Aimez-vous votre travail ? Cette question est loin d’être anodine.

Dans le dossier Comment booster sa motivation pour ne plus tout remettre au lendemain, vous avez pu découvrir que les chercheurs ont établi l’importance de la relation volonté/plaisir. Notre cerveau fonctionne ainsi de façon basique : il établit une hiérarchie entre les tâches à effectuer qui tient compte du plaisir immédiat qu’elle vont nous apporter. C’est pour cela que nous avons tendance à procrastiner et à reporter sans fin telle ou telle tâche “barbante”.

Dans la même logique, l’ennui ou la lassitude au travail vont affecter en profondeur votre productivité ou celle de vos collaborateurs.

Une étude* publiée au mois de mars dernier par Robert Half, un cabinet international de recrutement spécialisé, s’est notamment intéressée au phénomène du “bore-out”(par opposition au “burn-out”), un syndrome d’épuisement professionnel causé par l’ennui.

Après le burn-out, voici le bore-out, l’épuisement professionnel causé par l’ennui

L’ennui, un facteur important de baisse de productivité

Le Petit Larousse définit l’ennui comme étant notamment une “lassitude morale, [une] impression de vide engendrant la mélancolie, produites par le désœuvrement, le manque d’intérêt, la mélancolie”.

Au travail, il se caractérise par :

  • une perte d’enthousiasme (la créativité ne s’exprime plus, il n’y a plus d’opportunités stimulantes)
  • une perte d’intérêt (difficulté à se concentrer sur les tâches à effectuer)
  • une perte de contentement (il n’y a plus de sentiment de satisfaction après avoir réalisé une tâche/une mission).

Par conséquent, l’ennui à fortes doses va influer directement sur l’engagement/la motivation et donc sur la productivité.

Il est donc intéressant de relever que, d’après l’étude de Robert Half, pour 13,5% des directeurs généraux et des managers, un “salarié lambda” peut s’ennuyer les 2/3 d’une journée par semaine !

L’ennui serait notamment causé par : le manque de diversité des tâches à accomplir (35 %), le manque de défi dans les missions (35 %), des réunions trop nombreuses et chronophages (30 %), l’inintérêt du contenu de leur fonction (25 %).

Le problème vient du fait qu’il est parfois difficile de pointer du doigt l’origine du problème : un salarié considéré comme paresseux peut en réalité être totalement insatisfait de sa situation professionnelle. En réalité, il ne demanderait donc qu’à s’impliquer davantage !

Dans une interview accordée à l’Usine Digitale (source), Christian Bourion (Professeur à l’ICN Business School Nancy Metz et auteur du livre Le Bore-out System) a ainsi expliqué : “Dans certaines situations que nous avons observé, les salariés n’identifient pas le problème, ils ne sont pas bien, ils souffrent, mais ils ne savent pas de quoi. “

Ne sous-estimez pas l’importance de la motivation !

La productivité ne se résume pas à des techniques pour gagner du temps ou développer sa capacité de concentration !

Un des premiers moteurs pour travailler efficacement est la motivation, l’envie de travailler et de faire son métier de la meilleure façon possible. C’est vrai pour vos collaborateurs (notamment via la reconnaissance au travail) mais aussi pour vous.

Si vous débutez vos journées en ayant hâte d’être au soir, si vous avez l’impression d’enchaîner les corvées, si vous n’avez plus envie de rien, si vous éprouvez une fatigue intense… il est grand-temps de vous poser des questions. L’entrepreneuriat vous plait-il toujours autant ? Ou est-ce simplement votre activité qui est en cause ? Que pourriez-vous faire pour changer cette situation ? (faire un “break”, lancer un nouveau projet, déléguer pour vous concentrer sur des tâches plus intéressantes…).

D’ailleurs, au-delà des questions liées à la productivité, n’oubliez pas non plus les conséquences de cet ennui profond sur votre santé. Sur le long-terme, le bore-out aurait des effets proches de ceux du burn-out. Le docteur François Baumann, auteur du livre “Le bore-out : quand l’ennui au travail rend malade”, cite notamment : la dépression, la baisse de l’immunité, les vertiges, les douleurs gastriques, les maladies cardiovasculaires, les tremblements…(source). Il ne faut pas hésiter à faire le point avec votre médecin !

Et vous, qu’en pensez-vous ? 

*Etude basée sur 502 interviews DG et managers en France -2017

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