Le handicap ne doit pas être un obstacle à la création d’entreprise !  Faute de structures d’accompagnement spécifiques, de nombreux porteurs de projet en situation de handicap n’osent pas lancer leur propre activité.

Il y a pourtant de nombreux exemples d’handipreneurs(es) qui réussissent  et qui sont des dirigeants(es) épanouis (es) !

Un exemple parmi tant d’autres : Rashel Réguigne, la créatrice d’une agence de communication web et imprimée, Studioxine (www.studioxine.com).  Cette jeune femme dynamique met son expertise au service des petites entreprises pour les aider à booster leur notoriété et leur image de marque.

Handicap et création d’entreprise : Rashel, handipreneure

Pourriez-vous vous présenter, ainsi que votre entreprise, en quelques mots ?

Je m’appelle Rashel Réguigne et je travaille dans le web depuis 1998 : spécialiste en communication numérique, j’accompagne des entreprises dans l’amélioration de leur visibilité sur le web.

Cela passe par la création de sites web, de newsletters, d’outils web 2.0 mais aussi de supports de communication imprimés et de formations.

Comment vous est venue l’envie de créer votre entreprise ?

Lorsqu’on m’a donné la gestion d’une agence de communication, cela m’a mise en confiance sur mes capacités d’entrepreurE.

De plus, j’ai travaillé avec des Grands Comptes et des personnes comme Pascal Viaud (Qualixel.com) qui forment des chefs d’entreprises. Tout cela m’a beaucoup apporté en méthodologie de travail ainsi que sur la partie gestion de projet.

Selon vous, est-il plus difficile de créer une entreprise pour une personne handicapée ? Quels sont les facteurs bloquants qui freinent les porteurs de projets ?

Pour moi, c’est un peu plus compliqué.En effet, les déplacements sont souvent des contraintes dues au manque de place de stationnement et il m’est pénible de marcher.

Mis à part ce point, je ne vois pas de différences.

Une handipreneure, créatrice d’une agence de communication

En ce qui vous concerne, avez-vous bénéficié d’un accompagnement ou d’une aide financière spécifique ?

J’ai suivi un accompagnement proposé par Pole-Emploi. Mais mon interlocuteur connaissait peu les spécificités des handicapés et j’ai appris trop tard qu’il existait des aides auxquelles j’aurais pu prétendre.

J’ai également suivi quelques ateliers pratiques à la CCI de Bordeaux qui m’ont aidés à mieux comprendre les aspects administratifs.

Quels sont les aides que vous auriez aimé trouver ? Qu’est-ce qui aujourd’hui pourrait contribuer à aider les travailleurs handicapés à lancer leur entreprise ?

De nature indépendante, je n’attends pas après des aides et ne compte que sur moi-même.

Je pense que les handis sont souvent oubliés. De plus, ils manquent de confiance en eux car ils ont peu d’images valorisantes. Heureusement, il y a des gens comme Philippe Croizon qui véhicule une image dynamique et positive. Ce sont des gens comme lui qui nous inspirent et nous donnent envie d’essayer et d’avancer malgré le handicap.

Malheureusement, je connais aussi des handis qui vivent avec très peu d’aides et qui n’ont pas le droit de se mettre à leur compte alors qu’ils pourraient parfois être autonomes. Je pense qu’il est essentiel aujourd’hui de créer un statut souple pour ces personnes qui souhaitent se lancer professionnellement mais qui sont bloqués au niveau administratif par leur handicap.

Vos clients/interlocuteurs savent-ils que vous êtes handipreneure ? Quelle est la perception du handicap ?

La majorité de mes clients ne sait pas que j’ai des problèmes de handicap. Je m’arrange toujours pour être assise et je cache ma canne sous la table. Les autres comprennent que je préfère le téléphone ou Skype aux déplacements physiques.

Ce n’est pas un sujet abordé dans mes relations professionnelles car dans le numérique, ce n’est pas particulièrement gênant.

Quels conseils pourriez-vous donner à tous ceux qui envisagent de devenir handipreneur(e) ?

On ne vit qu’une fois. Ce n’est pas parce qu’on est handi qu’on ne peut rien faire !

Il faut se lancer et expérimenter pour ne jamais rien avoir à regretter. Bien sur, on est parfois limité sur certains points, alors on compose et on essaye de transformer une faiblesse en atout (au fait, j’ai changé ma canne et la nouvelle est tellement jolie que les gens ne savent pas si j’en ai réellement besoin, ou si c’est pour me donner un genre).

J’ai aussi une “Liste de rêves” que j’essaie de mettre à jour régulièrement. On y trouve des choses simples et d’autres plus compliquées, mais l’important est de pouvoir rayer quelque chose de temps en temps. “Ça y est, ça je l’ai fait au moins une fois dans ma vie !”.

  • Se décolorer en blonde : FAIT
  • Aller au sommet du Kilimandjaro : repoussé …
  • Se mettre au piano : FAIT
  • Nager 1000m en une seule fois : en cours d’entrainement

Merci Rashel !

Et vous, que pensez-vous de son parcours ? Si vous connaissez des handipreneurs (es), n’hésitez pas à nous les faire connaître !

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