Ce dossier est prioritairement dédié aux entrepreneurs mais marchera aussi si vous ne l’êtes pas. Il permet de connaître l’Art de savoir dire non.

Comment dire non ?

Depuis que vous avez créé votre entreprise, vous êtes sollicité en permanence. Faute de temps, de moyens ou simplement d’envie, vous devez parfois opposer un refus pour rester cohérent avec votre travail et surtout avec vous-même.

Mais pour certaines personnes, dire « non » est une vraie épreuve.

Peut-être est-ce aussi votre cas ? Je vous le dis tout de suite, dire non est pour moi aussi, bien difficile, la plupart du temps. Je connais ma raison : j’apprécie les conversations de type “OK”-”OK”. C’est à dire que chacun est d’accord, sur la même longueur d’onde, comme le dit l’expression.

Or quand on dit non, on rentre dans un dialogue (plus précisément une transaction) de type OK - non OK. Et j’en ai horreur !!

Alors, comment j’essaie de faire au quotidien ? Je vous dis tout dans ce dossier spécial “Non / stop / refus / pas OK / pas d’accord”.

Pourquoi avez-vous peur de dire non ?

Il y a deux facteurs majeurs qui expliquent que certains ont du mal à dire non : le rôle de l’éducation et la peur du regard des autres.

Les limites pour dire non

L’éducation et l’expérience enseignent à poser ses propres limites tout en respectant celles des autres.

Si vous n’avez pas été écouté lorsque vous étiez enfant, si vos refus étaient peu ou mal acceptés, vous aurez plus de difficultés par la suite à pouvoir dire non. Tout simplement parce que la perception que vous avez de votre légitimité risque d’être faussée.

Dans le même registre, le regard des autres peut vous sembler intimidant, voire même totalement paralysant.

En général, cette angoisse se cristallise dans trois types de peurs :

  • la peur d’être ignoré : vous croyez que plus personne ne s’intéressera à vous
  • la peur d’être humilié : vous pensez que l’autre va mettre en doute vos capacités
  • la peur d’être rejeté : vous êtes persuadé que vous allez déplaire

Pourtant, ce ne sont pas les autres qui vivent votre vie. C’est bel et bien vous. Recentrez-vous sur vos propres envies et sur vos propres besoins. Sans culpabiliser. Votre vie n’appartient qu’à vous.

Apprendre à refuser, apprendre à dire NON

Pour apprendre à refuser, réfléchissez quelques instants sur vous.

Quelles sont vos limites ? Quelles demandes êtes-vous prêt à accepter ? Est-ce en accord avec vos objectifs professionnels ?

Qu’êtes-vous prêt à faire pour les autres malgré votre charge de travail ? Prenez le temps de bien y réfléchir, au besoin griffonnez quelques mots sur papier.

Un homme qui sait comment le dire, ce non ;-)Dans la mesure du possible, voyez le plus loin possible au regard de votre intérêt à vous.

Regardez tout le chemin que vous avez déjà parcouru. Pour prendre conscience de votre légitimité. Vos qualités, vos forces, votre parcours ont créé ce que vous êtes et c’est justement votre personnalité que les gens apprécient. Estimez-vous et apprenez à vous faire confiance. Débarrassez-vous de ce sentiment de culpabilité qui vous empoisonne : en établissant une cohérence personnelle, vous n’aurez plus de mal à faire passer un message professionnel.

Pour être cohérent avec la stratégie de votre entreprise et les objectifs que vous vous êtes fixé, vous devez chaque jour prendre des décisions. Aller de l’avant, réussir, c’est aussi parfois savoir refuser. C’est aussi dire NON lorsque ce n’est pas dans votre intérêt.

Vous y êtes ? Vous avez envie de vous y mettre ? Très bien! Vous le vivez comme moi, il n’est pas toujours facile de savoir comment s’y prendre pour faire accepter son refus sans froisser les susceptibilités.

Pour vous aider, voici un petit guide sur l’art délicat du refus :

Comment dire non : le guide

La présentation du refus

Vous avez pris le risque de créer votre entreprise, et vous devez désormais vous comporter comme un professionnel.

Pour savoir si vous devez dire oui ou non, prenez le temps de réfléchir. Envisagez quelles seront les conséquences de votre réponse dans sa globalité : un surcroît de travail, des frais supplémentaires, une amélioration de la productivité ?

Lui n’a pas sur le dire :-)Les propositions qui vous sont faites sont-elles infondées et irréalisables, ou au contraire légitimes et rentables ?

C’est l’intérêt de votre entreprise qui vous permet de trancher.

Ne cherchez pas à plaire à tout prix : un refus est parfaitement cohérent s’il est basé sur des éléments solides. Vous n’avez d’ailleurs pas à vous répandre en excuses ou en justifications : non seulement vous avez parfaitement le droit de refuser, mais cela va renforcer votre intégrité et votre crédibilité.

Dire non, c’est exister autant (voir plus) que dire oui.

En cas de doute, demanderz des précisions. Montrez à votre interlocuteur que sa requête a bien été prise en considération.

Quel soit votre choix, la personne verra que vous lui avez porté de l’intérêt. Avec un peu de diplomatie, vous lui ferez facilement comprendre que c’est sa demande qui est rejetée, et non pas elle en temps que personne.

Restez calme et courtois, et regardez-la dans les yeux pour lui montrer votre respect.

Faire accepter sa décision

Un refus n’est pas forcément une opposition.

Vous devez le faire comprendre au demandeur en lui proposant une alternative. Pour créer un climat de confiance, les efforts doivent être réciproques.

Un client vous demande une surcharge de travail alors que votre planning est déjà surbooké ? Essayez de jouer sur les dates, ou proposez de fractionner la réalisation du travail.

Votre collaborateur vous demande une augmentation de salaire ? Etudiez avec lui des objectifs chiffrés qui pourront donner lieu à une meilleure rémunération, ou à des avantages. Montrez que vous êtes ouvert, à l’écoute et capable de faire des efforts s’ils sont justifiés. Vos choix seront alors acceptés beaucoup plus facilement.

On en vient tout doucement à ce dont je vous parlais plus haut pour ce qui me concerne. Je ne sais pas pour vous mais en disant non, ma propre peur est de ne pas savoir comment rétablir une transaction de type OK-OK (un dialogue dans lequel on est sur la même longueur d’onde).

La solution est pourtant là :

  1. Considérer très sérieusement la proposition faite sans aucun a priori, sans préjugé,
  2. Évaluer les avantages et inconvénients
  3. Si la conclusion est qu’il soit nécessaire de répondre NON…
  4. … Expliquer la raison et/ou proposer des alternatives visant à rétablir une situation de type OK-OK

Quelques astuces supplémentaires à propos du non :

  • Si votre propre non est ferme et absolu. Et que la raison n’est pas “rationnelle“, vous n’avez pas plus de raison de culpabiliser. Si vous ne sentez pas quelque chose, faites confiance à votre instinct. Cela m’est arrivé plusieurs fois, et avec le recul et le temps passé depuis, je n’ai aucun regret.
  • Si vous ne voulez pas vous justifier, faites court et ne vous justifiez pas. “Je regrette mais je ne suis pas intéressé“.
  • Une bonne idée si vous devez vous justifier poliment, est d’évoquer au passé une limite / un objectif / une approche d’envergure très importante, que vous vous êtes fixée :

Lorsque j’ai démarré, je me suis fixé comme objectif de …. / de ne pas… votre proposition est très intéressante mais elle m’en éloignerait. C’est pourquoi je préfère dans l’immédiat décliner votre proposition.

Je vous donne le modèle, à vous d’adapter !

On notera que les formulations ne sont pas les mêmes que l’on soit à l’oral ou à l’écrit.

Les avantages du “non”

Le résultat d’apprendre à dire non : on est libreDire non vous aide à vous protéger, à préserver votre intégrité.

Dire non aide votre entreprise à ne pas s’éparpiller, à se concentrer sur ses priorités.

Vous éviterez ainsi beaucoup de frustrations, de remords, et de regrets. D’ailleurs, même si dire oui plaît aux autres, cela peut aussi les agacer. En disant oui tout le temps, vous perdez votre crédibilité.

Vous êtes entrepreneur et, à ce titre, vous devez imposer votre leadership. Vous découvrirez vite que dire non va donner beaucoup plus de valeur au « oui » !

Pour vous aider, établissez la liste de vos priorités : cela vous aidera à prendre des décisions en phase avec vous-même.  Faites de même mais cette fois en établissant une liste de limites : ce sur quoi vous ne voulez pas transiger.

Il ne restera  plus que l’irrationnel. Si vous ne sentez pas une proposition sans savoir comment expliquer pourquoi sur le moment, dites NON ou reportez la décision, sans culpabiliser.

Finalement, en mettant des mots sur des pensées, ce n’est pas si difficile. Non ?

Crédits photos : merci à ibrotons, Gilmoth, Domi San, Ousooner, Giovanni, dqsdqsdqsdq.

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