Entreprendre au féminin : les freins à l’entrepreneuriatCathy Carroff est la dirigeante de Conception Universelle, un site qui présente les produits, les services et les solutions d’aménagement qui intègrent toutes les différences entre les individus et qui sont donc accessibles et utilisables par tous, sans avoir besoin d’adaptation particulière.

“Qualité d’usage, qualité de service, développement durable sont les maîtres-mots !”

A l’occasion de la Journée Nationale des Femmes Entrepreneures, Cathy a accepté de répondre à la question suivante : “Selon vous, quels sont les principaux freins à la création d’entreprises pour les femmes ?”

Entreprendre au féminin : les freins à la création d’entreprise

 La confiance en soi

En premier, je dirais que la confiance en soi est la clé de voute. Manquer de confiance en soi ou avoir un entourage qui doute de vous en permanence n’incite pas à se lancer.

Il ne faut d’ailleurs pas hésiter à se former pour s’épanouir sans dépendre du regard des autres et acquérir cette confiance qui nous permet de faire face à tous types d’interlocuteurs.

Enfants et maternité

En second, le regard des autres sur la maternité et les enfants.

Ces étapes de la vie sont accaparantes et pour beaucoup elles signifient une incompatibilité avec la mise en place d’un projet de création d’entreprise.

Un exemple vécu

Lorsque je suis allée présenter mon projet à un organisme d’accompagnement pour la création d’entreprises, la personne qui m’a reçu, dès qu’elle a su que j’avais des enfants en bas âge, en a conclu que, peu importe mon projet, il était préférable pour moi :

  • de rester à la maison,
  • de rester salariée
  •  et de m’occuper de mes enfants.

Créer une entreprise ne veut pas dire renier ses enfants. Cela ne veut pas dire non plus qu’on fait le choix de les délaisser. Pour mon cas, l’idée de la création de mon entreprise découle de ces maternités.

Les trentenaires avec enfants sont perçus comme une source de problème potentiel. Retards, absences, manque d’implication dans le travail, et j’en passe. Encore aujourd’hui on se retrouve sur le bord de la route à cause de cela.

Pourtant il n’en est rien. Excepté, si l’on vit seul, comme un ermite. Sans aucune interaction avec notre entourage privé ou professionnel nous cumulons tous des casquettes qui par moment se superposent et nous demandent de gérer plusieurs situations en même temps. Et cela indépendamment de notre genre et de notre âge.

Une équipe solide

Le troisième frein, je dirais que c’est une question de moyen, de moyen humain. S’entourer des personnes nécessaires, d’une bonne équipe pour justement gérer le quotidien :

  • Au niveau privé, avoir le soutien de son compagnon. Dans les faits, que ce compagnon se rend tout aussi disponible pour gérer les enfants, le quotidien.
  • Une assistante maternelle qui comprend que vous n’êtes plus salariée.
  • Vous avez besoin de souplesse le temps de trouver vos marques et de quelqu’un de confiance pour vous aider à gérer les rendez-vous imprévus. Ceux qui vous accompagnent dans votre projet de création et qui comprennent que les enfants font partie de l’équation, mais ne sont pas un frein en soi.


Ces freins ont été les éléments déclencheurs de ma démarche de création d’entreprise :
confiance en soi, maternité, une équipe digne de confiance. J’ai en priorité travaillé à me libérer de ces freins.

Ma démarche de créer un site d’information en ligne est justement intervenue à l’occasion de la maternité. J’ai vraiment ressenti que je n’évoluerais plus pendant plusieurs années en tant que salariée du fait d’avoir de jeunes enfants. Peu importe mon investissement et mon implication. Forte de propositions, avec un goût prononcé pour les TIC, plusieurs fois j’ai proposé de compenser le fait d’avoir des enfants qui à certain moment avaient besoins de moi en proposant de travailler depuis chez moi pour ne pas retarder mes collègues et continuer à avancer sur les dossiers.

Soyons réaliste, avec les outils disponibles à moindre coût, aujourd’hui, les femmes et les hommes peuvent travailler à distance quand il y a des impondérables sans pour autant qu’une entreprise en pâtisse. Le 9 h — 18 h, du lundi au vendredi, les bouchons, les interruptions incessantes entre les emails, les appels téléphoniques, les collègues, les réunionites aiguës, etc. Tous ces éléments, quand ils sont pris en compte, ne sont pas obligatoirement d’une efficience transcendante pour une entreprise.

Je ne voulais pas être pénalisée par le fait d’avoir des enfants. Je ne veux pas non plus mettre ma carrière de côté pendant des années. Je veux continuer à évoluer, je suis passionnée par ce que je fais. Je veux que mes enfants soient fières de leur mère, alors j’ai décidé de me lancer.

Crédit photo : merci à Dyana Valentine

Mettre en favoris et partagerEntreprise»Abonnement