Entreprendre dans l’économie collaborative est à la fois une opportunité et un défi. L’enjeu : bien cerner sa cible, ses attentes et ses besoins pour savoir quelle communication adopter pour lever d’éventuels blocages.

A l’occasion de la semaine de l’Entrepreneuriat Durable du 21 au 28 mai 2013 sur Gautier-Girard.com, Céline Laporte (la fondatrice de Tipkin)  s’est prêtée au jeu de l’interview pour partager son expérience et livrer quelques conseils pratiques aux futurs créateurs d’entreprise dans l’économie collaborative. 

1) Pourriez-vous vous présenter, ainsi que votre entreprise, en quelques mots ?

Je me présente Céline LAPORTE, 37 ans, après plusieurs années dans le commerce et pas mal de temps dans l’aéronautique, j’ai créé ma société de consommation collaborative : Tipkin.

C’est une plateforme communautaire de mise en relation entre particuliers pour la location (et le prêt) de tous les objets. Tipkin permet de partager nos affaires avec notre réseau (famille, amis, voisins) mais aussi avec des inconnus et ainsi d’agrandir notre communauté.

Economie collaborative et tipkin

2) Le prêt et l’emprunt d’objets s’inscrit dans une démarche de développement durable (proximité, économie collaborative…). Quelle est la réaction de vos contacts (prospects, presse, clients…) face à ce nouveau concept ?

Il y a un vrai engouement pour l’économie collaborative, et une fois qu’on a mis le pied dans ce milieu on découvre un univers époustouflant.Auparavant je n’avais jamais eu l’occasion de rencontrer autant d’entraide et d’intérêts sur des thématiques aussi diverses !

La location d’objets en est à ses débuts,et doit faire encore ses preuves. Même si en soi le concept n’a rien d’innovant (nos grands-parents se prêtaient déjà leurs affaires ), le numérique permet de mettre en contact des gens qui ne se seraient peut-être jamais croisés !

3) Quels sont les freins/les blocages que vous pouvez rencontrer ? (idées reçues sur la démarche “écolo”, sur le partage/la possession des objets….)

Il y a une certaine réticence car les gens font parfois l’amalgame avec la vente d’occasion qui a explosé ces dernières années. J’ai souvent entendu des personnes dire : “ah ça non je ne le loue pas encore, je viens de l’avoir…”

La possession est encore très forte, et la crainte de retrouver un objet détérioré est encore un obstacle, même si il y a des garanties. Le partage de nos affaires est presque une philosophie. Encore de nos jours nous possédons cet objet car il nous a aidé à réaliser quelque chose, et cet attachement, même si le matériel dort dans le garage, est ancré.

L’aspect économique est le plus fort moteur pour passer ce cap. Je me suis aussi rendue compte, que les gens sont plus facilement touchés par le fait d’emprunter que de mettre à disposition. Le déclic de louer plutôt que d’acheter est en train d’opérer.

C’est presque une histoire d’éducation et cela prendra certainement un peu de temps avant que cela devienne un réflexe : le retour vers une consommation plus raisonnée avec l’envie de partager avec notre entourage.

Econnomie collaborative : la location d’objets

4) Quels sont les moyens que vous utilisez pour vous faire connaitre (réseaux sociaux, organisation/participation à des événements…) ?

Tipkin est très présent sur les réseaux sociaux. Des rencontres avec des utilisateurs sont faites régulièrement. Bien sûr la participation à plusieurs évènements liés à l’économie collaborative sont essentiels et enfin un blog qui est régulièrement enrichi d’articles divers.

5) Quel premier bilan tirez-vous de votre création d’entreprise sur ce secteur d’activité ?

C’est un secteur très difficile, car en plus de se faire connaître il faut convaincre les gens que le choix de faire le partage de leurs objets est le bon. De plus Tipkin est un site généraliste il faut arriver à toucher tous les secteurs, cela prend du temps et donc la masse critique est longue à atteindre.

Mais c’est une aventure très enrichissante humainement, presque une autre culture, et on se découvre soi-même au fur et à mesure.

6 ) Quels conseils donneriez-vous à ceux qui envisagent de créer leur entreprise dans un domaine lié au développement durable / à l’écologie ?

Beaucoup d’assiduité, car même si ce sont des domaines qui intéressent, il faut casser beaucoup de codes dits classique, prouver que cette consommation nous avons tous à y gagner. Et le faire surtout sans forcer, les changements de mentalité s’opèrent, mais il faut être patient et surtout positif dans nos actions. Proposer ces nouvelles orientations. Le dire encore encore et bien sûr convaincre sans braquer les esprits.

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