Si 48 % des jeunes diplômés rêvent de créer leur entreprise, seuls 1 % d’entre eux osent finalement tenter l’aventure de l’entrepreneuriat (source). La jeunesse serait-elle un handicap plutôt qu’un atout ? Ni l’un ni l’autre !

En revanche, avant de se lancer, il est essentiel d’être bien préparé et de saisir toutes les opportunités sont offertes aux jeunes créateurs d’entreprise.

Jeune créateur d’entreprise

Les freins à la création chez les jeunes : attention aux idées reçues

Les chiffres publiés par l’INSEE sont éloquents : au troisième trimestre 2012, près d’un quart des jeunes de 15 à 24 ans (24,2 %) sont au chômage.  Dans ce contexte, l’idée de créer sa propre entreprise peut sembler un peu saugrenue, voire inquiétante. Sans compter que l’entourage familial n’est pas toujours très compréhensif : selon une enquête menée par Didaxis en août 2012, 88 % des jeunes disent être dissuadés de créer une entreprise par leur famille.

Mais si ces appréhensions sont légitimes, il y a aussi beaucoup d’idées reçues qui entourent la création d’entreprise chez les jeunes :

  • “il faut avoir tout un tas de diplômes pour créer son entreprise” ==> FAUX : Selon France Active, les créateurs de moins de 26 ans seraient en moyenne 74 % à avoir un diplôme inférieur ou égal au baccalauréat.
  • “il faut forcément payer pour créer une entreprise et la fiscalité en France est dissuasive” ==> VRAI ET FAUX : si la France n’a pas forcément une réelle culture entrepreneuriale, le statut d’auto-entrepreneur bénéficie d’une fiscalité avantageuse et d’un formalisme ultra-simplifié. Autre intérêt : les cotisations sociales et l’impôt sur le revenu sont à payer en fonction de la déclaration de chiffre d’affaires effectuée.
  • “comme je suis jeune, je n’ai droit à aucune aide financière” ==> FAUX : il existe un large panel de dispositifs spécifiques pour les jeunes. Il faut aussi savoir que, selon France Active, les crédits bancaires sont autant accordés aux jeunes qu’aux autres entrepreneurs (23 % en moyenne de crédits octroyés).

D’ailleurs, les jeunes créateurs n’ont pas à rougir des résultats de leurs entreprises : 59 % d’entre elles dépassent les 3 années d’existence.

En résumé, pour réussir, les jeunes doivent raisonner comme les autres entrepreneurs : il faut monter un projet solide (en proposant une offre construite, en étudiant son marché et ses futurs clients, en calculant son besoin en fonds de roulement…), oser demander de l’aide et se faire accompagner …et se lancer !

Jeunes entrepreneurs

Les solutions pour financer et accompagner le jeune créateur

Monter son projet

Pour vous accompagner dans l’élaboration de votre projet, il existe plusieurs réseaux qui s’adressent aux jeunes :

N’hésitez pas non plus à aller vous renseigner auprès des CCI (chambres de commerce et d’industrie),des CMA (Chambres des métiers), du Pôle Emploi ou de l’APEC mais aussi de votre Conseil Régional (en fonction des régions, il y a différents dispositifs spécifiques comme dans le Nord-Pas-de-Calais, le Poitou-Charentes…)

Bon à savoir : il existe des associations de cadres à la retraite et d’anciens chefs d’entreprise qui coachent et accompagnent les créateurs bénévolement (Pivod, Ecti, AGIRabcd,…).

Enfin, si vous voulez acquérir une expérience “sur le terrain”, il y a aussi le programme Erasmus pour les jeunes entrepreneurs.

 Financer son projet

Dans la mesure du possible, le premier conseil est d’appliquer les astuces indiquées dans ce dossier : “2 astuces pour financer son entreprise quand on n’a pas d’argent”.

Mais si vous avez malgré tout besoin d’un coup de pouce, il existe des aides qui peuvent vous être accordées :

  •  le dispositif Nacre (jeunes et créateurs sans emploi) : prêt à taux zéro et sans garanti (de 1000 à 10 000 €) si vous obtenez un prêt bancaire, et aide au montage de votre projet d’entreprise
  • Créa Jeunes accompagnement et financement  pour les jeunes de 18 à 32 ans: formation, immersion en entreprise, suivi de 18 mois après la création de l’entreprise, financement de certaines dépenses liées à la préparation ou au démarrage du projet
  • Cap Jeunes pour les jeunes de moins de 26 ans et en situation de précarité : prime de 2000 € pour lancer l’activité, accompagnement, mais ne convient que pour les besoins en financement ne dépassant pas 50 000 €
  • Contrat d’autonome accompagnement et financement pour les jeunes de 16 à 25 ans à faible niveau de qualification résidant dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville (35 départements sont concernés) : formation, coaching, bourse mensuelle de 300 euros
  • Le programme Envie d’Agir pour les jeunes jusqu’à 30 ans
  • Les prêts d’honneur pour les jeunes créateurs : vous pouvez obtenir jusqu’à 5000 € si votre besoin en financement est inférieur à 10 000 €
  • Le projet Initiative-jeune pour ceux qui s’implantent en Outre Mer
  • Les étudiants peuvent demander à bénéficier, sous conditions, du statut de la Jeune Entreprise Universitaire
  • Les concours : le prix MoovJee, les Talents des Cités, Graine de Boss, les bourses déclics jeune de la Fondation de France…

En prime, vous avez peut-être droit à l’Accre, une aide qui vous permet d’être exonéré du paiement de charges sociales pendant une période allant de un à trois ans dans la limite de 120 % du Smic.

Bon à savoir : si votre famille ou vos amis vous font des dons pour vous aider à vous lancer, ou s’ils souscrivent au capital de votre société nouvellement créée, ils peuvent bénéficier de certains avantages (abattements fiscaux, exonération des droits de mutation, réduction d’impôts : source)

Miser sur ses atouts pour convaincre

Ce n’est pas parce que vous êtes jeune créateur que vous partez avec un handicap. Au contraire ! Vous avez plus de temps pour monter votre projet, moins de charges familiales, de l’enthousiasme à revendre et une grande capacité d’adaptation.

Comme n’importe quel entrepreneur, vous devez donc miser sur vos atouts pour convaincre vos futurs clients !

Dans un échange sur le forum avec Mélik Naklha (voir son interview ci-dessous) et les autres membres, Claire Pluviaud (dirigeante de Aiuto, une société de services à domicile) a très bien résumé l’état d’esprit à adopter quand on est jeune entrepreneur :

J’ai des clients qui me font confiance et signent avec moi justement parce que je suis une entreprise nouvelle (6 mois d’existence). Ils veulent aider des nouveaux entrepreneurs et m’ont choisi face a des enseignes nationales comme homeservice.
Après, certes quelques-uns ont préféré la sécurité d’une grosse structure ou implantée depuis plus longtemps mais on ne peut pas avoir 100% des clients dans tout les cas.
A nous de transformer nos contraintes en avantages.

 Témoignage : Être un jeune créateur d’entreprise, un faux problème !

Pourriez-vous vous présenter, ainsi que votre entreprise, en quelques mots ?

Je suis Mélik Nakhla, 20ans, dirigeant de la société Melik.fr. Je suis issu d’un petit village de 900 habitants dans sud-ouest de la France. A l’age de 19 ans j’ai souhaité me lancer dans entrepreneuriat, chose que je ne regrette absolument pas aujourd’hui.
Melik.fr est une société de création de sites internet pour les TPE et les PME. Je compte passer du statut d’auto-entrepreneur au statut de SARL dès le mois de Juillet.

Créer une entreprise quand on est jeune est un défi de taille ! Quelles sont les principales difficultés auxquelles vous avez été confronté lorsque vous vous êtes lancé ?

Honnêtement, je n’ai eu aucun problème particulier. Question administratif, le statut d’auto-entrepreneur est vraiment très simple ! Pas besoin d’avoir un comptable attitré, un simple logiciel fait amplement l’affaire. J’ai eu beaucoup de soutien de la part de ma famille, ce qui m’a vraiment aidé à garder une très grosse dose de motivation.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes qui envisagent aussi de créer leur entreprise ?

Lancez-vous ! N’ayez pas peur et foncez ! C’est une aventure formidable que je ne regrette absolument pas. Ne rêvez-vous donc pas d’être votre propre patron ?

Redoutez-vous que certaines modifications soient apportées au statut d’auto-entrepreneur suite à l’audit actuellement en cours ?

Le statut d’auto-entrepreneur fait beaucoup parler de lui en ce moment. “Concurrence déloyale”, “régime fiscal plus adapté pour les auto-entrepreneurs”, nous entendons beaucoup de critiques sur ce statut, mais il ne faut pas oublier qu’il y a plus d’un million d’auto-entrepreneurs en France ! Ce que je redoute le plus c’est de voir la disparition de ce statut..

Sur le reportage qui vous a été consacré par France 3 (dont nous avons pu discuter sur le forum), vous paraissez avoir une motivation à toute épreuve. Comment faites-vous ?

J’ai eu droit à beaucoup de soutien de la part de ma famille et de mes amis, ce qui est très important dans cette aventure !

Crédits photos : merci à Tampa Band Photos, à elycefeliz

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