Contrairement à ce qui était affirmé en 2009, lors du lancement de l’auto-entreprise, on ne peut pas dire qu’en l’absence de chiffres d’affaires il n’y a pas de charges à payer. Le coût de ce régime a d’ailleurs augmenté depuis sa création.

Voici quelques paramètres à prendre en compte pour savoir si le régime de l’auto-entreprise est encore intéressant pour lancer votre activité :

Ce dossier est réalisé à l’occasion de la semaine Créer son Auto-entreprise en 2015 du 24 février au 3 mars 2015 sur Gautier-Girard.com. 

Le statut d’auto-entrepreneur est-il intéressant en 2015 ?

Ce que vous allez devoir payer même en l’absence de chiffre d’affaires

Il y a 3 types de charges qui concernent aussi les auto-entrepreneurs, même en l’absence de chiffre d’affaires :

- la cotisation foncière des entreprises (pour tous les AE, sauf exceptions - artisans dans certains cas, cours à domicile….)

Vous êtes exonéré de CFE l’année de création de votre entreprise (année civile). Mais vous devrez la payer  en N+1.

Par exemple, si vous créez votre AE en 2015, la CFE sera due en 2016.   Son montant varie en fonction d’une commune à l’autre donc il faut bien vous renseigner auprès du centre des impôts des entreprises le plus proche de chez vous pour savoir combien cela va vous coûter.

Il est important de savoir qu’il y a un minimum à payer même si votre CA est nul.

- pour les artisans : le stage préparatoire à l’installation

Il est devenu obligatoire pour tous les auto-entrepreneurs artisans, y compris ceux qui exercent en activité secondaire.  Or le SPI est payant (il faut compter environ 250 €, parfois plus dans certaines CMA).

- les frais de fonctionnement (compte bancaire dédié, assurances obligatoires dans certains cas…)

Depuis le 1er janvier 2015,  les auto-entrepreneurs doivent avoir un compte bancaire dédié à leur activité professionnelle (il peut s’agir d’un compte pro ou pero). Selon votre activité, il peut aussi y avoir des assurances obligatoires, comme la responsabilité civile décennale dans le BTP par exemple.  Et lorsque la RC Pro n’est pas obligatoire, vous avez quand même intérêt à en souscrire une pour être protégé en cas de problème. Si vous avez l’intention de louer un local commercial, il vous faudra aussi verser en avance le montant du dépôt de garantie, du premier loyer, de l’assurance, des ouvertures de compte EDF/internet/eau…..

Un régime qui coûte plus cher qu’en 2009

Comparatif du coût de l’auto-entreprise entre 2009 et 2015En 2009, les taux de cotisations sociales applicables sur le chiffre d’affaires étaient de 12 % pour les activités de ventes (en 2015 : 14,1%), de 21,30 % pour les activités de services (en 2015 : 22,9%) et de 18,3% pour les activités libérales (en 2015 : 22,9%).

En 2009, il n’y avait pas non plus de contribution à la formation professionnelle (CFP). Elle a été instaurée pour les AE en 2011. Son montant : 0,1 % pour les activités d’achat/revente, 0,2 % pour les activités de services et 0,3 % pour les activités libérales.

En 2009, il n’y avait pas non plus de taxe pour frais de chambre (TCF) à payer. En 2015, son montant varie de 0,007% à 0,83 % du CA en fonction des régions et des activités (voir ici : le montant de la taxe pour frais de chambres consulaires à payer dès 2015)

Enfin, en 2009, les AE étaient exonérés de CFE (cotisation foncière des entreprises) et de SPI (stage préparatoire à l’installation).

La protection sociale des auto-entrepreneurs à faibles revenus est diminuée

Lorsque le revenu des auto-entrepreneurs est inférieur à 10 % du plafond de la sécurité sociale (en 2015 : 3804 €), ils ne perçoivent :

  • aucune indemnité journalière en cas de maladie
  • à partir du 1er mai : 312,90 € au titre de l’allocation repos-maternité (au lieu de 3129 € versés en 2 fois)
  • à partir du 1er mai : en cas de maternité, les indemnités journalières passent à 229 € pour 44 jours d’arrêt, 307 € pour 59 jours d’arrêt et 386 € pour 74 jours

Voir ici : Auto-entrepreneurs à faibles revenus : le RSI divise (ou supprime) le montant des indemnités journalières maladie ou maternité

Les conséquences pour les futurs auto-entrepreneurs

L’auto-entreprise reste un régime attractif  pour sa simplicité de fonctionnement et son coût (moins élevé que celui des autres régimes, tant au niveau des cotisations sociales que de l’impôt sur le revenu lorsque vous optez pour le versement libératoire).

Mais il vous faut désormais calculer s’il reste intéressant pour votre projet car, plus que jamais, l’auto-entreprise est une entreprise comme les autres. Vous avez donc intérêt à calculer votre seuil de rentabilité.  N’oubliez pas de rajouter dans votre calcul les dépenses qu’il vous faudra réaliser pour vous faire connaître (site web, cartes de visite, flyers…).

Ne créez pas non plus votre auto-entreprise à la va-vite : prenez le temps de vous familiariser avec son fonctionnement, avec les problématiques liées aux impôts (par exemple : avez-vous intérêt à opter pour le versement libératoire ? …),avec les activités adaptées et celles qui sont à déconseiller avec ce statut (par exemple lorsque vous avez des charges élevées car vous ne pouvez pas les déduire) …

En cas de doute, n’hésitez pas à poser une question sur le forum !  En étant bien préparé, vous éviterez les mauvaises surprises et vous pourrez vous concentrer sur l’essentiel : le lancement de votre activité.

Et vous, qu’en pensez-vous ?

Crédit photo : Shutterstock.com
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