Quand l’auto-entreprise a été créée en 2009, la communication pour promouvoir ce nouveau régime juridique avait mis l’accent sur le “pas de chiffre d’affaires = pas de charges à payer”. Certains porteurs de projet en ont déduit que ce statut ne coûtait rien du tout.

En réalité, il y avait déjà des dépenses à prévoir pour mettre l’activité sur de bons rails. Depuis, les réformes successives ont aussi ajouté des dépenses obligatoires comme la réalisation du stage de préparation à l’installation (SPI) pour les micro-entrepreneurs artisans (même s’il existe des motifs de dispense).

Pour vous aider à y voir plus clair, voici un récapitulatif des dépenses à anticiper avant de vous lancer :

Quel est le coût d’une micro-entreprise ? Quelles sont les frais à ne pas oublier ?

Bon à savoir : si vous vous apercevez que vous allez avoir des frais récurrents assez importants (location d’un local, achat de marchandises….), la micro-entreprise n’est pas le statut le plus adapté car vous ne pourrez rien déduire.

Avant la création de votre micro-entreprise

En fonction de votre projet, vous pouvez avoir besoin :

  • de faire appel à un expert (avocat pour la rédaction de vos conditions générales de vente ou d’un contrat-type, expert-comptable, juriste, prestataire pour votre étude de marché…). En ce qui concerne le recours à un expert-comptable, le dispositif Business Story peut vous être utile (3 rendez-vous gratuits et sans engagement)
  • de préparer différents supports de communication pour vous faire connaître dès votre lancement  : création d’un site web/ d’un e-commerce,  flyers, cartes de visite, etc. Si vous faites un business plan (même s’il est succinct), n’oubliez pas de comptabiliser ces dépenses de communication car elles peuvent être assez conséquentes, surtout si vous visez un secteur très concurrencé.

Lors de la création de votre micro-entreprise

  • l’immatriculation obligatoire auprès de la CCI (activité commerciale) ou de la CMA (activité artisanale) est gratuite. Mais si vous demandez à vous faire aider pour effectuer cette formalité, le service d’assistance est généralement facturé entre 60 et 90 €. Soyez vigilants car certaines CCI/CMA réclament ces frais d’office…
  • pour les micro-entrepreneurs artisans : le stage de préparation à l’installation (SPI) coûte 250 € environ (son coût varie d’une CMA à l’autre) et il est obligatoire. Renseignez-vous toutefois pour savoir si vous pouvez bénéficier d’une dispense. (voir ici et ici)
  • l’ouverture d’un compte bancaire dédié à votre activité professionnelle (il peut s’agir d’un compte personnel). Le coût varie en fonction des établissements.
  • l’assurance professionnelle : en fonction de votre activité, l’assurance professionnelle peut être obligatoire (exemple : métiers du bâtiment). Mais même lorsqu’elle n’est pas imposée par la loi, elle est vivement recommandée car, avec la micro-entreprise, il n’y a pas de séparation patrimoine pro/patrimoine personnel. Le coût varie en fonction de votre activité.

Suite au lancement de votre micro-entreprise et durant toute son existence

Vous allez avoir différents types de frais à prévoir :

- le coût du fonctionnement “normal” de votre activité 

Frais de déplacement, de matériel, de publicité, de logistique, d’électricité ou d’eau, de local (loyer, dépôt de garantie, assurance…), abonnements… Listez toutes les charges que vous pouvez avoir pour faire fonctionner votre business et faire connaître votre entreprise. En effet, il ne faut pas oublier qu’une micro-entreprise est une entreprise comme les autres !

- les cotisations sociales et les charges obligatoires (à régler tous les mois ou tous les trimestres)

Elles ne sont dues que si vous réalisez du chiffre d’affaires et elles sont proportionnelles à votre CA. Toutefois, vous pouvez demander à payer des cotisations sociales minimales pour vous assurer une meilleure protection sociale.

  • vente de marchandises sans transformation, restauration et hébergement : 13,1% de cotisations sociales + 0,1% de contribution à la formation professionnelle + 0,015% de taxe pour frais de chambre consulaire + 1% si option pour le versement libératoire de l’impôt sur le revenu (IR) = 13,215% sans IR et 14,215% avec IR
  • activité de transformation de matières premières destinées à la vente : 13,1% de cotisations sociales + 0,3% de contribution à la formation professionnelle + 0,22% de taxe pour frais de chambre consulaire + 1% si option pour le versement libératoire de l’impôt sur le revenu = 13,62% sans IR et 14,62% avec IR
  • prestations de service commerciales : 22,7% de cotisations sociales + 0,2% de contribution à la formation professionnelle + 0,044% de taxe pour frais de chambre consulaire + 1,7% si option pour le versement libératoire de l’impôt sur le revenu = 22,944% sans IR et 23,944% avec IR
  • prestations de services artisanales : 22,7% de cotisations sociales + 0,3% de contribution à la formation professionnelle + 0,48% de taxe pour frais de chambre consulaire + 1,7% si option pour le versement libératoire de l’impôt sur le revenu = 23,48% sans IR et 24,48% avec IR
  • activité libérale relevant du RSI au titre de la retraite : 22,7% de cotisations sociales + 0,2% de contribution à la formation professionnelle + 2,2% si option pour le versement libératoire de l’impôt sur le revenu = 22,9% sans IR et 25,1% avec IR
  • activité libérale relevant de la CIPAV au titre de la retraite : 22,5% de cotisations sociales + 0,2% de contribution à la formation professionnelle + 2,2% si option pour le versement libératoire de l’impôt sur le revenu = 22,7% sans IR et 24,9% avec IR

- la cotisation foncière des entreprises

Elle est due l’année suivant la création de votre entreprise lorsque vous réalisez du chiffre d’affaires. Son montant varie d’une commune à l’autre mais une cotisation minimale est toujours exigée.

Et vous, qu’en pensez-vous ? Aviez-vous déjà une idée des différents frais à prévoir avant de créer votre micro-entreprise ?

Crédit photo : Elisabeth Skene 

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