Quand on veut lancer son business, la reprise d’entreprise apparaît parfois plus séduisante que la création. Éviter de partir de zéro présente de nombreux avantages : outil de travail immédiatement opérationnel, clientèle acquise, revenu (puisqu’il y a déjà du chiffre d’affaires), financement plus facile à obtenir, etc.

Mais tout n’est pas rose pour autant ! Avant de foncer tête baissée, il y a certaines réalités qu’il serait bon de connaître :

Ce dossier est réalisé à l’occasion de l’événement éditorial spécial Créer son Entreprise en 2016 du 2 au 9 février sur Gautier-Girard.com.  

Reprise d’entreprise : 5 choses à savoir avant de se lancer

1) Les belles affaires sont rares

Toutes les entreprises à reprendre ne se valent pas. Certaines sont largement dépassées, d’autres sont trop liées à la personnalité du dirigeant ou se trouvent dans une situation financière instable. Il est aussi souhaitable que le secteur d’activité corresponde tant à vos compétences qu’à vos attentes en terme de changement de vie (région éloignée de votre lieu de résidence, entreprise située dans une zone rurale…).

Le marché n’est pas non plus facile d’accès. Les cédants recherchent la plupart du temps la confidentialité des données et la réflexion autour de la transmission d’entreprise, quant à elle, est souvent menée tardivement.

En résumé, il y a des opportunités, mais on peut ne pas les voir passer…

Préparez-vous à passer du temps pour dénicher la perle rare (comptez en moyenne 18 mois pour une bonne PME à reprendre).

2) Le coût élevé de la reprise

Le coût d’une reprise d’entreprise

Il serait dommageable de commettre l’erreur de réfléchir au dernier moment au financement de votre reprise. Il faut savoir qu’elle va proportionnellement coûter plus cher qu’une création. Par conséquent, l’apport personnel devra être plus important pour obtenir un financement (même s’il est plus facile de convaincre ensuite les banques car elles pourront s’appuyer sur des données chiffrées).

Il est important de savoir combien d’argent vous allez pouvoir disposer pour renoncer, à temps, à  des reprises trop coûteuses et ne pas vous déconsidérer aux yeux des investisseurs. Pour vous donner un ordre de grandeur, l’apport personnel représente généralement de 20 à 40% du montant à financer.

Renseignez-vous aussi sur les informations à fournir et sur les délais pour ne pas être pris au dépourvu.

Prévoyez en outre de quoi financer les différents prestataires qui seraient susceptibles d’intervenir tout au long du projet de reprise : intermédiaires pour trouver un projet de reprise, experts-comptables, consultants…

3) La complexité de la reprise

La complexité de la reprise d’entreprise

Reprendre une entreprise est une opération complexe. En amont, il faudra vous assurer que l’affaire à reprendre est véritablement saine. Vous devrez aussi monter un business plan pour savoir exactement où vous allez.

Ensuite, n’oubliez pas que lorsque vous reprenez une société, vous devez être opérationnel dès le début. La marge d’erreur est infime, vous n’avez pas assez le temps de monter progressivement en puissance comme dans le cas d’une création.

4) L’ego du cédant

Ego du chef d’entreprise et reprise d’entreprise

Il y a parfois des projets de reprise qui n’aboutissent pas à cause des états d’âme du cédant. Comme il a lancé cette entreprise, l’a développé, elle est un peu son “bébé”.

Alors, même si l’envie de vente est présente, son ego peut prendre le dessus. Il peut alors demander un montant surévalué par rapport aux tarifs du marché, faire preuve de mauvaise volonté lorsqu’il s’agit de vous imposer des engagements, être réticent à vous communiquer certaines informations, etc.

 5) L’acceptation du changement

Reprendre une entreprise : les salariés

Lorsqu’il y a des salariés, il n’est pas toujours évident de faire accepter un changement de direction et/ou de stratégie.  Or, comme leurs contrats de travail se poursuivent, vous devez gérer, dès le départ, les éventuels problèmes de relations humaines. Vous pouvez, par exemple, mettre en place des actions visant à rassurer vos collaborateurs (comme une réunion formelle ou informelle) pendant la reprise.

Vous allez également devoir rétablir ou poursuivre les relations avec les fournisseurs, les clients, les partenaires… Ne perdez pas de vue que certains vont profiter de ce changement pour tenter de renégocier certains contrats en jouant de leur position.

La reprise est donc une option à ne pas négliger pour lancer votre activité mais qui implique une bonne préparation !

Et vous, qu’en pensez-vous ?

Crédit photo : Shutterstock.com
Mettre en favoris et partagerEntreprise»Abonnement