des regards extérieurs, pas toujours compréhensifs.

Avez-vous été soutenue quand vous avez créé votre entreprise ? Comment avez-vous expliqué aux autres votre envie de lancer votre activité, quitte à prendre des risques ?

J’ai créé ma société avant d’avoir mon enfant. J’avais 37 ans, un super travail de directrice commerciale, mais je voulais être libre de fixer des objectifs et des stratégies commerciales qui allaient servir en même temps la réussite de mon projet et la réussite de mes clients.

La première réaction de mon entourage à été celle de mon mari, qui m’a regardé un peu comme si j’étais un ovni…

Ma maman par contre a été ma première supportrice et mon premier mentor : entrepreneuse depuis les années ‘70, apprendre cette nouvelle a été pour elle une grande joie et la certitude d’une belle aventure.

J’ai été “portée” également par mes clients qui m’ont suivie avec enthousiasme : en franchissant ce pas je devenais encore plus proche de leur réalité.

Panique à bord quand 6 mois après j’apprenais que je portais un autre projet : mon fils.

J’ai eu peur de ne pas être capable de tout assumer et également que mes clients aient peur que je les abandonne, ainsi, je me suis organisée et j’ai géré. Mon mari et ma maman ont été et sont encore de véritables piliers et j’ai repris le travail 9 jours après la naissance de mon fils en jonglant avec mon emploi du temps et en trouvant un bon équilibre.

Une anecdote négative par contre vient de mon expérience avec le service public : à l’entrée en maternelle, la directrice de l’école publique de mon quartier, une fois entendu que j’avais mon entreprise, m’a dit qu’elle n’admettrait pas mon fils à la cantine, ni l’après-midi. J’ai donc trouvé une autre solution.

Femmes entrepreneures

Est-ce que les femmes ne sont pas aussi leurs pires ennemies en doutant souvent de leurs compétences et de leur crédibilité ? Quels conseils pourriez-vous donner aux porteuses de projet et aux créatrices d’entreprise pour garder confiance en elles ?

Les femmes ressentent souvent la pression de faire “aussi bien” que les hommes, mais je crois  qu’elles se trompent de débat : il ne s’agit pas de faire aussi bien ou mieux que les hommes, il s’agit, à mon sens, de faire une entreprise qui nous ressemble et qui ressemble aux clients que nous voulons servir.

Mon conseil : croyez en vous et en votre intuition.

Quelles solutions/aides aimeriez-vous voir mises en place pour accompagner les créatrices  et les dirigeantes d’entreprise ?

En ce qui concerne la gestion de l’équilibre famille-entreprise, la meilleure solution, pour les femmes et pour la société, serait la création de crèches interentreprises, réservées aux dirigeants d’entreprise, et par là je veux parler des femmes mais également des hommes : c’est là à mon sens qu’un combat se gagne.

Avec le recul, quel conseil auriez-vous aimé recevoir lorsque vous vous êtes lancée ? Et celui qui vous a été le plus utile ?

“Commence petit” on m’a dit, et c’était un conseil avisé ; j’aurais aimé qu’on me dise “n’oublie pas de voir grand !”

Aujourd’hui, je conseillerais d’avoir devant soi deux mots toujours présents : “constance et cohérence”, deux mots précieux aussi bien pour le marketing que pour le management.

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