Si vous souhaitez acquérir une entreprise, vous avez tout intérêt à découvrir  le fonctionnement du LBO, qui permet d’acheter une entreprise… à moindre coût.

Cette solution est séduisante car elle permet de bénéficier de ce qu’on appelle un “effet de levier” : pour 1€ investi, l’investissement dans l’entreprise cible peut valoir par exemple 4€ quelques années plus tard.

Par ailleurs, c’est la bonne occasion d’expliquer simplement ce qu’est un LBO, qui n’a pas la meilleure presse depuis quelques années dans les médias !

Voici ci-après la vidéo descriptive, puis l’explication détaillée réalisée par Camille Brodhag, puis l’avis et le conseil de Gautier Girard sur les LBO.

Vous souhaitant d’en faire bon usage !

Définition : le LBO

Un LBO (Leverage Buy Out – acquisition de société avec effet de levier) est une méthode d’acquisition de société utilisant 3 effets de levier :

1. Le levier financier

Un LBO est une méthode d’acquisition de société utilisant un recours à l’endettement. Ainsi, avec un apport de 100, un entrepreneur pourra acquérir une société en valant 300. Pour cela, il créera une société, dite holding, y apportera ses économies, cette dernière s’endettera et la dette, dite dette senior, sera remboursée grâce aux dividendes distribuées par la société acquise, dite société cible, les années suivantes.

Mécaniquement, la valeur de la société holding s’appréciera à mesure que la société remboursera la dette senior. Ainsi, une fois l’emprunt remboursé, la société holding aura la même valeur que la société cible. Si la société cible connait un développement, le patrimoine des associés de la société holding s’appréciera d’autant plus. Avec 100 d’apports il verront leur patrimoine augmenter à 300.

En cas de développement, si la cible vaut quelques années plus tard 400, ils multiplieront par 4 leur patrimoine.

2. Le levier fiscal

La holding et la société cible seront intégrés fiscalement, ainsi, le montant des intérêts de l’emprunt ayant financé l’acquisition seront déductible de l’impôt sur les sociétés.

3. Le levier juridique

En ayant un apport bien plus faible que la valeur de société cible, le repreneur pourra l’acquérir et la diriger.

Cas particulier : le repreneur ne dispose pas assez d’apport

(il existe beaucoup d’outils d’ingénierie financières, nous ne traiterons ici que le cas général)

Si le repreneur ne dispose pas d’assez d’apports, il pourra les compléter par ceux de tiers, qui pourront être de ses proches (love money) ou de fonds d’investissements. Ces tiers seront également associés (ou actionnaires) de la société holding. Par exemple, si le repreneur apporte 70 et qu’un fonds d’investissement apporte 30, le repreneur aura 70% du capital de la société holding et le fonds en aura 30%.

Dans le cas où le repreneur aura fait appel à un fonds d’investissement, ce dernier voudra vendre sa participation, généralement à l’issue du remboursement de la dette senior ; la valeur de sa participation sera le pourcentage qu’il détient de la société rapporté à la valeur de la société.

Ainsi pour reprendre l’exemple cité en point 1, la participation du fonds d’investissement ne vaudra pas 30 comme son apport mais 90 (30% de la valeur de la société) si la société cible ne s’est pas développée ou 120 dans notre exemple de croissance. L’entrepreneur devra acquérir ou faire acquérir les titres détenus par le fonds d’investissement qui constatera ainsi la plus-value. Les méthodes pour acquérir ces titres sont diverses :

LBO secondaire : le repreneur apportera les titres du holding à un nouveau holding qui s’endettera pour acquérir les titres du fonds d’investissement et de la même façon, les dividendes distribués les années futures rembourseront l’emprunt.

Acquisition directe par le dirigeant : dans certains cas le dirigeant aura développé son patrimoine propre et pourra acquérir directement els titres détenus par le fonds.

Le rachat des titres du premier fonds d’investissement par un second : un second fonds d’investissement pourra être intéressé par les projets de développement de la société et pourra acquérir les titres du premier fonds d’investissement

La cession totale : le repreneur pourra céder la totalité de la société pour se consacrer à de nouveaux projets et chacun des associés cèderont leur participation au nouvel acquéreur, Introduction en bourse : dans quelques cas, assez rares, les actionnaires décideront d’introduire la société en bourse, cela leur permettra d’avoir de nouveaux fonds et d’avoir de la liquidité, c’est à dire la possibilité de vendre leurs titres s’ils le souhaitent.

Par Camille Brodhag, Directeur de Fondelia.

Fondelia est une société d’investissement qui intervient au capital de TPE pour des montants de 10 à 30 000 €. Fondelia finance la création, le développement et la reprise d’entreprise. Fondelia intervient dans toute la France et dans tous les secteurs d’activité.

L’avis et le conseil de Gautier Girard au sujet des LBO

Si les médias ont relayé ces dernières années de rares cas de LBO qui n’ont pas fonctionné, je pense qu’il faut distinguer deux types d’investissements, qui ont un rapport direct avec la perception que l’on peut avoir des LBO :

L’investissement “purement financier”, avec comme objectif simple la recherche du profit. C’est ce type d’investissement qui fut la plupart du temps, lorsque cela ne s’est pas bien passé, relayé par les médias.

L’investissement “entrepreneurial”, typiquement celui dans lequel vous vous trouvez peut-être aujourd’hui, ou celui dans lequel vous vous trouverez demain. Les tenants et aboutissants ne sont pas du tout les mêmes puisque dans ce cas d’investissement, il y a un entrepreneur, un projet, et un outil de financement, parmi d’autres, qui est le LBO.

Je conseille à tout dirigeant s’intéressant à ce financement d’en parler avec son expert comptable et/ou professionnel de l’entrepreneuriat, et à veiller à garder ce fil rouge afin de bénéficier de ses conseils, éclairages et mises en garde éventuelles pour que tout se passe pour le mieux.

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