Quand on crée son entreprise, nous sommes souvent à la recherche de “bons plans” pour faire des économies et essayer de dégager un peu plus de trésorerie.

Sauf que certaines pratiques, mêmes légales, peuvent avoir de lourdes conséquences financières pour l’entreprise et pour son dirigeant.

Faire des économies : 3 pratiques à risques

1)  Zapper l’étape du business plan

Compliqué, chronophage, onéreux… Le business plan n’a pas toujours bonne réputation.

S’il n’est pas nécessaire de faire un business plan ultra détaillé (surtout si vous n’avez pas besoin de solliciter un financement), suivre les différentes étapes de la rédaction d’un business plan vous aidera à avoir le bon raisonnement concernant la connaissance du marché, les besoins de vos clients, les coûts pour réaliser votre projet, de sa viabilité, des différents statuts juridiques (une erreur dans le choix du statut peut s’avérer coûteuse, par exemple si vous choisissez la micro-entreprise alors que vous avez des charges importantes).

N’oubliez pas qu’il existe de nombreux dispositifs qui vous permettent d’obtenir un accompagnement (même gratuit). A ce sujet, vous pouvez par exemple consulter ce dossier : 20 réseaux à connaître pour créer votre entreprise. Vous avez également le droit à 3 rendez-vous gratuits avec un expert-comptable grâce à Business Story.

2) Ne pas prendre d’assurance

Il existe certains secteurs d’activité (comme le BTP par exemple) dans lesquels la souscription d’une assurance professionnelle est obligatoire. Elle peut aussi être imposée, via une clause dans le bail commercial, par le propriétaire de votre futur local.

Dans les autres cas, parce que facultative, certains entrepreneurs choisissent de s’en passer en espérant réaliser de précieuses économies.

Cette situation est risquée. Quelle que soit votre activité, vous pouvez causer un dommage durant l’exécution du contrat (erreur, retard, mission que vous devez annuler) ; abîmer des biens qui appartiennent aux clients, à vos collaborateurs ou à un local à proximité du vôtre (suite à un dégât des eaux ou à un incendie) ; ou encore vendre des produits qui s’avèrent défectueux ou qui créent un préjudice.Dans ce cas, votre responsabilité pourrait être engagée et les conséquences financières peuvent être très lourdes. Même si vous êtes dans votre bon droit, il vous faudra souvent avancer les frais d’un avocat ou d’un expert (alors que cela aurait pu être pris en charge par l’assurance de protection juridique). De plus, en fonction du statut juridique choisi et selon le dommage causé, votre patrimoine personnel peut être engagé.

3) Sous-capitaliser sa société

Pour créer certaines sociétés, la loi n’impose aucun capital minimum. Les créateurs d’entreprise en déduisent qu’ils peuvent tout à fait lancer leur EURL/SARL ou leur SAS avec un euro par exemple. Sauf qu’il y a une petite subtilité qui n’est pas toujours comprise.

En fait, concrètement, le capital social doit correspondre aux besoins réels de l’entreprise.

Il faut alors être réaliste : avec un euro seulement de capital, vous ne pouvez pas garantir le bon fonctionnement de votre société.

Cela va avoir 3 conséquences :

  1. Vous ne serez pas crédible auprès de vos différents partenaires, clients et fournisseurs. Pourquoi feraient-ils confiance à un dirigeant qui n’investit pas sans sa propre entreprise ?
  2. Vous ne pourrez pas solliciter de financement (prêt, dispositifs d’aides financière).
  3. En cas de défaillance, si une procédure collective est ouverte, votre responsabilité personnelle peut être engagée car vous avez commis une faute de gestion (sous-capitalisation). Dans ce cas, il vous faudra payer les dettes de la société (tout ou partie) via votre patrimoine personnel.

Et vous, qu’en pensez-vous ?

Crédit photo : Q Family
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