Perfectionnisme, attentisme, procrastination : comment vaincre ?Attendez-vous le bon moment pour démarrer de nouveaux projets ? Attendez-vous pour vous lancer dans quelque chose qui vous tient à coeur ?

Acheter une voiture, arrêter de fumer, apprendre la guitare, …. monter une entreprise, lancer un nouveau produit, appeler 5 prospects. Tous ces projets sont peut-être différés parce que de votre point de vue, le “moment n’est pas parfait” ?

Beaucoup de gens attendent que les choses soient “parfaites” pour réaliser leurs buts et leurs rêves. Ces personnes attendent les conditions parfaites, le moment parfait, et les ressources parfaites avant de commencer.

Autrement dit, ces personnes veulent vraiment atteindre leurs buts… mais ce n’est simplement pas le bon moment. Je faisais partie de ces personnes. Et d’une certaine façon, j’en fait toujours partie. J’essaie juste “de me soigner”.

Ce dossier vous propose des conseils pour savoir comment vaincre l’envie, voire même le besoin viscéral de la perfection, tant dans la vie personnelle qu’au travail.

Des modèles d’attentisme liés à la perfection

Cette attente du “moment parfait” se traduit dans la vie personnelle comme dans la vie professionnelle.

Voici quelques exemples dans l’un et dans l’autre :

Attentisme dans la vie personnelle : vous souhaitez arrêter de fumer, mais le moment n’est pas bon “parce qu’en ce moment, vous êtes stressé à cause de …”. Vous voulez vous mettre au sport mais ce n’est pas le bon moment parce que [il fait froid, vous avez beaucoup de travail, mettez la raison de votre choix].

Attentisme dans la vie professionnelle : vous aimeriez bien embaucher une personne, mais ce n’est pas le moment parce que [il faudrait 2-3 clients supplémentaires, parce que vous êtes très occupé, parce que mettez la raison de votre choix]. Vous souhaitez rentrer 1000 euros de plus, mais vous ne rappelez pas les 5 prospects de la semaine dernière [parce qu’il est trop tard, parce que vous êtes enrhumé, parce qu’il pleut sous les ponts,… faites votre choix].

Dans chaque cas, l’envie est forte mais ce n’est simplement pas le bon moment.

Voyez-vous des modèles qui se reproduisent par cet attentisme du moment parfait, du travail parfait ?

  1. Attendre le moment parfait.
  2. Attendre les conditions parfaites.
  3. Ne pas agir pour cause d’attente.
  4. Revenir au premier point.

Cela ressemble fort à de la “mauvaise” procrastination.

En attendant le “bon” moment, on accepte finalement… la médiocrité.

Quand la peur amène à la mauvaise procrastination… et à la médiocrité

C’est la peur qui amène à cette mauvaise procrastination. Les gens ont peur de ne pas être capables de gérer toutes les conséquences de leurs actions. Que ces conséquences soient mauvaises… ou même bonnes !

Peur que “faire le point” sur les difficultés avec un employé crée des tensions. Peur de se lancer dans un nouveau projet au travail qui pourrait échouer ou qui pourrait changer la donne au sein de l’entreprise. Peur de faire là, tout de suite, 10 minutes de sport pour mille et unes raisons. Peur d’être jugé par ses collègues parce qu’on s’est fait remarquer sur un projet.

Cette peur est paralysante. Cette envie de perfection mène à la mauvaise procrastination. Au statu quo. Qui reste finalement plus confortable que faire bouger les choses.

Si vous vous reconnaissez au moins un peu dans ces modèles, que pouvez-vous faire ?

Commencer petit, commencer par la médiocrité… pour tendre vers le meilleur

Commencez là où vous êtes. C’est le principal remède à l’attentisme, à cette envie viscérale de perfection qui finalement se traduit par la médiocrité.

Vous pouvez prendre quelque chose qui doit être faite immédiatement, et commencer là. N’essayez pas de changer le monde… faites simplement une seule petite chose qui entraîne un processus vertueux. Faire maintenant cette petite chose vous aidera aussi à clarifier vos buts et les directions que vous souhaitez prendre.

Exemple : au travail

Au travail, si vous souhaitez faire connaître votre entreprise… commencez par là. Tapez “publicité gratuite” dans un moteur de recherche, rencontrez quelques commerçants du coin pour savoir si vous ne pourriez pas déposer ou échanger des flyers pour se faire de la publicité mutuellement. Sur Internet, envoyez quelques communiqués de presse, présentez-vous dans des forums. Utilisez un réseau social professionnel et ajoutez quelques contacts qui vous paraissent intéressants.

Ce faisant, vous mettez un pied à l’étrier qui tend vers ce que vous souhaitez dans un monde parfait. Une fois que vous réalisez la première action, les autres actions peuvent s’enchaîner très facilement.

Si vous voulez envoyer un email à vos contacts pour rentrer un peu de chiffre d’affaires… commencez par là. Vous n’avez que 20 contacts emails ? Ce n’est pas important. Si vous rentrez un peu de chiffre avec, vous avez gagné. Si vous ne rentrez rien, vous montrez à vos prospects et clients que vous vous occupez d’eux. Que vous êtes actif. C’est donc gagné aussi.

Exemple : le plan personnel

Sur le plan personnel, Si vous voulez faire un peu d’exercice physique… commencez par là. Vous n’avez même pas besoin de sortir de chez vous pour démarrer. Mettez de la musique un peu vive, étirez-vous, ou échauffez-vous. Ensuite, vous avez à disposition toutes sortes d’exercices qui ne requièrent ni argent ni beaucoup d’efforts… parce que vous commencez petit.

Exemple concret avec le sport : Pourquoi pas faire quelques flexions-extensions ? (passage d’une position debout à une position accroupie, jambes serrées) ? Pourquoi pas prendre appui contre un mur, et faire quelques abdos ? Peut-être qu’aujourd’hui vous serez épuisé après 3 flexions, 2 pompes et 2 abdos. Mais vous avez commencé quelque part. Si vous continuez, demain, la semaine prochaine, vous ferez certainement 2 flexions de plus, 1 pompe supplémentaire et 3 abdos en plus.

Et ainsi de suite.

Ce qui compte, c’est de faire en commençant petit. Commencer là où on est. Ce faisant, on se met dans une situation paradoxale pour quelqu’un qui cherche la perfection :

Vous cherchez la perfection, et vous acceptez le statu quo parce que ce n’est pas le bon moment. Cette peur vous paralyse. Vous acceptez donc une part de médiocrité.

En commençant petit, là où vous êtes, vous vous donnez la clef tendre vers la perfection :

Vous commencez petit, médiocre… pour mieux vous rendre vers ce qui est parfait !

Demander des conseils, s’entourer

Pour vous aider, vous pouvez faire le tour de vos proches afin d’obtenir leur avis. Considérez cet avis comme un survol par hélicoptère de vous et de votre situation.

Ces personnes (amis, coachs, mentors, personnes que vous écoutez) peuvent vous aider soit à faire le point sur vous, soit à vous donner quelques conseils pour commencer là où vous êtes dans des domaines précis (management, vente, administratif, bricolage, sport, peinture, golf, …).

Tendre vers  la perfection, c’est commencer par la médiocrité

Au travail comme ailleurs. Vous n’avez pas besoin d’attendre le meilleur moment, la situation parfaite… le monde parfait, pour commencer quelque chose. La seule chose à faire est de commencer humblement par la première étape, là où vous êtes.

Les marches qui mènent vers la perfection sont subjectives et infinies. L’infini est dans votre esprit, c’est vous qui l’imaginez, qui le créez, qui le façonnez.

Pourquoi pas arrêter de me lire là, maintenant, tout de suite… et courir faire la première chose de n’importe quel projet dont vous avez envie ?

Crédit photo : Merci à Gisela.

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